Les GAFAM ne feront pas «plier» le Canada, soutient le ministre Miller

Les géants américains du numérique ne feront pas « plier » Ottawa en matière de découvrabilité et de valorisation de la culture du pays, a soutenu le ministre fédéral de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller.

M. Miller a refusé de s’avancer, lundi, sur les détails entourant les concessions demandées par l’administration Trump en matière de culture et de protection de la langue française dans les dernières négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

Il a toutefois laissé entendre que la question de la découvrabilité des contenus québécois et canadiens sur les grandes plateformes américaines de diffusion en ligne figurait sur la liste.

« Une chose est claire en ce qui a trait à la découvrabilité de nos œuvres, de nos artistes, de notre culture canadienne, de la culture québécoise : dans la valorisation de notre nation, ce n’est pas les GAFAM qui vont nous faire plier ni les Américains non plus. Point à la ligne », a affirmé M. Miller en conférence de presse, à Montréal.

« Encore une fois, je le répète, le va-et-vient autour de la table de négociations, je ne veux pas en parler. Ça reste confidentiel. La loi sur les langues officielles n’est pas à vendre, notre langue non plus », a poursuivi celui qui est aussi ministre responsable des Langues officielles.

« Puis il y en a qui comprennent le français dans leur administration, donc ils vont comprendre : ‘‘Non merci’’», a-t-il ajouté, faisant possiblement référence au représentant américain du Commerce, Jamieson Greer, qui maîtrise le français.

M. Miller était dans la métropole québécoise pour annoncer un soutien financier au Théâtre Jean-Duceppe pour la modernisation de ses installations.

Plus tôt lundi, à Lévis, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a indiqué que les États-Unis avaient fait pression sur le Canada pour qu’il revienne sur sa position sur des règles entourant la visibilité du contenu francophone et québécois sur les services de diffusion en ligne, comme Netflix.

Il a ajouté que l’étiquetage en français exigé par les lois québécoises figurait également sur la liste des points de friction avec les États-Unis.

En entrevue sur la chaîne américaine CNBC lundi, M. Greer a déclaré que la langue française n’était pas au cœur des négociations commerciales. Il a précisé que l’enjeu résidait dans l’obligation envers les entreprises américaines de diffusion en ligne de verser des contributions financières en faveur du contenu canadien.

Depuis son arrivée au pouvoir, M. Carney a reculé sur deux mesures phares concernant les plateformes en ligne dans le contexte des négociations commerciales avec Washington. À l’été 2025, il a annulé la taxe de 3 % sur les revenus des grandes entreprises technologiques étrangères, telles que Google, Amazon, Meta.

Plus tôt cette année, le gouvernement libéral a fait connaître son intention d’abandonner les contributions financières que souhaitait imposer le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes aux entreprises étrangères de diffusion en ligne pour la production de contenus canadiens et québécois.

Ottawa s’est plutôt engagé à remplacer ce financement par une enveloppe annuelle de 600 millions $.

M. Miller a refusé de dire si son gouvernement envisageait de rétablir ces mesures, comme le réclame le Bloc québécois, alors que M. Carney a promis une riposte canadienne aux nouveaux droits de douane américains.

« La réponse va être rationnelle vis-à-vis un gouvernement irrationnel. (Ça) va être mesuré et pondéré », a-t-il indiqué.

Son confrère Joël Lightbound, ministre fédéral des Services publics et de l’Approvisionnement, a mentionné pour sa part que le retour de la taxe sur les services numériques n’est « pour l’instant » pas sur la table.