"Les patients mettent rarement en place ce qui doit l'être" : un jeune médecin généraliste aux urgences du centre hospitalier d'Agen lance Hippocrate, une application de prévention santé

l'essentiel Léo Joly, médecin généraliste aux urgences du centre hospitalier d'Agen-Nérac, a lancé l'application "Hippocrate". Elle a été développée avec l'ingénieur Julien Paput. Destinée à combler le manque d'accompagnement entre deux consultations, ce "compagnon de santé" propose des contenus sur le sommeil, l'alimentation, l'activité physique et la santé mentale. Elle est disponible depuis le 1er septembre.

"Si tu es malade, recherche d'abord ce que tu as fait pour le devenir". La réflexion est attribuée à Hippocrate, père de la médecine et philosophe grec du siècle de Périclès, le Ve avant J.-C., celui de l'âge d'or athénien. Outre le serment éponyme, Hippocrate est aujourd'hui le nom d'une application imaginée par le docteur Léo Joly. Originaire de La Roche-sur-Yon (Vendée), ce médecin généraliste de 28 ans exerce depuis juin 2026 aux urgences du centre hospitalier d'Agen-Nérac.

Associé à Julien Paput, un ingénieur basé à Toulouse, Léo Joly a passé un an à développer cette application de prévention santé. Elle est ouverte au public depuis le 1er septembre dernier. Il la présente comme "un compagnon de santé". "Elle est née d'une frustration et d'un besoin de changer les choses", confie-t-il. "Aux urgences, comme lors des stages durant mes études, je fais le même constat : nous consacrons une bonne partie de notre temps à traiter les conséquences de ce qui n'a pas été évité en amont".

"Hippocrate n'a pas vocation à remplacer le médecin"

La statistique qu'il rappelle régulièrement est éloquente : sur l'ensemble des décès considérés comme évitables en France, sept sur dix relèvent de la prévention. Et non du soin. Le mode de vie est souvent en cause. "Hippocrate n'a pas vocation à remplacer le médecin", insiste systématiquement le Dr Joly. Ce n'est pas non plus de la téléconsultation.

"Entre deux consultations, observe-t-il, les patients mettent rarement en place ce qui doit l'être. Non pas par manque de volonté, mais par manque d'informations claires au bon moment. Entre savoir et faire, il y a une journée de travail, des enfants à récupérer, de la fatigue. C'est là que tout se joue, et c'est précisément là qu'on n'accompagne personne".

C'est ce déficit de passage à l'action que l'application a l'ambition de combler. Bâtie sur quatre piliers essentiels (sommeil, alimentation, activité physique, santé mentale), une première mouture avait été testée gratuitement en janvier dernier. 500 utilisateurs étaient espérés. 4 000 ont été séduits. Forts des retours d'expérience de cette phase pilote, les deux fondateurs ont procédé à des améliorations.

200 contenus

La nouvelle version propose 200 contenus "courts, sourcés, sans jargon et sans jugement". Les formats vont de quelques minutes à des séquences plus longues. Ils ont été créés avec des professionnels de santé (coaches, médecins et chercheurs). L'offre est variée : séances audio de méditation pour réduire son stress, conseils pour gérer une envie de grignoter, idées de repas, vidéos pour du renforcement musculaire, etc.

Il est possible de recevoir quotidiennement des notifications à des moments clés. Un message vous demande comment vous vous sentez, comment il est possible de vous aider. "Je n'ai malheureusement pas toujours le temps de répondre à cette main tendue", regrette un usager. Pour Léo Joly, l'important est déjà de s'interroger sur son état à un moment donné.

Un "mode libre" est également accessible. Hippocrate peut être testée durant 14 jours. Elle est ensuite payante avec une offre à 2,92 € par mois pour un engagement d'une année (34,99 € par an) pour les 1 000 premiers comptes. Le prix pourra évoluer dans le futur. Les fonctionnalités aussi. De nouvelles vidéos, dont certaines accessibles gratuitement, seront notamment mises en ligne. Hippocrate n'en est qu'à ses débuts.