Le trésor du roi Charles Ier retrouvé ?
C'est dans le Firth Of Forth, estuaire sur la côte Est de l'Ecosse, qu'a sombré le navire transportant le trésor royal.
© AFP or licensors / AFP
Stéphane Bern 22/08/2026 à 07:39, Mis à jour le 22/08/2026 à 07:39
CÔTÉ-COURS - En 1633, le trésor de Charles 1er d'Angleterre avait sombré avec le navire qui le transportait. Il a peut-être enfin été localisé...
On connait dans l’Histoire le roi Charles Ier d’Angleterre (1600-1649) pour son exécution le 30 janvier 1649 à l’issue de la première révolution anglaise mais on sait moins que le petit-fils de Marie Stuart était un grand collectionneur d’art qui ne cessa de vouloir rivaliser avec les collections des souverains Habsbourg, avec l'aide d'Henriette-Marie de France, sœur de notre roi Louis XIII, qu'il épouse en 1625. Alors qu’il revient de son couronnement comme roi d’Ecosse le 18 juin 1633 en l’abbaye de Holyrood à bord du navire Dreadnought, le bateau transportant le trésor royal, le Blessing of Burntisland a chaviré et sombré dans les flots lors d'une tempête alors qu'il traversait le Firth of Forth, reliant Fife à Leith.
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Seuls deux des trente-cinq passagers et membres d'équipage ont survécu, et sa cargaison royale était présumée perdue à jamais. Cette barge de d’environ 18 mètres transportait les biens de Charles Ier vers Édimbourg après son accession au trône. Le roi assista au naufrage depuis son propre navire, le Dreadnought. Bouleversé par la catastrophe, il fit arrêter et exécuter 19 personnes soupçonnées de sorcellerie dans le Lancashire, les accusant d'avoir déchaîné la tempête qui avait fait sombrer l'embarcation. Toutefois, il est probable que le navire ait en réalité coulé parce qu'il était surchargé de trésors. L’épave du navire en bois aurait été localisée à quelques miles d’Édimbourg par une équipe de chercheurs mais des analyses supplémentaires doivent encore être menées afin de confirmer son identification.
Un trésor de plusieurs centaines de millions» d’euros
Après trois décennies de recherches, le mystère entourant l’épave d’un navire chargé d’une partie de la fortune du roi Charles Ier pourrait donc enfin être résolu. Le navire transportait notamment des bijoux, des vêtements, des pièces de monnaie et de la vaisselle royale : un service de table de deux-cent-quatre-vingt pièces en or et en argent commandé par Henri VIII ferait notamment partie du trésor. Selon « Burntisland Heritage », la cargaison avait été évaluée à l’époque à 100.000 livres, une somme qui représenterait aujourd’hui «plusieurs centaines de millions» d’euros. Au total, près de cinq tonnes d’or et d’argent seraient susceptibles de se trouver sur le site. Les recherches se sont révélées particulièrement difficiles en raison de la profondeur, de la faible visibilité et des importantes quantités de sédiments qui recouvrent le fond du Firth of Forth.
Les membres de « Burntisland Heritage » affirment avoir combiné des technologies de détection sous-marine, des techniques de balayage avancées et des explorations sur place. Des morceaux de bois ont également été récupérés. Les experts du projet « Charles Wrex » ont indiqué que des vérifications supplémentaires seraient nécessaires pour confirmer si les débris proviennent bien du Blessing ou de l'une des 500 autres épaves gisant au fond du Firth of Forth. À ce stade, ont-ils précisé, les éléments recueillis sont insuffisants pour affirmer que l'épave a été retrouvée.
Des analyses supplémentaires doivent donc encore confirmer qu’il s’agit bien du Blessing of Burntisland
L'espoir avait d'abord été suscité par un rapport patrimonial affirmant que l'épave du Blessing of Burntisland avait été « localisée » et que des opérations de récupération d'artefacts étaient « imminentes ». Le groupe à l'origine du projet, Burntisland Heritage, « pense que l'épave a été découverte sous les sédiments de l'estuaire », selon le rapport. Toutefois, l'enthousiasme est retombé après les déclarations d'Ian Archibald, directeur du projet Charles Wrex et responsable de « Burntisland Heritage », au journal « The Telegraph » : « Nous avons peut-être trouvé le site d'une épave historique, mais nous ne l'avons pas encore identifiée. » Il a ajouté : « Des travaux approfondis et détaillés devront être menés pour déterminer ce qui s'y trouve — si tant est qu'il y ait quelque chose. Nous avons récupéré un échantillon de bois. Mais nous ignorons pour l'instant de quel navire il provient, voire même s'il provient bien d'un navire. L'étape suivante consistera en une datation au carbone, mais celle-ci n'a pas encore été réalisée ».
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Des analyses supplémentaires doivent donc encore confirmer qu’il s’agit bien du Blessing of Burntisland. Un échantillon de bois a déjà été transmis au Receiver of Wreck, l’organisme britannique chargé notamment des épaves et objets retrouvés en mer. Les restrictions qui empêchaient jusqu’ici les plongées approfondies ont par ailleurs été levées, ouvrant la voie à de nouvelles explorations et, potentiellement, à la récupération d’objets. La propriété de l’épave revient officiellement à la Couronne britannique. « Burntisland Heritage » pourrait toutefois obtenir le statut de «salvor in possession» (sauveteur-détenteur), lui permettant notamment d’assurer sa protection. En cas de confirmation de la découverte et de récupération d’objets, un projet de musée à Burntisland pourrait enfin permettre au public de découvrir les vestiges de ce navire royal disparu depuis près de quatre siècles. Reste à éviter que les pilleurs d’épaves ne se précipitent vers l’estuaire de Forth en Écosse. En attendant la bonne pêche du trésor par le « Burntisland Heritage », les touristes peuvent toujours visiter sur le port d’Édimbourg l’ancien yacht royal d’Elizabeth II, le Britannia !
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