Léandro Rousseau, nouveau visage offensif de la RAAL, raconte son parcours : "Je rêve de Champions League, mais étape pas étape"
À peine arrivé à La Louvière, Léandro Rousseau a déjà fait ses débuts avec les Loups pour ses toutes premières minutes en D1A, à 23 ans. Le Montois manque pourtant encore de rythme, n'ayant pas du tout fait de préparation avec le Patro Maasmechelen en vue d'un transfert. C'est dire l'importance qu'il a aux yeux d'Edward Still qu'il connaissait déjà du temps de Charleroi U23.
Trois ans depuis son départ du Sporting, le jeune homme a bien grandi et a repris son envol vers le haut. Vendredi, si les chances sont minces qu'il débute, il se souviendra de cette ambiance à Sclessin qu'il avait connue gamin comme ramasseur de balle du club liégeois.

Ses débuts en D1A
Avec lui, le secteur offensif de La Louvière a pris une petite dose de buts. Il a fait partie des meilleurs réalisateurs de D1B (17), mais il refuse tout pronostic sur cette saison. "J'ai fait une belle saison oui, mais le foot reste un sport d'équipe. Je ne peux pas mettre mes stats en avant, souffle-t-il. D'ailleurs, j'aurai préféré qu'on aille plus loin en playoffs en D1B. Si maintenant, on me demande de choisir entre la RAAL sur le podium ou des goals, mon choix sera vite fait. Je signe directement pour le club."
La RAAL attire Léandro Rousseau, l'un des buteurs de D1B: il avait pourtant de l'intérêt étranger mais Edward Still le voulaitDepuis son arrivée à La Louvière, il a surtout vu le step qu'il reste encore à franchir, et pas seulement le cardio ou le physique. "En un quart d'heure, j'ai pu voir que le jeu va plus vite, l'intensité est plus grande. Ça joue plus en une ou deux touches, ça s'accélère plus vite pour déstabiliser l'organisation adverse."
Le "régional" à La Louvière
Durant tout son parcours, Rousseau a réalisé un petit périple wallon avec à chaque fois une formation élite : Standard, Mons (avant la faillite), Tubize et Charleroi. La Louvière lui permet de compléter sa panoplie en se rapprochant surtout de la maison, sa compagne enceinte (qui accouchera au Tivoli voisin de l'Easi Arena) étant restée dans le Hainaut la saison dernière. Même s'il est originaire de la région voisine, sa présence apporte un sentiment local aux supporters.
"Je crois que les supporters sont contents, sourit-il. J'ai souvent l'impression qu'on fait peu confiance aux jeunes Belges alors qu'il y a de la qualité et du talent. Après, il faut continuer à travailler."
De la D2 ACFF à la D1A en trois ans
guillementÀ Charleroi, je manquais de maturité pour espérer percer.
S'il a toujours connu l'élite, sa carrière a toutefois pris une tournure amateur. Car il y a trois ans en quittant les U23 de Charleroi où il évoluait en N1, le Montois prenait la direction de la 4e division et le RAEC Mons en D2 ACFF. Une décision forte, assumée et une étape qu'il a surtout utilisée comme tremplin.
"J'avais fait la préparation avec les A à Charleroi. Je sentais qu'aux entraînements, je pouvais suivre, mais j'ai pris conscience que pour les matchs, je n'étais pas prêt, raconte le joueur. On a estimé qu'il fallait que je joue contre des hommes si je voulais progresser. Le choix a donc été de descendre mais on savait aussi qu'il fallait vite remonter. J'ai gravi les échelons (NdlR : Olympic en D1 ACFF et Patro en D1B) petit à petit pour y arriver. Évidemment, au début, je me demandais si j'allais y arriver. Au final, c'était le bon choix. J'ai pris en maturité. Quand j'ai retrouvé d'anciens équipiers ici (NdlR : Boukamir et Benaets), ils m'ont d'ailleurs fait la réflexion. Je me suis développé physiquement, je suis mieux. Ces étapes en amateurs m'ont fait grandir parce que j'ai côtoyé des gars plus expérimentés au quotidien. Ensuite, partir dans le Limbourg m'a surtout permis de me développer en tant qu'homme car je quittais le cocon familial et surtout j'arrivais dans un environnement plus structuré que le précédent. D'ailleurs quand je suis arrivé il y a un an, j'ai pris une vraie claque avec ce côté professionnel."
Blessure, sur le départ, bourdes : le début de saison de Peano n'est pas aussi serein qu'espéré à la RAAL : "J'ai toujours l'envie de bien faire"Son rapport à Stijnen
guillementStijnen est mon papa adoptif.
Au Patro, en plus d'arriver dans un club flamand et de devoir apprendre une autre langue, il a surtout fait la connaissance de Stijn Stijnen. Un coach qui ne laisse personne indifférent. "C'est mon papa adoptif, sourit l'attaquant. Il m'a directement pris sous son aile. Les gens ne connaissent pas le vrai visage de Stijn en fait. C'est un compétiteur et, effectivement, il le montre plus que les autres. Il peut devenir fou sur un terrain mais en dehors, ce gars est une crème. Parfois, je me trouvais tranquille à la maison, il m'invitait à aller manger parce que je ne faisais rien le soir. Il veut apprendre à connaître ses joueurs, prend des nouvelles des familles. Il aimait rassembler les joueurs en dehors du club. Ce sont des moments qui créent aussi une équipe. Bon, il m'avait promis un paquet de frites si je marquais beaucoup de buts. J'attends toujours (rires)."

Un destin à la Bertaccini ?
Son unique saison en Challenger Pro League a en tout cas été une réussite : 17 buts marqués et un seul match manqué sur toute la saison. De quoi susciter de l'intérêt cet été. "Stijn m'avait prévenu quand je suis arrivé : 'tu ne feras qu'un an chez nous'", se souvient l'attaquant montois.
Il n'est pas le seul attaquant wallon à avoir connu pareille trajectoire. Adriano Bertaccini est l'exemple le plus récent (de Thes à Anderlecht en passant par Liège et Saint-Trond). De quoi suivre les traces de celui qui a aussi été formé à Charleroi ? "On fonctionne étape par étape. D'abord, je dois être physiquement prêt à jouer et prendre des minutes. On verra par la suite, calme tout de suite Rousseau. Évidemment, je rêve de jouer la Champions League, d'aller dans les plus grands clubs du monde, je ne me fixe pas de limite. Je dois toutefois rester conscient que je dois aussi rattraper mon retard avant de regarder plus loin."
Qui est vraiment Adriano Bertaccini ? Sa femme nous dit tout sur l'attaquant d'Anderlecht : "C'est un timide, loin du showman qu'il est au foot"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.