Les enfants accros au sucre : le grignotage les plonge dans le cercle vicieux
Gaufre, chocolat, biscuit, glace, chips… Ces encas font la joie des enfants pourtant ça ne fait que l'entraîner dans un spiral sans fin du grignotage, avertit Nicolas Guggenbühl, diététicien nutritionniste et professeur à la Haute École Léonard de Vinci à Bruxelles. "L'enfant se gave et n'a plus faim à midi mais, deux heures plus tard, il a de nouveau envie de sucre. C'est un cercle vicieux car le cerveau apprend très vite à anticiper la satisfaction que procure la consommation de sucre."
Or, selon la dernière enquête du groupe Bel (Babybel, Boursin, Vache qui rit), 70 % d'entre eux grignotent au moins une fois par jour, et plus d'un Belge sur trois plus d'une fois par jour. Le sucré domine largement le salé (plus de 9 en-cas sur 10 contre 6 sur 10 pour le salé). Selon l'Enquête de Sciensano, la consommation quotidienne de collations sucrées ou salées est passée de 38,3 % en 2018 à 46,8 % en 2023-2024. Les enfants de 0 à 14 ans sont les plus concernés (60,2 %).
Comment se débarrasser du sucre en douceur grâce aux conseils d'une nutritionniste ?"À partir de 3 ans, l'enfant peut se contenter de quatre repas (le matin, le midi, au goûter et le soir). Il n'a plus besoin de collation le matin", indique Nicolas Guggenbühl. "On confond envie et besoin. Le problème c'est qu'on est tout le temps sollicité, la nourriture est omniprésente."
Si le cerveau a besoin de glucose pour fonctionner, l'excès de sucre est mauvais. "Le cerveau est fait pour détecter les calories sauf qu'on en a trop. Il est équipé pour faire face au manque et non à l'excès", pointe le nutritionniste.
Non seulement le "mauvais" grignotage empiète sur les repas principaux mais en plus cela augmente le risque de caries dentaires et de prise de poids. "Un enfant obèse perd 13 ans de vie sans maladie", pointe le diététicien nutritionniste qui plaide pour une éducation alimentaire beaucoup plus développée à l'école.
Plutôt que d'interdire le grignotage, il conseille d'opter pour des fruits, des produits céréaliers complets, des fruits à coque (20-30 g/jour) et des produits laitiers (250 à 500 g/jour). "86 % des ados n'atteignent pas la consommation recommandée en produits laitiers. Il faut occuper le terrain et mettre en avant les aliments utiles sur le plan nutritionnel."
Faut-il craquer pour la tendance du mois sans sucre ? "Les effets sont spectaculaires"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.