Malaise à la "Maison Blanche" à Esneux : les travailleurs dénoncent des pressions inacceptables

"Quand les équipes sont fragilisées, ce sont aussi les enfants qui en paient le prix"... c'est en ces termes que le syndicat chrétien (CNE) dénonce aujourd'hui un grave malaise au sein de la Maison Blanche, à Esneux, soit l'une des 17 maisons du réseau "Maison Heureuse", occupant plus de 350 travailleurs dans le secteur de l'aide à la jeunesse.

Pression, peur de s'exprimer, remise en cause de l'expertise professionnelle et division des équipes sont autant de faits dénoncés. Pour se faire entendre, une action symbolique sera organisée par les travailleurs (notamment) ce mardi 1er septembre en matinée.

"Concentration du pouvoir"

Pour le syndicat chrétien qui a décidé de sortir du bois, le malaise dénoncé au sein du réseau Maison Heureuse n'est donc "pas nouveau" : "à la Maison Blanche comme ailleurs dans le réseau, les témoignages recueillis par la CNE se multiplient depuis plusieurs années".

"Pressions, tentatives de discrédit professionnel, absence d'écoute du terrain, remise en cause de l'expertise des équipes… Les témoignages que je reçois ne concernent pas un seul service et font état d'un climat qui se dégrade sans cesse", explique Aurélie Ciuti, permanente CNE. "Certains travailleurs expliquent devoir peser chacun de leurs mots, craindre les conséquences lorsqu'ils expriment un désaccord, voir leur travail systématiquement remis en question ou encore être isolés lorsqu'ils osent dénoncer des dysfonctionnements".

L'organisation syndicale dit avoir interpellé les membres du Conseil d'administration à plusieurs reprises, sans toutefois avoir eu de retour, ce qui traduit "une concentration excessive du pouvoir", dénonce la CNE. Pour la permanente, cette situation est d'autant plus préoccupante qu'elle touche directement à la qualité de l'accompagnement des enfants.

"Dans l'Aide à la Jeunesse, la stabilité des équipes n'est pas un luxe : c'est une nécessité. Les enfants accueillis ont souvent vécu l'abandon, les ruptures et les traumatismes. Ils ont besoin d'adultes stables et de relations de confiance qui se construisent dans la durée. Quand on fragilise les équipes, quand on pousse des travailleurs à bout ou vers la sortie, ce sont aussi les enfants qui en paient le prix", poursuit Aurélie Ciuti.

Pour toutes ces raisons, ce 1er septembre, l'arrivée de deux directeurs constituera le point de départ d'une mobilisation à la Maison Blanche. Deux arrivées qui entraînent la fin de deux contrats au sein de l'quipe éducative actuelle... "À 10h, les travailleurs organiseront une chaîne symbolique de protection des enfants. Des adultes ayant grandi à la Maison Blanche et souhaitant aujourd'hui défendre les équipes qui les ont accompagnés prendront également la parole", conclut Aurélie Ciuti.