Les prix des carburants repartent à la hausse, Bercy prolonge les aides et enquête sur les marges des raffineurs

Le ministre de l'Économie a réuni, mercredi matin, les distributeurs de carburants pour discuter de la hausse des prix à la pompe. Il n'y a toujours pas de plafonnement de prix, ni de geste fiscal, mais une enquête sur les marges des raffineurs est ouverte. Les aides déjà en place sont prolongées.

Par Alexis Morel Publié le mercredi 9 septembre 2026 à 13:07

C'était la neuvième réunion entre le gouvernement et le secteur des carburants depuis le début de la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a reçu, mercredi 9 septembre, les représentants de l'Ufip Énergies et Mobilités (UFIPEM) et de Mobilians, ainsi que plusieurs acteurs de la production et de la distribution de carburants, parmi lesquels TotalEnergies, Shell, Esso, Avia, Auchan et des centrales d'achat de la grande distribution.

Les prix à la pompe sont repartis à la hausse avec la reprise, fin août, des frappes au Moyen-Orient. Ils atteignent de nouveaux records, à 2,29 le litre de gazole et 2,12 euros le litre pour le SP95. Le baril de Brent dépasse les 100 dollars, mercredi 9 septembre, pour la première fois depuis juillet.

Une enquête sur les marges des raffineurs

Comme pour les précédentes réunions, c'est toujours un peu la même chose à la sortie : Bercy partage le constat sur les prix des carburants qui grimpent et atteignent des records, mais pour autant, la réponse de l'exécutif ne change pas. Le gouvernement ne prévoit pas de plafonnement généralisé des prix. "Ce serait risquer la pénurie", indique-t-on à France Inter. Il n'y aura pas de geste fiscal non plus, car la situation des finances publiques ne le permet pas, répète-t-on au ministère de l'Économie.

À écouter

Une enquête est en cours sur les marges des raffineurs qui sont pointées du doigt ces dernières heures, notamment par le patron des coopératives U, Dominique Schelcher. "Au niveau du raffinage, les marges ont fortement augmenté, fois trois, fois quatre", relève-t-il, estimant que ce "maillon" peut "peut-être aujourd'hui faire un effort". Il assure que son secteur pratique des "marges plus réduites que jamais" sur ce "produit d'appel".

Les aides reconduites

Le gouvernement rappelle tout de même que des aides existent, toujours les mêmes. L'aide gros rouleur pour les travailleurs modestes qui représente une centaine d'euros. Le guichet qui devait fermer à la fin de l'été est prolongé au moins jusqu'à la fin du mois de septembre, car à ce stade, seule la moitié des Françaises éligibles l'ont demandé. Pour les professionnels, agriculteurs, pêcheurs, entreprises de BTP, les aides sont reconduites pour deux mois.

Tout cela a déjà coûté 1,5 milliard d'euros à l'État. Enfin, à Bercy, on estime qu'aider les Français à passer à l'électrique fait aussi partie de la réponse. La troisième vague du leasing social marche fort, avec déjà plus de 30 000 commandes sur 50 000 voitures au total.