Libéralisation du rail en Belgique : que retenir des autres expériences en Europe ? - RTBF Actus
"On ne peut pas dire qu’au niveau européen, la concurrence fasse baisser les tarifs", analyse François-Xavier Lievens. Une baisse est envisageable sur des lignes à grande vitesse (Bruxelles-Paris ou Bruxelles-Amsterdam, par exemple), mais la Belgique ne dispose pas de TGV nationaux. Dans le cas du service public de proximité, il n’y a pas de corrélation entre concurrence et une baisse des prix. En revanche, l’État peut agir sur les tarifs, s’il le souhaite. "Si on a l’intention de baisser les tarifs", en le précisant dans le contrat de service public, "alors ils peuvent baisser, mais ce n’est pas lié à la concurrence", explique-t-il. Il prend l’exemple du Luxembourg où le gouvernement a rendu les trains gratuits il y a quelques années. "Ce n’est pas une question de concurrence, c’est juste une question d’intention publique de ce que l’on met dans les obligations de service public."
Les voyageurs sont les premiers bénéficiaires de l’ouverture du marché
Le chercheur tient cependant à ajouter : "À coût public constant, quand il est possible de faire des économies, de gagner en efficacité, ce n’est pas tellement les tarifs qu’on va baisser, mais c’est le service qui va augmenter". Et il s’appuie sur une étude récente (2026) de l’Autorité française de régulation des transports pour avancer ce constat. "Les voyageurs sont les premiers bénéficiaires de l’ouverture du marché. Les résultats d’ores et déjà observés font apparaître une augmentation de l’offre, une amélioration de la qualité de service et une pression concurrentielle favorable à la maîtrise des prix", peut-on lire dans cette étude.
Une harmonisation des règles sociales entre la SNCB et ses concurrents est donc nécessaire
Autrement dit, selon l'expert, il est possible que l’ouverture à la concurrence force les opérateurs de transport à améliorer le service et à être plus efficace. Mais cette efficience ne doit pas se faire au détriment du personnel, prévient-il : "Quant aux conditions de travail des cheminots, le risque est grand que les potentiels gains de productivité liés à la concurrence se fassent sur leur dos plutôt que sur l’organisation du transport. Une harmonisation des règles sociales entre la SNCB et ses concurrents est donc nécessaire, probablement par la création d’une commission paritaire pour le secteur ferroviaire."