Licencié par son employeur parce qu'il a abandonné son poste : la justice déboute l'entreprise et considère que la faute n'était pas si grave

l'essentiel Après une dispute entre collègues sur un chantier naval, un salarié espagnol avait quitté les lieux sans prévenir avant d'être licencié. La Haute Cour de Galice juge la sanction disproportionnée et contraint l'entreprise à l'indemniser.

La Haute Cour de justice de Galice (Espagne) dans un dossier particulièrement technique. L'instance a en effet statué que le licenciement dont avait fait l'objet un travailleur espagnol au mois de mai 2025 était "abusif" : l'entreprise concernée avait décidé de mettre fin au contrat de l'un de ses employés car ce dernier avait subitement quitté son poste, bien avant la fin de sa journée de travail, comme le racontent nos confrères du média Noticias Trabajo. Un motif pas suffisamment grave selon la justice espagnole pour justifier un licenciement...

Les faits s'étaient déroulés le 16 mai 2025 dernier. Ce jour-là, une vive altercation éclate entre deux ouvriers sur un chantier naval de Ferrol, dans la province de La Corogne. Excédé, l'un des deux salariés quitte brusquement les lieux sans prévenir sa hiérarchie. L'incident perturbe l'organisation du site : son supérieur doit le remplacer en urgence et imposer des heures supplémentaires au reste de l'équipe.

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Trois jours plus tard, le chef de chantier s'entretient avec l'employé pour apaiser la situation et convenir de trois jours de congés. Mais dès le lendemain, contre toute attente, le travailleur se présente sur un autre site du chantier naval, auquel il n'est pas affecté. Face à l'impossibilité d'y exercer ses fonctions, il prend une nouvelle fois la décision d'abandonner son poste. Le 30 mai 2025, la direction lui notifie son licenciement disciplinaire pour abandon de poste, fraude, déloyauté et abus de confiance.

"Pas une faute disciplinaire"

Saisis par le salarié, les juges d'appel de la Haute Cour de justice de Galice ont réformé une première décision favorable à l'employeur. Si la juridiction reconnaît le comportement fautif de l'ouvrier, elle estime que la sanction demeure disproportionnée. Dans un arrêt cité par Noticias Trabajo et relayé par Le Dauphiné Libéré, la Cour souligne : "En effet, dans la mesure où le salarié n'a pas réussi à justifier les raisons de son comportement, celui-ci peut être qualifié d’erratique ou de capricieux, mais il ne constitue pas une faute disciplinaire, d’autant moins que la tentative de réintégration, alors même qu’on lui avait accordé des jours de congé, s’est soldée par une simple explication et que le salarié a quitté les lieux".

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La justice laisse désormais deux options à l'entreprise : réintégrer l'employé en lui versant ses salaires impayés – à raison de 104,20 euros par jour d'éviction – ou lui verser une indemnité de licenciement de 11 462,27 euros. L'employeur conserve toutefois la possibilité de se pourvoir devant la Cour suprême espagnole.