Poisson sauvage suisse : un nouveau label pour valoriser les prises locales

Publié7. septembre 2026, 13:17

ConsommationLes pêcheurs lancent le label «Poisson sauvage suisse»

Un nouveau label veut mettre les poissons sauvages davantage à l’honneur. But: mieux identifier les prises locales et faire découvrir des espèces moins populaires.

Christine Talos

le label doit permettre de faire la différence entre un poisson pêché dans un lac suisse, un produit importé et un poisson d’élevage.

le label doit permettre de faire la différence entre un poisson pêché dans un lac suisse, un produit importé et un poisson d’élevage.AFP

«Poisson sauvage suisse»: c’est le nouveau label lancé par les associations suisses de pêcheurs professionnels. Pour la première fois, la pêche locale dispose ainsi d’un signe distinctif commun. Il doit permettre aux consommateurs de faire la différence entre un poisson pêché dans un lac suisse, un produit importé et un poisson d’élevage.

«Le poisson sauvage suisse est un produit rare, il n’y en a plus autant. Nous voulons que la clientèle puisse faire consciemment le choix de ce poisson», a expliqué Reto Leuch, président de l’Association suisse des pêcheurs professionnels (ASPP), à la télévision alémanique SRF.

Pour obtenir le label, le poisson doit provenir d’un lac suisse et avoir été pêché par un professionnel titulaire d’une licence. Le respect des prescriptions légales est également garanti. Le logo a été développé par la «Plateforme de la pêche lacustre» créée en 2020 avec l'ASPP et l’Association suisse romande des pêcheurs professionnels (ASRPP).

Pas encore dans les supermarchés

Dans un premier temps, inutile de chercher le logo dans les rayons des grandes surfaces. Les pêcheurs estiment que les contrôles et la charge administrative seraient trop lourds. Il sera plutôt visible lors d’achats directs, notamment sur les marchés hebdomadaires.

L’enjeu est aussi économique. Le poisson sauvage suisse ne représente actuellement que 1 à 3% du marché. Les pêcheurs espèrent convaincre les consommateurs de privilégier ce produit local, même s’il est plus cher que certaines alternatives importées.

La prochaine étape consistera à permettre également aux restaurants d’utiliser le label. Hic: les pêcheurs ne peuvent plus fournir suffisamment de poissons sauvages pour répondre à la demande. «Nous sommes conscients que les restaurants doivent aussi avoir recours à des poissons d’élevage», reconnaît Reto Leuch. Il espère néanmoins que certains établissements mettront en avant des plats portant le label.

Faire aimer le gardon et le silure

Perche, brochet, truite ou féra: les poissons concernés sont connus. Mais le label doit aussi permettre de mettre en avant certaines espèces moins appréciées, comme le silure, le gardon ou la carpe. «Aujourd’hui, ces poissons sont encore boudés en raison de leurs nombreuses arêtes. Mais nous voulons qu’ils se retrouvent eux aussi dans les assiettes», explique Reto Leuch.

Des espèces invasives prospèrent

Le changement climatique modifie par ailleurs les populations de poissons. Avec la chaleur, les salmonidés, comme la féra, qui ont besoin de fraîcheur, sont en danger, tandis que d'autres espèces, elles, prospèrent. Ainsi cet été, où la température des lacs a atteint des sommets, la population des silures s'est fortement accrue. Dans le lac de Neuchâtel, ils représentent jusqu'à la moitié du chiffre d'affaires de certains pêcheurs, selon l'émission de la RTS «Mise au Point» dimanche soir. Ceux-ci le proposent aux restos et aux particuliers qui l'apprécient pour son absence d'arêtes et son prix raisonnable. Mais une autre espèce invasive, échappée des aquariums, a aussi fait son apparition: la perche soleil. Hic: celle-ci dévore les œufs des autres espèces locales et des crustacés. Et si elle est comestible et fine au goût, elle est rarement consommée en raison de sa petite taille.

Christine Talos

Christine Talos (cht) est journaliste à 20 Minutes depuis 2011. Elle travaille pour la rubrique politique, au sein de la rédaction nationale.

Ton opinion