Junge Tat: les membres refusent de répondre au procès à Zurich

Publié4. septembre 2026, 20:28

Procès à ZurichLes six membres de Junge Tat refusent de répondre

Six membres de Junge Tat, un groupuscule d’extrême droite, ont comparu à Zurich pour des actions anti-LGBT+ et des accusations d’incitation à la haine.

Agence France-Presse

Manuel Corchia (à gauche) et Tobias Lingg (au centre), figures de proue du groupe d'extrême droite Junge Tat, posent aux côtés d'une banderole portant l'inscription «La famille plutôt que l'idéologie du genre» à leur arrivée au tribunal de district de Zurich pour leur procès, le 4 septembre 2026.

Manuel Corchia (à gauche) et Tobias Lingg (au centre), figures de proue du groupe d'extrême droite Junge Tat, posent aux côtés d'une banderole portant l'inscription «La famille plutôt que l'idéologie du genre» à leur arrivée au tribunal de district de Zurich pour leur procès, le 4 septembre 2026.AFP

Des membres de l’organisation suisse d’extrême droite Junge Tat (Jeune action) ont comparu vendredi devant la justice, pour répondre de plusieurs actions chocs, notamment lors de la Pride de Zürich en 2022. Cinq hommes et une femme, membres de ce groupuscule qui prône la «remigration», sont accusés de divers délits, dont la discrimination et l’incitation à la haine.

Le procès s’est concentré sur les deux meneurs du groupe, Tobias Lingg, 23 ans, et Manuel Corchia, 25 ans, contre lesquels le parquet a réclamé jusqu’à quinze mois de prison, dont six ferme, selon l’acte d’accusation.

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Quelque 150 manifestants de mouvements antinazis et pro-LGBT+ s’étaient massés devant l’entrée du tribunal avant l’audience, agitant des banderoles clamant «Zürich bleibt Nazifrei» (Zürich sans nazis).

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En réplique, les deux meneurs du groupuscule les ont harangués en déployant, avec leurs partisans, des pancartes avec le slogan «Familie statt Gender-ideology» (la famille plutôt que l’idéologie de genre) ou «No Pride month» (pas de mois des fiertés).

Manuel Corchia (à gauche) face à des manifestants LGBT et antifascistes.

Manuel Corchia (à gauche) face à des manifestants LGBT et antifascistes.AFP

En 2022, les membres de ce groupuscule d’extrême droite avaient notamment perturbé le service religieux de la Pride de Zürich. Ils avaient également interrompu une lecture pour enfants animée par une drag queen.

En amont de ce procès, ils avaient lancé une pétition sur les réseaux appelant à défendre «la liberté d’opinion» et dénonçant des accusations à «motivation politique» de la part du ministère public à l’encontre de ses six membres.

Silence des accusés

Au début de l’audience, les six prévenus ont toutefois refusé de répondre aux questions du juge, laissant le soin à leurs avocats d’enchaîner de longues plaidoiries dans l’après-midi pour réclamer leur acquittement.

«Les opinions politiques sont protégées, la violence ne l’est pas», a de son côté insisté le procureur Daniel Aepli dans son réquisitoire, affirmant que «l’opinion est libre» mais «les moyens par lesquels on la fait prévaloir ne le sont pas».

Junge Tat est un groupuscule d’extrême droite connu pour ses actions spectaculaires et son idéologie identitaire. Les services de renseignements avaient souligné en 2021 qu’il présentait un «potentiel élevé de recours à la violence».

«Il est décevant de voir que des membres de la Junge Tat ne prennent pas le tribunal au sérieux», a réagi Brandy Butler, chanteuse et militante LGBTQ+, déplorant qu’ils aient refusé de répondre même à des «questions élémentaires» posées par le juge. Cette militante, qui compte parmi les parties civiles, est l’organisatrice de Drag Story Time, cette heure du conte pour enfants animée par des drag queens. C’est lors d’une de ces lectures à l’automne 2022 que les militants d’extrême droite de la Junge Tat étaient venus, armés de torches en feu, en criant des slogans anti-LGBTQ+ et menaçant les organisateurs. A la suite de cet évènement les lectures avaient dû être annulées par souci de sécurité. «C’était vraiment dur pour moi qui ai été affectée par tout ceci d’être assise dans cette salle d’audience et d’entendre leurs avocats utiliser un langage offensant et discriminatoire», a-t-elle déclaré à la sortie du procès.

Les audiences sont terminées mais la date à laquelle le verdict sera rendu n’est pas encore connue. «Le procureur a avancé de nombreux arguments fondés sur les émotions, et non sur des faits», a de son côté déclaré Tobias Lingg à la sortie de l’audience, se disant «très optimiste» sur l’issue du procès.

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