Les sanctions du gouvernement Trump contre le géant de l'IA Anthropic annulées par la justice

Une juge fédérale de Californie a déclaré illégales les sanctions de l'administration Trump contre le géant de l'IA Anthropic ce vendredi. C'est un désaveu pour Donald Trump, sa décision a été jugée motivée politiquement plus que par la menace d'un risque supposé.

Publié le : 28/08/2026 - 13:08Modifié le : 28/08/2026 - 14:48

3 min Temps de lecture

Nouveau rebondissement dans la bataille judiciaire Trump-Anthropic. La Maison-Blanche avait mis la maison mère du chatbot Claude sur sa liste noire en février. « L'invocation creuse de la sécurité nationale n'est pas un chèque en blanc pour punir ceux qui critiquent le gouvernement », a répondu la juge fédérale californienne qui a déclaré illégales les sanctions prises par Donald Trump contre le géant de l'intelligence artificielle. Elle les a jugées motivées politiquement et non par des risques supposés.

C'est par ces mots, dans un document de 59 pages, que la magistrate justifie sa décision. Décision d'abord provisoire, désormais permanente, qui ne concerne cependant qu'une des deux procédures engagées par l'entreprise contre le gouvernement américain. L'autre, devant un tribunal fédéral de Washington, n'ayant pas encore été tranchée. Il est donc interdit à l'exécutif des États-Unis de rompre tous ses contrats avec Anthropic. Néanmoins, la mise à l'écart de l'entreprise par le ministère de la Défense reste en vigueur car appuyée sur un texte du code des marchés publics fédéraux non examiné en Californie mais contesté par Anthropic dans la procédure de Washington.

Anthropic, une entreprise de « gauche radicale », avait lancé Trump

Donald Trump avait ordonné en février la rupture de tous les contrats de son administration avec Anthropic. Car l'entreprise avait refusé de lever les garde-fous autour de son système d'intelligence artificielle baptisé Claude et d'y donner plein accès au ministère de la Défense américain. Le géant de l'IA craignait que le gouvernement ne l'utilise pour des attaques mortelles sur des terrains de guerre, ou au profit de la surveillance de masse des Américains.

Vexé, Trump avait catalogué Anthropic comme une entreprise de « gauche radicale » « hors de contrôle ». Avant de la placer sur la liste des organismes présentant un risque pour « la sécurité nationale ». Club réservé aux entreprises étrangères jusqu'alors. « Nous restons concentrés sur une collaboration productive avec le gouvernement pour mettre l'IA au service de notre sécurité nationale, afin que tous les Américains bénéficient de cette technologie », a déclaré un porte-parole d'Anthropic à l'AFP.

Les relations avec Anthropic n'étaient pas vraiment rompues

Avant même le jugement rendu jeudi, les relations entre la perle de l'IA et l'exécutif américain étaient loin d'être rompues. Le ministère de la Défense continue de se servir des modèles d'Anthropic, les seuls habilités pour les opérations classifiées, même s'il a annoncé une transition progressive et a conclu, début mai, des accords en ce sens avec tous les grands rivaux de la start-up. Par ailleurs, Anthropic a donné accès au gouvernement Trump à son modèle le plus avancé, Mythos, jusqu'ici proposé uniquement à une poignée d'entreprises et d'organisations afin de renforcer leur sécurité informatique.

Rien de l'approche du gouvernement « ne cadre avec une crainte authentique vis-à-vis d'Anthropic, qui serait un saboteur prêt à empoisonner son logiciel pour compromettre la sécurité nationale », a estimé la juge Lin. Critiqué par certains dans la Silicon Valley et au-delà, accusé de vouloir dicter ses conditions à l'exécutif, le patron d'Anthropic, Dario Amodei, s'en est défendu mais n'est pas revenu sur sa position concernant l'emploi de sa technologie. « Cela ne vaut pas le coup de voir les démocraties triompher si elles utilisent ces moyens », a-t-il déclaré dans une interview à l'agence Bloomberg en juin, en référence à la surveillance par un pays de sa population et au recours à des attaques mortelles décidées par l'IA.

À lire aussiAnthropic détruit en toute légalité les livres après les avoir scannés pour alimenter son IA