"Les vents du changement sont favorables": Javier Milei menace de sanctionner les compagnies pétrolières qui vont exploiter un gisement d'1,7 milliard de barils au nord des Malouines

"Les vents du changement sont favorables": Javier Milei menace de sanctionner les compagnies pétrolières qui vont exploiter un gisement d'1,7 milliard de barils au nord des Malouines

Publié aujourd'hui à 14h29

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Le président argentin compte déposer un projet de loi visant à imposer des sanctions aux compagnies pétrolières qui s'apprêtent à exploiter un gisement d'1,7 milliard de barils au nord des Malouines. Cette zone appartient au Royaume-Uni mais est revendiquée par l'Argentine.

Les compagnies pétrolières étrangères opérant des forages dans l'archipel des Malouines, territoire britannique de l'Atlantique Sud revendiqué par l'Argentine, s'exposent à des sanctions, a déclaré le président argentin. Lors d'une allocution télévisée jeudi, Javier Milei a durci le ton, affirmant que le projet de deux compagnies dans le périmètre des îles disputées, à quelque 600 kilomètres au large de l'Argentine, constituait une menace immédiate pour les intérêts argentins.

Ce projet, baptisé Sea Lion, est mené par la compagnie britannique Rockhopper et l'israélienne Navitas au nord des Malouines, dans une zone sous contrôle britannique, et concerne un gisement de 1,7 milliard de barils de brut, découvert en 2010. Les forages doivent commencer en 2027.

Le territoire britannique des îles Malouines (Falklands en anglais) est situé au large des côtes de l'Argentine.
Le territoire britannique des îles Malouines (Falklands en anglais) est situé au large des côtes de l'Argentine. © Google Maps / BFM Business

Encouragé ces derniers jours par Donald Trump, le président Milei a considéré que "les vents du changement" étaient "favorables" et a fait savoir qu'un projet de loi visant à renforcer les moyens de riposte de l’Argentine serait prochainement soumis au Parlement. Une décision qui pourrait aggraver les tensions avec Londres. Le texte prévoit d'imposer des sanctions aux compagnies concernées, mais aussi à des entités liées, comme leurs fournisseurs.

Les Britanniques restent fermes

Les Malouines, ou îles Falkland pour les Britanniques, sont administrées par le Royaume-Uni depuis 1833 et ont été l'objet d'une guerre contre l'Argentine en 1982, après une incursion des troupes de Buenos Aires dans l'archipel. Les propos de Javier Milei interviennent alors que son homologue et proche allié américain, Donald Trump, a déclaré qu'il réexaminait la position de neutralité des États-Unis vis-à-vis de ce territoire.

Le Royaume-Uni prône l'autodétermination des habitants des îles Malouines. Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a déclaré vendredi que les habitants de ces îles avaient choisi d’être britanniques. "La déclaration faite cette nuit par Milei en dit plus long sur la politique intérieure argentine que sur les îles Malouines", a-t-il déclaré sur X.

"Les Malouines (Falklands dans la déclaration originale en anglais, ndlr) sont britanniques parce que les habitants des îles Malouines choisissent d’être britanniques. Notre engagement envers les Malouines est absolu et inébranlable", a insisté le ministre britannique.

Javier Milei s’était auparavant prononcé en faveur de la diplomatie pour faire valoir les revendications de l’Argentine sur les Malouines. Il use désormais de la menace. Les compagnies Rockhopper Exploration et Navitas Petroleum, dont les actions ont chuté respectivement de 6% et 2% vendredi, ont souligné dans un communiqué commun disposer des licences nécessaires pour les forages, prévus pour débuter en 2027, avec un démarrage de la production en 2028. "Les partenaires estiment que les récents développements ne devraient pas avoir d'effet matériel sur les activités du projet Sea Lion, notamment le calendrier", peut-on lire.

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