Marseille double la taxe sur les logements vacants et espère percevoir 20 millions d'euros

Pour lutter contre les logements vacants, Marseille double la taxe qui concerne les propriétaires privés de biens vides, estimés à plus de 14 000 dans la ville. Elle espère percevoir 20 millions d’euros.

À Marseille, on estime à 44 000 le nombre de logements vacants, soit un sur 10. Un chiffre qui fait grincer face à la crise du logement et aux Marseillais qui peinent à trouver un toit. De nombreux militants et associations prônent d’ailleurs une réquisition des locaux vides.

La municipalité répond pour l’instant avec une mesure visant plus précisément à remettre sur le marché des logements vacants depuis plus de deux ans dans le parc privé. « On les estime entre 14 000 et 16 000 à Marseille », selon Audrey Garino (PCF), adjointe au maire en charge de cette question.

Pour inciter à « les remettre sur le marché locatif », l’élue a fait voter par le conseil municipal, ce vendredi 16 octobre, le doublement de la taxe sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH), permis par la dernière loi de finances.

À partir du 1er janvier 2027, à Marseille, les propriétaires de logements vacants devront donc s’acquitter d’une taxe équivalent à « 30% de la valeur locative annuelle la première année, et 60% la deuxième ».

🔴 La Ville de Marseille double la taxe pour les propriétaires privés qui ont des biens vacants. @AudreyGarino nous détaille la mesure.

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— Made in Marseille (@MadeMarseille) October 16, 2026

Des exceptions et des mesures d’accompagnement pour les propriétaires

Audrey Garino veut toutefois préciser que « tous les propriétaires de logements vacants ne sont pas concernés. Il y a des exceptions. Quand l’absence de location n’est pas de leur fait. Quand il y a des travaux conséquents par exemple, qui dépassent 25% du prix du logement ».

Selon elle, le phénomène de vacance est « multifactoriel. Il y a bien sûr des multipropriétaires qui font de la spéculation immobilière. Mais aussi à Marseille la mise hors marché de logements indignes, qui me semble le premier critère de la vacance ».

L’élue insiste d’ailleurs sur les mesures de « prévention en amont » que porte la Ville auprès des propriétaires. « Des diagnostics structurels, l’accompagnement au montage des dossiers et des travaux. Ou le financement de l’intermédiation locative pour aider les propriétaires frileux de louer ».

20 millions d’euros à la clé

Cette nouvelle taxe représente le double de celle qui était en vigueur jusqu’à présent. Autre différence, la taxe ne reviendra plus à l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui s’occupe de traiter la dégradation de l’habitat privé, mais à la Ville de Marseille.

« On estime que l’intégralité de la taxe peut rapporter aux alentours de 20 millions par an. Le doublement représente entre 6 et 9 millions », chiffre Audrey Garino. Elle n’est pas en mesure d’affirmer que cette enveloppe bénéficiera directement aux questions d’habitat, puisqu’elle reviendra aux caisses générales de la municipalité.

Mais « la Ville finance le plan général tous azimuts que je porte contre la crise du logement. De l’habitat indigne aux 56 000 demandes de logement social en attente, à la lutte contre les meublés de tourisme (type Airbnb) ou l’encadrement des loyers qu’on demande toujours au gouvernement ».