Les avocats de Christa Pike porte plainte après le fiasco de son exécution : "Le plus grand châtiment de toute l'histoire de la peine de mort"
L'état de la quinquagénaire, qui a survécu à deux injections censées être létales, était toujours critique vendredi. Le personnel hospitalier tentait d'extraire de son organisme le pentobarbital (un type de somnifère) qui lui a été administré.
Dans la plainte introduite, son avocat Luke Ihnen souligne que les médecins "se sont efforcés de sauver la vie de Mme Pike" depuis son arrivée à l'hôpital, précisant que les bras de la condamnée étaient "enflés, brûlés et couverts de cloques". Son confrère Randy Spivey a ajouté avoir dénombré "au moins sept aiguilles rien que dans le bras gauche" de Christa Pike. Les avocats précisent dans le document que des experts consultés par la défense ont comparé le pentobarbital à de l'eau de Javel.
Affaire Christa Pike : le médecin de son exécution ratée déjà impliqué dans un précédent fiasco"Après avoir subi plus de 20 ans de détention à l'isolement et une tentative complète de la tuer par injection létale, Christa est la personne qui a subi le plus grand châtiment de toute l'histoire de la peine de mort aux États-Unis", avait fait valoir Randy Spivey jeudi.
Peu avant l'exécution de la quinquagénaire, sa défense avait encore appelé, sans succès, la justice à commuer sa peine en prison à vie. La Cour suprême américaine avait cependant autorisé mercredi cette exécution, après sa suspension par une cour d'appel fédérale. Cette dernière demandait plus de temps pour se pencher sur les traumatismes et violences, en particulier sexuelles, subies par Christa Pike dans son enfance. L'Américaine de 50 ans a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre de Colleen Slemmer (19 ans), commis en 1995. Elle était elle-même âgée de 18 ans au moment des faits.
La réaction inattendue de Donald Trump à propos de l'exécution ratée de Christa PikeMercredi soir, après les deux doses prévues par le protocole de mise à mort, la condamnée était toujours vivante, bien que dans un état grave. Un de ses avocats a affirmé l'avoir encore entendue parler après la première injection, tandis que d'autres témoins de l'exécution ont raconté l'avoir entendue haleter encore longtemps.
Christa Pike devait devenir la première femme mise à mort par l'État du Tennessee depuis plus de deux siècles. Aux États-Unis, seules 18 femmes ont été exécutées depuis 1976, selon le Death Penalty Information Center.
La mère de Colleen Slemmer a déclaré à un média local que "l'État lui devait des excuses sincères" après l'échec de l'exécution, à laquelle elle a assisté. May Martinez, qui vit désormais en Floride et a lancé une collecte de fonds pour financer son voyage dans le Tennessee et assister à la mise à mort de Christa Pike, a déclaré à la chaîne de télévision WJXX: "Tout ce que je voulais, c'était que justice soit faite".
"C'est sans précédent": une enquête ouverte après l'échec retentissant de l'exécution ratée de Christa Pike, voici ce qu'il s'est passé