Manifestation lycéenne à Lyon : syndicalistes frappés et banderole confisquée, la préfecture se justifie

11 000 manifestants lors du mouvement lycéen du 13 octobre à Lyon

Lors de la manifestation lycéenne de mardi à Lyon, des membres du SNES-FSU affirment avoir été frappés par des CRS. Une banderole syndicale a également été confisquée, selon le syndicat, une version contestée par la préfecture du Rhône.

Une banderole de syndicats d'enseignants et de parents d'élèves a été confisquée par des CRS mardi lors de la manifestation lycéenne à Lyon, où des membres du service d'ordre du SNES-FSU ont reçu des coups de matraque.

Alors que 11.000 personnes défilaient pour réclamer plus de moyens pour l'éducation, des groupes de casseurs s'en sont pris à des banques et à une station-service aux abords du cortège, selon la préfecture, qui a alors demandé la dispersion des manifestants.

Des responsables syndicaux qui marchaient derrière une grande banderole blanche barrée de la mention "Pour améliorer l'école, vous n'avez pas notre confiance", ont alors été pris à partie par des CRS, qui ont attrapé leur bannière, a constaté un photographe de l'AFP. "On ne l'a jamais récupérée", déplore à l'AFP Thomas Gathier, secrétaire départemental du SNES-FSU, qui dit avoir reçu un coup de matraque à l'occasion.

"Je suis choqué, mais physiquement ça va bien", poursuit-il en expliquant que deux membres du service d'ordre de son syndicat, faciles à identifier avec leurs chasubles blanches, avaient été frappés plus sérieusement. "Ils sont allés à l'hôpital pour faire constater la gravité de leurs blessures", et se réservent la possibilité de porter plainte, selon le responsable syndical.

La préfecture évoque un black bloc

Pour lui, les CRS "avaient les nerfs à vif à cause des violences en amont" et n'ont pas bien réagi quand les syndicalistes n'ont pas immédiatement obtempéré à l'ordre de dispersion. "Il y avait des policiers devant et derrière nous, on ne pouvait pas partir", justifie Thomas Gathier. Le syndicaliste regrette que les CRS n'aient pas "eu le discernement pour faire la différence entre un cortège syndical derrière une bannière et des jeunes qui lancent des parpaings".

"Un black bloc, composé au plus fort de 300 personnes, a commis de nombreuses dégradations en marge de la manifestation", rappelle pour sa part la préfecture du Rhône. Selon elle, "au cours d'une manœuvre visant à interpeller certains individus appartenant au black bloc, une banderole syndicale derrière laquelle s’étaient repliés des casseurs a été écartée pour permettre l'intervention des forces de sécurité." Cette banderole aurait été simplement retirée et laissée sur place.

Avant de conclure : "La multiplication des violences contre les forces de l’ordre, les dégradations et surtout l’attaque de la station essence ont rendu nécessaire la prise de décision conduisant à la fin de la manifestation au regard de l’ampleur du danger pour la population."