Léon Jamart, âgé de 73 ans est décédé : c'était un personnage insolite connu de tous à Wanze, Huy ou Liège
Cela fait déjà plusieurs années qu'on ne le voyait plus à Huy. Léon Jamart, originaire d'Antheit, est décédé à l'âge de 73 ans dans une institution à Liège. Nombreux sont ceux qui ont déjà croisé la route de ce personnage haut en couleur. Aussi, sa disparition suscite chez beaucoup une attendrissante émotion.

Reconnaissable à sa petite silhouette, Léon se déplaçait rapidement en trimbalant plusieurs sacs. Bizarrement attifé en kilt ou en robe, c'était un original attendrissant, mais parfois aussi agaçant quand on s'engageait dans une conversation avec lui et qu'on ne savait plus l'arrêter. À la rédaction de l'Avenir Huy-Waremme, tout un temps, il passait régulièrement demander "ses" articles, en revenant du marché hebdomadaire avant d'aller reprendre son train vers Liège. Passant d'un sujet à l'autre, il se lançait alors dans des monologues interminables sur tout et sur rien.
Les légendes autour de Léon
Tout le monde connaissait Léon car il ne passait pas inaperçu, mais, au fond, rares étaient ceux qui connaissaient vraiment son histoire. Il est vrai qu'autour de lui circulaient de nombreuses légendes que laissait courir l'énergumène : "Il s'habillait en femme en souvenir de sa compagne décédée". Ou encore : "C'est parce que sa maman a toujours voulu avoir une fille…" Ou bien : "Il était riche mais vivait dans la précarité…"

Exagération, fond de vérité ? Ce n'est pas toujours simple de démêler le vrai du faux, tant la personnalité de Léon était complexe. "C'était un type malheureux, note Thierry Delgaudinne, notre ancien collègue qui a suivi Léon durant plusieurs années et en a même fait une pièce de théâtre en 2023. Enfant, il a été placé chez les sourds-muets. Il n'a jamais eu de femme ou de compagne. Il s'habillait comme ça, simplement parce qu'il aimait bien… Il collectionnait de nombreux disques vinyles qu'il stockait dans un garage." Mais c'était aussi un collectionneur de tout et n'importe quoi qu'il trimbalait avec lui dans ses sacs.
À Liège depuis 2020
Longtemps, Léon a vécu dans la région, passant régulièrement d'une maison à une autre, dépendant d'un CPAS puis d'un autre, pris en charge par des ASBL, des institutions… "Il a habité tout un temps rue du Joli Fonds à Antheit. Puis au Mont Falise à Huy et ensuite dans une maison à Moha, détaille Thierry Delgaudinne. Tout un temps, il a aussi été hébergé à la caserne Saint-Laurent à Liège…" Et entre les coups, Léon se débrouillait, dormant parfois dans un abribus ou en étant hébergé dans l'une ou l'autre famille. On se souvient en 2015 de l'appel lancé par l'ASBL Une Main Tendue pour lui trouver un toit, alors qu'il était malade. Appel qui avait suscité un bel élan de solidarité. Léon avait alors été hébergé à Xhoris, puis à Seraing puis à Trooz, passant rapidement d'un lieu à l'autre car, à chaque fois, les expériences tournaient court en raison du caractère de Léon qui devenait vite ingérable.

Depuis 2020, l'homme vivait dans une institution psychiatrique à Juprelle. "Il était à Paifve, à l'établissement de défense sociale, note Thierry Delgaudinne. Il avait été interné pour le protéger de lui-même."
Selon l'info largement relayée par les réseaux sociaux, c'est dans une maison de repos à Liège que Léon a définitivement déposé ses bagages il y a peu. Mais un peu comme à l'image de Léon et de sa pensée perturbée, là aussi tout semble flou et l'information n'a pu nous être confirmée.
Léon, star des Septennales
Chaque personne qui a croisé Léon garde de lui une anecdote ou une image. Pour nous, c'est celle de sa "prestation" aux Septennales de 2012. Nous sommes sur le trottoir de la rue Entre Deux Portes, où la foule s'est massée en attendant de voir passer le cortège historique. Passant outre les barrières Nadar, Léon surgit alors au milieu de la rue déserte. Dans le public quelqu'un s'écrie "C'est Léon !". Tous les regards se tournent alors vers le petit Léon qui est applaudi. On voit alors un sourire et une fierté illuminer son visage. Un petit moment de bonheur dans une vie de galère.
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