"Les annonces du Premier ministre nous font peur": des éleveurs de ruminants redoutent un surcoût de 5 milliards d'euros à cause de la sécheresse et demandent des aides immédiates
"Les annonces du Premier ministre nous font peur": des éleveurs de ruminants redoutent un surcoût de 5 milliards d'euros à cause de la sécheresse et demandent des aides immédiates
Publié aujourd'hui à 19h04
Lire dans l'appLa Fédération nationale bovine et son équivalent pour les ovins préviennent que le manque de fourrages lié à la sécheresse de l'été risque de provoquer une réduction du cheptel français. Ils espèrent le déblocage rapide de plusieurs milliards d'euros, sans attendre le prochain budget.
Les éleveurs de vaches et ovins, qui estiment à plus de 5 milliards d'euros le surcoût lié au manque de fourrage provoqué par la sécheresse, en ont appelé mardi à l'État et aux opérateurs du secteur, mettant en garde contre une nouvelle réduction du cheptel français.
"On n'a jamais vu une situation d'une telle ampleur" sur tout le territoire, "et les quelques orages des derniers jours ne permettent pas de faire décoller la végétation", a souligné devant la presse Patrick Benezit, le président de la Fédération nationale bovine (FNB, association spécialisée de la FNSEA), qui déplore n'avoir eu aucun retour du ministère de l'Agriculture, saisi dès juillet.
"Aujourd'hui la question est de pouvoir acheter du fourrage voire de conserver les animaux. Nous tirons la sonnette d'alarme, car on veut éviter une décapitalisation" (réduction du cheptel, NDLR), a-t-il dit, rappelant que la France a perdu 1,3 million de vaches et un million d'ovins en dix ans.
Des échanges de fourrages départementaux ont eu lieu mais la sécheresse au niveau national est telle que les éleveurs se posent la question d'importer du foin plus cher, ou d'envoyer les animaux à l'abattoir.
Un plan annoncé jeudi
Alors que le gouvernement a promis un plan d'urgence pour jeudi, les fédérations d'élevage de ruminants espèrent trois milliards d'euros pour faire face au manque d'herbe, mais aussi de luzerne, pulpe de betterave, maïs...
Une partie pourrait venir de l'Indemnité de solidarité nationale, abondée partiellement par les éleveurs eux-mêmes via leurs cotisations d'assurances, notent-ils.
"Les annonces du Premier ministre ce week-end nous font peur, parce qu'on a l'impression qu'on va mettre quelques miettes à l'automne et qu'on va tout miser sur un budget 2027. Les éleveurs ne peuvent pas attendre!", a dit Yohann Barbe, président de la Fédération des producteurs de lait (FNPL, également association spécialisée de la FNSEA).
Ils appellent en outre le gouvernement, pour l'instant en vain, à compléter par des enquêtes de terrain les données satellitaires sur la pousse des prairies, utilisées pour fixer les indemnités d'assurance mais jugées inopérantes.

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Quant au reste du surcoût, ils en appellent aux distributeurs, transformateurs... qui depuis le début de l'année achètent à prix réduits et "n'ont fait aucun effort jusqu'à l'heure", a dit M. Barbe. "Aujourd'hui la première question que l'éleveur va se poser, en mettant en parallèle les matières premières qui fluctuent et la baisse du prix de certaines viandes, c'est: 'est-ce que j'approvisionne en fourrage ou est-ce que je décapitalise'?", a décrit Emmanuel Fontaine, administrateur de la Fédération nationale ovine (FNO).
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