Mary-Ambre Moluh, la nouvelle pépite de la natation française
Centre aquatique de Paris, 11 août 2026. Les médaillés d'or français Mary-Ambre Moluh (à droite), Maxime Grousset, Marie Wattel et Carl Aitkaci posent après leur victoire dans le relais mixte 4 x 100 m quatre nages.
© Gonzalo Fuentes / REUTERS
PORTRAIT - À 20 ans, Mary-Ambre Moluh s’affirme comme la révélation française de cet Euro à la maison.
Mardi, elle avait ouvert la finale du relais mixte 4x100 quatre nages, quasi seule face à une horde de mâles beaucoup plus rapides et véloces. « Même pas peur. » Brindille parmi les mastards, elle avait fait une course, à son rythme, à trois ou quatre longueurs de la meute, sans se soucier de la concurrence masculine. Et là, sensation. En 57''99, dans cette course contre-elle-même, Moluh a mis une claque à sa propre référence. Mais elle a surtout raflé le record d’Europe que la Britannique Kathleen Dawson détenait depuis 2021 (58''08), s’immisçant à la 4e place des meilleures performeuses mondiales de l’année. Son relais a contribué à la belle médaille d’or française.
Mercredi soir, en finale du 50 m dos, la « chips », comme la surnomme sa comparse en équipe de France, Béryl Gastaldello, a confirmé sa forme et son potentiel éclos sur le tard (elle est dans le groupe France depuis 2022). Malgré la forte concurrence de l’Italienne Sara Curtis, championne du monde et recordwoman du monde de la spécialité, ou de la Russe, sous bannière neutre, Alina Gaifutdinova, elle a battu son record personnel pour décrocher une magnifique médaille d’argent derrière Curtis.
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À 20 ans, Mary-Ambre Moluh s’affirme comme la révélation française de cet Euro à la maison, et comme la nouvelle porte-étendard d’une natation féminine en berne depuis les JO de Londres. Si l’on excepte l’éclaircie Kirpichnikova, argentée sur le 1 500 m nage libre aux JO de Paris.
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Rendez-vous samedi pour la finale du 100 mètres dos
Née à Champigny-sur-Marne, d’un père camerounais et d’une mère d’origine grecque (elle parle français, anglais et grec), Mary-Ambre Moluh a commencé la natation à 6 ans, initialement par peur de l’eau avant des vacances en Grèce. Formée à l’US Créteil Natation, puis à l’INSEP, la brillante étudiante de Berkeley, en Californie, où elle est exilée depuis deux saisons, a pris ses marques aux États-Unis après une année de transition. Elle a changé de groupe d’entraînement pour augmenter les doses (de 4-5 km à 5-6 km par session), elle a travaillé en muscu pour s’étoffer. Elle a soigné sa nutrition et a trouvé une « routine » et son équilibre entre études et sport dans une ambiance d’équipe qu’elle adore.
« L’année dernière, j’étais à l’internat au campus. Je mangeais la nourriture qu’on nous préparait, qui n’était pas forcément équilibrée. Par exemple, les pâtes pleines d’huile ou des trucs comme ça. Cette année, j’ai mon propre appart et je cuisine. J’ai mis un point d’honneur à manger bien équilibré, protéiné. Derrière, je m’investis beaucoup plus en muscu. » Quand on lui fait remarquer qu’on la trouve plus étoffée, elle s’exclame en riant : « Merci ! Notez-le bien. »
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Rendez-vous samedi pour la finale du 100 mètres dos où, forte de son record d’Europe, elle visera la médaille d’or. Son premier grand titre individuel.
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