Les Masters 1 000, ce solide plafond de verre que (presque) aucun Français n'a encore réussi à briser cette saison
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Ni Ugo Humbert ni Quentin Halys ni Arthur Rinderknech n'a dépassé le troisième tour en Masterd 1 000 cette saison. (P. Lahalle, S. Mantey et F. Faugère/L'Équipe)
Le tennis français est à la fête avec les titres consécutifs de Luca van Assche (Estoril), Quentin Halys (Kitzbühel) et Arthur Gea (Los Cabos). Mais cette embellie masque encore mal les limites en Masters 1 000, comme le tournoi de Montréal, que les Français peinent à dépasser.
Lorsque l'on se rend sur le site de l'ATP et que l'on arrive sur la page dédiée aux joueurs, on est tentés de faire une capture d'écran. En haut de page, sur la partie réservée aux récents vainqueurs, les portraits d'Arthur Gea, de Quentin Halys et de Luca van Assche se succèdent fièrement, une rareté - rappelons que les deux derniers ont remporté leur tournoi à quelques heures d'intervalle, une curiosité statistique seulement observée trois fois auparavant sur le circuit. Cette embellie conjoncturelle est-elle le signe d'un frémissement dans le tennis masculin français, dont Montréal pourrait être le prolongement ?
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Depuis le début de l'année, les Bleus ont pris l'habitude de briller en Challengers avec 10 titres depuis le début de la saison. Luca van Assche, encore lui, s'y est particulièrement illustré avec trois tournois remportés (Quimper, Lille et Parme). Derrière, Clément Chidekh en est à deux (Nottingham et Glasgow). À l'échelon supérieur, il aura néanmoins fallu attendre d'entamer la seconde moitié de la saison pour débloquer les compteurs sur le circuit ATP, avec ce tir groupé d'ATP 250 à Estoril (Van Assche), Kitzbühel (Halys) et donc Los Cabos (Gea). En ATP 500, le bilan reste honorable avec le titre d'Arthur Fils à Barcelone.
Mais en Masters 1000, le niveau du tournoi canadien qui a démarré dimanche, cela demeure la grande disette. Arthur Fils étant définitivement à part, si on enlève ses demi-finales à Miami et Madrid ainsi que son quart à Indian Wells, le tennis tricolore n'a qu'un troisième tour à se mettre sous la dent (Ugo Humbert à Rome). C'est trop peu. Le pire ayant été à Monte-Carlo avec aucun tricolore ayant franchi le deuxième tour.
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L'exception solitaire de Fils
Ce plafond de verre n'est pas si étonnant, quand l'altitude s'élève : dans le Top 100, il y a 12 Français, ce qui est mieux - au niveau comptable - que les Italiens qui ne sont que huit, par exemple. Mais la différence, c'est que trois d'entre eux sont top 20. Chez les Bleus, il faut monter dans le top 30 pour trouver les trois premiers joueurs. Le gros des troupes est autour, et surtout au-delà de la cinquantième place pour les Français. Deux conséquences directes pour les Masters 1000 : cela n'aide pas toujours à rentrer dans les tournois ; pour les mieux classés, cela n'offre pas forcément un rang de tête de série suffisant pour être protégé. Ainsi, Arthur Rinderknech a déjà dû se coltiner Carlos Alcaraz (numéro 2 mondial, deux fois), Andrey Rublev (16e) ou Alexander Bublik (11e) très tôt dans des tournois.
Pour l'heure, quand il n'est pas blessé, Arthur Fils (24e) fait plus que tenir son rang. Du côté d'Ugo Humbert (28e) et Arthur Rinderknech (29e), ça peine davantage. Le Messin n'a que deux finales en 250 à proposer et juste un huitième en Masters 1 000. « Rinder », rarement aidé par les tirages, n'a pas dépassé les quarts de finale (Dubaï, Genève, Gstaad) et bloque au troisième tour en Masters 1 000. Si Fils semble avoir plus que fissuré le plafond de verre du tennis français, il reste encore trop solide pour les autres. Montréal constitue un test intéressant pour voir si l'embellie peut se prolonger.
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