Lyon, Rennes, Marseille, Belfort, Poitiers... Le point sur la journée de mobilisation du 17 octobre, à Paris et en régions

Plusieurs centaines de rassemblements et de manifestations sont organisés samedi dans le pays, soutenus par différents syndicats et partis politiques à gauche.

Radio France

Publié le 17/10/2026 10:54

Mis à jour le 17/10/2026 15:21

Temps de lecture : 5min

Des manifestants dans les rues de Bordeaux (Gironde) le 17 octobre 2026 (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)
Des manifestants dans les rues de Bordeaux (Gironde) le 17 octobre 2026 (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Des rassemblements et manifestations sont annoncés partout en France samedi à l'occasion de la journée de mobilisation sociale du 17 octobre. Le mouvement réunit différentes colères et revendications : anciens gilets jaunes mobilisés contre la vie chère, lycéens, étudiants, militants du climat ou encore agriculteurs. À la mi-journée, 166 interpellations ont eu lieu en France, indique l'entourage du ministre de l'Intérieur. Les forces de l'ordre ont procédé à 133 interpellations à Paris, essentiellement pour "groupements en vue de commettre des violences ou dégradations", selon un bilan de la préfecture de police à 14h.

À Marseille, plusieurs regroupements de manifestants ont été constatés par la préfecture de police. Une trentaine d'individus ont tenté d'accéder à la gare. Ils ont été repoussés par les forces de l'ordre avec du gaz lacrymogène, indique la préfecture de police. Un commissariat de la police municipale a été dégradé "en marge des regroupements non déclarés de ce jour", indique la préfecture de police. Une cinquantaine de gilets jaunes se sont rassemblés samedi matin dans le quartier de l'Estaque, dans le nord de la ville. Une manifestation est prévue en début d'après-midi sur le Vieux-Port.

À Lyon, "un groupe de 40 individus a été dispersé" près d'un pont sur le Rhône reliant la Presqu'île au centre-ville, "après une tentative d'entrave à la circulation", selon la préfecture, et un groupe d'une dizaine de personnes dispersé aussi près de la raffinerie de Feyzin. Une antenne de l'office de tourisme située place Bellecour dans le 2e arrondissement a été incendiée, en marge de la manifestation du 17 octobre samedi, a constaté le journaliste de Radio France sur place. "Le bâtiment est en train de brûler", précise-t-il. Des casseurs ont aussi brisé des vitres sur la façade du bâtiment. Sur cette place Bellecour, plusieurs milliers de manifestants sont réunis, mais le rassemblement n'a pas été autorisé par la préfecture. "Les forces de l'ordre engagent des manœuvres pour disperser les groupes violents" tandis que les pompiers ne peuvent pas accéder à l'incendie de l'antenne de l'office de tourisme, précise la préfecture du Rhône. La police a également utilisé un canon à eau face à des manifestants et des individus cagoulés, constate un journaliste de l'AFP sur place.

L'office de tourisme place Bellecour dans le 2e arrondissement de Lyon en feu, samedi 17 octobre 2026. (CHRISTOPHE VINCENT / RADIO FRANCE)
L'office de tourisme place Bellecour dans le 2e arrondissement de Lyon en feu, samedi 17 octobre 2026. (CHRISTOPHE VINCENT / RADIO FRANCE)

À Rennes (Ille-et-Vilaine), les premières actions ont eu lieu dès 7h45, lorsque des manifestants ont bloqué la circulation sur la rocade, au niveau de la porte de Villejean et dans le secteur de l'université Rennes 2, selon Bison Futé et la préfecture. Des barricades en feu avaient été mises en place. Les manifestants ont quitté les lieux à l'arrivée des forces de l'ordre, précise la préfecture à ICI Armorique. Une deuxième action s'est ensuite déroulée un peu avant 9 heures, un peu plus au sud, vers la rue de Lorient. Des échauffourées ont eu lieu, avec des jets lancés en direction des forces de l'ordre, selon la préfecture. La préfecture et le réseau de transports en commun de la métropole rennaise, STAR, indiquent de grosses perturbations de la circulation à l'ouest de la capitale bretonne. À la mi-journée, la préfecture faisait état de 17 interpellations. Des pavés ont été lancés en direction des forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule sur le parking d'un Leclerc du quartier de Cleunay, ajoute la préfecture.

À Angoulême (Charente), près de 4 000 personnes se sont mobilisées samedi matin. Aucun incident n'a été recensé, affirment les autorités à ICI La Rochelle.

À la Rochelle (Charente-Maritime), entre 2 000 et 3 000 manifestants ont marché vers la rocade en direction du pont de l'île de Ré, rapporte ICI La Rochelle.

À Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les manifestants se sont rassemblés vers 10h, selon ICI Loire Océan. Près de 2 000 gilets jaunes, syndicats et membres d'un collectif de sans-papiers se sont réunis.

Près du Mans (Sarthe), une quarantaine de militants sont rassemblés depuis environ 9h ce samedi à un péage de l'autoroute A11 pour une opération "péage gratuit", selon le journaliste d'ICI Maine sur place. L'une des barrières a été démontée. La mobilisation se déroule dans le calme avec la présence de lycéens, d'agriculteurs et de jeunes travailleurs.

À Tours (Indre-et-Loire), plusieurs milliers de personnes sont rassemblées place Velpeau, selon la journaliste d'ICI Touraine sur place. Parmi eux figurent de nombreux jeunes mais aussi des Gilets jaunes. Une station-service à proximité a été occupée par des manifestants, qui ont enroulé les pompes de scotch noir pour empêcher leur utilisation. Une inscription "Stop au racket" a été taguée en lettres blanches. Des manifestants ont également envahi l'autoroute A10 au niveau de la sortie Tours centre, à la sortie de la ville et ont bloqué l'accès aux voies. Une voiture de gendarmerie a été ciblée. Les manifestants ont quitté l'A10 vers 12h45, précise ICI Touraine.

À Belfort, environ 300 personnes sont rassemblées samedi matin place Corbis pour protester contre la vie chère, selon le journaliste d'ICI Belfort-Montbéliard présent sur place.

À Poitiers, le campus de Sciences Po a été bloqué samedi matin par une vingtaine de personnes, a constaté ICI Poitou.

Près de Grenoble (Isère), la circulation est perturbée après un blocage de l'autoroute A480 et la fermeture d'une entrée et d'une sortie de ville, rapporte ICI Isère. Des gilets jaunes étaient rassemblés dès 8h30 au pont de Catane, sur le boulevard Joseph-Vallier. Une station-service du secteur était également bloquée.

À Paris, deux parcours sont prévus en début d'après-midi au départ de la place de la République : le cortège des étudiants se dirigera vers la place de la Nation, celui des gilets jaunes et des syndicats ira vers la place de Clichy. Mais dès le milieu de matinée, "deux cortèges sauvages" ont eu lieu, selon la préfecture de police de Paris. "Le premier, un rassemblement syndical, composé d'une centaine de personnes, s'est formé dans le secteur de la Gare du Nord avant de rejoindre la rue du faubourg saint Denis. Un second, composé de lycéens et d'une ampleur similaire, a débuté rue de Rennes", écrit la préfecture de police. À 11 heures, elle faisait état de 61 interpellations, principalement pour "port d'armes ou de protections prohibées". Des canons à eau ont été déployés afin de repousser les manifestants violents. Les forces de l'ordre ont procédé à 133 interpellations à Paris, essentiellement pour "groupements en vue de commettre des violences ou dégradations", selon un bilan de la préfecture de police à 14h.

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