Malgré un mois de juillet « horribilis », la cote de popularité de Macron reprend de (petites) couleurs
SONDAGE EXCLUSIF
Selon le baromètre réalisé par YouGov pour Le HuffPost, 20 % des Français ont une opinion positive de l’action du chef de l’État. Un chiffre en hausse de deux points.

KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Malgré un mois de juillet « horribilis », la cote de popularité de Macron reprend de (petites) couleurs
EN BREF
• La vague d’août du baromètre YouGov pour Le HuffPost acte une petite hausse de la popularité d’Emmanuel Macron.
• Les critiques sur la gestion des incendies et du climat persistent, mais 28 % des Français approuvent l’action du gouvernement sur ce front.
• Le Premier ministre Sébastien Lecornu voit sa popularité baisser, atteignant presque son plus bas niveau depuis son arrivée à Matignon.
L’IA au HuffPost.
Surfer sur les braises. Malgré le début d’été dantesque, et l’enchaînement d’actualités difficiles pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, la cote de popularité d’Emmanuel Macron résiste bien. Mieux, elle reprend quelques menues couleurs avant la campagne présidentielle, et à huit mois de la fin de son mandat.
C’est en tout cas l’un des principaux enseignements de l’étude menée par YouGov ces derniers jours, et que Le HuffPost publie ce vendredi 7 août. Selon ce baromètre mensuel, 20 % des Français ont désormais une opinion positive de l’action du chef de l’État, contre 18 % le mois dernier. En effet miroir, la part des personnes mécontentes de lui baisse de deux points, pour s’établir à 76 %.
Certes, Emmanuel Macron reste particulièrement impopulaire à l’échelle de sa présidence, comme vous pouvez le voir dans notre graphique ci-dessous. Certes, cette petite bouffée d’air correspond peu ou prou à celle que son prédécesseur François Hollande avait connue au moment où il décidait, en 2016, de ne pas se représenter. Il n’empêche, ce regain minimal peut-être apprécié du côté de l’Élysée, ou du fort de Brégançon, où le président profite de quelques jours de repos.
Pour cause, ce mois de juillet 2026 a donné le coup d’envoi anticipé de la saison des bilans politiques. À chaque occasion, désormais, les adversaires du président de la République pointent du doigt son action ces dernières années et font l’inventaire, peu glorieux à leurs yeux, du macronisme. Et des occasions, il y en a beaucoup.
La saison du bilan a commencé
Ainsi, les canicules à répétition puis les feux dévastateurs ont permis à la gauche ou à l’extrême droite de pilonner l’exécutif. Tour à tour, Emmanuel Macron et ses ministres (actuels ou anciens) ont été accusés d’avoir sous-estimé le réchauffement climatique, quitte à couper dans les budgets dédiés à l’adaptation, puis de ne pas avoir préparé le pays aux vagues d’incendies monstres qui menacent désormais de rythmer nos étés.
Preuve que ce discours trouve un certain écho dans la population, sur le manque de Canadairs notamment, 81 % des Français estiment que la France n’est pas suffisamment armée, en moyens humains et matériels, pour faire face à cette nouvelle donne. Un diagnostic qui rejoint celui des pompiers, lesquels parlent de « délitement » de la Sécurité civile.
Au rayon des actualités difficiles, on pourrait également parler de l’inflation et des prix du carburant qui ont continué de s’envoler au mois de juillet, comprimant ce faisant le porte-monnaie des ménages. Ou encore des soubresauts de l’affaire Lyhanna, ou du vote de la loi agricole, avec la réintroduction très contestée de plusieurs pesticides interdits, qui a débouché sur la vraie-fausse démission de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut. Qu’importent ces débats ardus, le président de la République résiste.
Lecornu chute encore
Le signe d’une forme d’union retrouvée quand les temps se gâtent ? C’est ce que l’on pourrait comprendre d’un autre chiffre mesuré par YouGov ce début août. Selon le sondeur, 28 % des Français sont satisfaits de l’action du gouvernement sur le front des incendies. Un taux d’approbation faible, à n’en pas douter, mais plus haut malgré tout que celui mesuré pour l’action globale du président de la République. Dans cette bienveillance (toute relative), c’est Sébastien Lecornu en réalité qui encaisse encore les flèches.
Le Premier ministre, dont on dit dans la presse qu’il caresse des espoirs pour 2027, voit sa cote de popularité flancher. Avec 23 % d’opinions positives (contre 24 % en juillet et 26 % en juin) le chef du gouvernement flirte avec son plus bas niveau depuis qu’il a été nommé à Matignon. Il suit ainsi une tendance opposée à celle du chef de l’État qui, lui, semble profiter de sa mise en retrait dans le débat national. Le signe, semble-t-il, d’une défiance toujours tenace à l’égard des macronistes aux manettes.
L’enquête a été réalisée sur 1019 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 3 au 5 août 2026.