"Les gens payent des centaines d'euros pour aller voir Céline Dion" : dans un contexte économique tendu la Scène de Bayssan annonce la programmation de sa saison 2026-2027

La Scène de Bayssan, espace culturel du domaine de Bayssan, à Béziers, a dévoilé ce vendredi 18 septembre, la programmation de sa saison 2026-2027. Dans un contexte tendu, après le rapport de la Chambre régionale des comptes sur le déséquilibre entre les investissements du Département et les rendements du site, les représentants cherchent des solutions.

10 370 visiteurs en 2025 pour 48 M d'€ d’investis lors de la rénovation du domaine de Bayssan, par le Département de l’Hérault, en 2021. Voilà le bilan du site culturel biterrois, pointé du doigt par la Chambre régionale des comptes Occitanie, dans un rapport publié le 10 septembre. Ces chiffres ont déclenché un débat animé entre le maire de Béziers, Robert Ménard, et le président du conseil départemental de l’Hérault, Kléber Mesquida.

Un peu plus d’une semaine plus tard, ce vendredi 18 septembre, la Scène de Bayssan annonçait la programmation culturelle de sa saison 2026-2027, avec 32 rendez-vous. Parmi les grands noms à l’affiche, on retrouve notamment la chanteuse franco israélienne Yael Naim, connue pour son tube "New Soul" (2015), qui comptabilise près de 30 M de vues sur Youtube. Elle investira le théâtre Michel-Galabru pour un concert donné le vendredi 14 mai, à 20 h.

"Les gens doivent faire l’effort de venir"

En danse, Jann Gallois, récompensée par plusieurs prix internationaux, et six autres danseuses présenteront Imminentes, un spectacle contemporain, qui se déroulera toujours au théâtre Michel-Galabru, le samedi 27 février, à 20 h. À noter, aussi, dans un tout autre registre, une conférence gratuite sur la physique quantique, donnée par l’essayiste français, Etienne Klein, ce jeudi 24 septembre, à 19 h 30. Notamment auteur des Tactiques de Chronos (2003), il est aussi connu pour son rôle de vulgarisateur scientifique, invité dans différents médias en ligne.

Trois festivals d’ici janvier

Pour animer sa saison, la Scène de Bayssan a prévu trois festivals sur les 4 prochains mois. Du 10 au 11 octobre, "Livre en scène" proposera un week-end gratuit en famille autour de la lecture et de la littérature, avec spectacles, ateliers, jeux, et rencontres. Des expositions consacrées à Olivier Douzou, ou encore à l’univers Pyjamarama de Frédérique Bertrand sont notamment prévues.

La semaine suivante, rendez-vous du 16 au 18 octobre pour "Hérault Patapon", qui transformera le domaine de Bayssan en terrain de jeu pour le jeune public, avec trois jours d’animations, toujours dans une ambiance familiale et bon enfant.

Enfin, du 20 au 24 janvier, "Jazz à Bayssan" ouvrira l’année 2027 en célébrant sa cinquième édition avec cinq jours de concerts, de découvertes et de rencontres. L’entièreté de la programmation sera dévoilée à la fin de l’année civile. À noter, déjà, la présence de Izo Fitzroy, Romain Dubois ou encore Nicolas Gardel.

Suffisant pour remplir les salles de spectacles ? Selon Bruno Houlès, directeur général de la Scène de Bayssan, tout ne dépend pas uniquement des organisateurs. "Il faut que les gens fassent l’effort de venir, et sans doute qu’ils seront agréablement surpris. Après, l’art et la culture, c’est très subjectif, donc je ne sais pas si on plaira plus que les années précédentes avec cette programmation".

Des solutions à trouver pour rebondir

Plusieurs leviers ont, cela dit, pu être actionnés par le domaine de Bayssan pour se montrer plus attractif. À ce titre, un effort a été fait pour rendre les tarifs d’entrée plus accessibles à la majorité. "Les gens sont prêts à payer des centaines d’euros pour aller voir Céline Dion en concert, donc le prix n’est pas un argument pour ne pas venir à Bayssan. Au contraire, il l’est pour s’y rendre", se félicite Bruno Houlès.

Et pour cause, le domaine a introduit, cette année, des tarifs "seniors", "social", et des formules d’abonnements inédites. Par exemple, le prix normal pour le concert de Yael Naim est fixé à 35 €, mais le tarif réduit (demandeurs d’emploi, AES) passe à 15 €, 9 € pour les jeunes (-18 ans, étudiants, pass culture) et 25 € pour les plus de 65 ans. "Une nouvelle grille : plus juste, plus souple, plus solidaire". De quoi tenter de pallier au manque d’attractivité manifeste du domaine de Bayssan.

Autre frein au développement du site : la simple méconnaissance du lieu par les Héraultais, et – de manière plus préoccupante – par le Biterrois eux-mêmes, est aussi soulevée. "Nous postons beaucoup sur les réseaux sociaux, mais comptons sur les médias locaux pour faire parler de nous", avoue Bruno Houlès. En outre, la 5e vice-présidente déléguée à la culture auprès du conseil départemental de l’Hérault, Marie-Pierre Pons, révèle "travailler à mieux desservir le site en transports en commun, même si ça n’est pas évident".

Les représentants du domaine de Bayssan et du Département se montrent d’ailleurs optimistes malgré le contexte tendu. "Nous sommes un site encore jeune. Le Covid ne nous a pas aidé, mais, maintenant, c’est derrière nous. J’ai espoir pour l’avenir, nous avons déjà surmonté plusieurs saisons tendues", sourit Bruno Houlès. En 2025, le Département avait réduit son budget culturel de 26 %, plaçant sous tension les acteurs du territoire.