Les allocations familiales, une aide à préserver: "Chacun doit faire des efforts mais les parents en font déjà beaucoup"
"Les allocations familiales ne sont pas un luxe ni un business plan pour les familles", défend Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue des Familles. "C'est le seul soutien inconditionnel et automatique sur lequel peuvent compter les familles en fonction de la trajectoire de l'enfant. Même si les montants restent modestes, ils sont nécessaires pour que les parents puissent faire face aux dépenses liées à l'éducation des enfants et qui augmentent."
Sondage
Qui pour sauver ces aides et défendre les familles ? Ces questions taraudent la Ligue et le sondage mené auprès des partis de la majorité en Wallonie et à Bruxelles accentue les inquiétudes. "On sent que le vent tourne or aucun parti francophone n'avait indiqué dans son programme qu'ils allaient touché aux allocations", pointe Madeleine Guyot.
Prime de rentrée et allocations familiales : "Les parents vont se retrouver avec une rentrée explosive, il est hors de question de toucher aux aides"Yvan Verougstraete, président des Engagés, n'a pas souhaité répondre aux questions de la Ligue et a rappelé qu'un groupe d'experts évalue le modèle wallon des prestations familiales et des frais de gestion du système.
Du côté du MR, le président Georges-Louis Bouchez indique avoir "une vision globale" et invite la Ligue à en discuter en septembre.
À Bruxelles, seuls le PS et le CD & V affirment très clairement se battre pour préserver le montant des allocations et le maintien de l'indexation sous cette législature.
Anders plaide pour "une modulation des allocations familiales en fonction des revenus, avec un montant dégressif pour les ménages disposant de revenus plus élevés". Comme Vooruit et Groen, le parti ne peut pas garantir le maintient de l'indexation automatique.
Pas touche aux allocations familiales, clament PS, Ecolo et PTB : "Le MR et les Engagés veulent maintenant s'attaquer aux enfants"D'ailleurs, Vooruit et Groen n'excluent pas de suivre l'exemple de la Flandre qui a limité la prime de rentrée aux familles les plus précarisées.
"On entend beaucoup que chacun doit faire des efforts mais les parents en font déjà beaucoup. Ils doivent payer des fournitures scolaires alors que la gratuité doit être effective jusqu'à la fin des secondaires. Il y a plein d'endroits où les parents payent trop", commente Madeleine Guyot qui rappelle que des familles nombreuses sont aussi des familles recomposées.
"Pas anti-famille mais…"
Si les allocations familiales ont été réformées pour "sortir de sa logique nataliste", elles n'ont jamais été remises en question comme c'est le cas en ce moment, s'alarme Madeleine Guyot.
La Ligue est bien consciente de la situation budgétaire compliquée à tous les niveaux de pouvoir mais elle constate que des investissements sont toutefois effectués. "C'est un choix politique que de faire porter les efforts budgétaires sur les familles", argue la directrice générale. "Ce ne sont pas des gouvernements anti-familles mais les enjeux auxquels sont confrontées les familles (l'argent et l'équilibre vie professionnelle et vie privée) ne sont pas considérés. Ce sont des impensés. La direction des politiques est davantage ciblée sur les économies budgétaires et il faut que tout le monde paie. Sauf que les familles paient le prix fort à tous les niveaux par effet boule de neige avec une accentuation des difficultés qui existaient déjà."
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