Le trafic aérien français cale toujours

Le trafic commercial de passagers en France a marqué le pas en août, avec une baisse de 1% sur un an. Il s’agit néanmoins du deuxième meilleur mois d’août jamais enregistré, derrière août 2025. Sur les huit premiers mois, le trafic atteint 123,5 millions de passagers, soit 0,5% de moins qu’en 2025, mais encore 1% au-dessus de 2019, selon le dernier indicateur tendanCiel de la DGAC.
Le contraste est particulièrement net entre marchés intérieur et international. Le trafic intérieur progresse de 1,4% en août, porté par les liaisons métropolitaines (+2,6%) et celles entre la métropole et les Outre-mer (+2,1%). Cette reprise ne suffit toutefois pas à effacer le retard accumulé : sur huit mois, le domestique reste stable par rapport à 2025 (-0,5%) et affiche encore un déficit de 21% par rapport à 2019.
Les statistiques mensuelles de la DGAC démontrent une véritable cassure à partir du printemps – et donc de la nouvelle guerre dans le Golfe. Le premier trimestre avait enregistré une progression de 2,0% en janvier, une stagnation en février (-0,3%) et une nouvelle hausse de 1,4% en mars.
Le retournement intervient en avril, avec une baisse de 3,2%, suivie de -1,3% en mai et de -1,9% en juin. Le trafic a ensuite rebondi de 1,4% en juillet avec l’arrivée des vacances avant de reculer à nouveau de 1% en août.
L’international sous pression
C’est le trafic international qui montre les principaux signes de faiblesse. Le décrochage est évident à partir du deuxième trimestre. La DGAC estime par exemple que les aéroports français ont perdu un million de passagers sur un an, soit -1,9%, principalement en raison du conflit au Proche et Moyen-Orient.
Dès mars, la crise avait réduit l’offre française vers le Proche et le Moyen-Orient d’environ 200.000 sièges, soit près de 160.000 passagers. Ce mois d’août, le trafic sur cette partie du monde s’affichait en recul de près de 9% par rapport à 2025 !
La DGAC souligne surtout l’effet de ricochet sur la connectivité avec l’Asie-Pacifique, une partie importante de ces passagers transitant habituellement par les hubs du Moyen-Orient. Les chiffres le démontrent. Depuis le début de l’année, le trafic passagers sur l’Asie Pacifique affiche un recul de 7,9% – dont une baisse de 5,1% pour le seul mois d’août.
Les flux de passagers sur les Etats-Unis ne sont guère plus encourageants. Malgré le lancement de nouveaux vols, l’effet repoussoir Trump joue à plein sur la demande loisirs française : -3,6% sur les huit premiers mois et même -7,3% en août. L’Afrique fait néanmoins exception. La hausse du nombre de passagers a été de 1,1% durant août et de 3,3% depuis le début de l’année. En cumulé, l’international a généré 105,3 millions de passagers, en baisse de 0,5% sur 2025, mais toujours 6,1% au-dessus de 2019.
L’Europe montre également des signes d’essoufflement toujours plus visibles : le nombre de passagers vers l’UE a baissé de 2,1% en août et de 0,6% depuis le début de l’année.
La faiblesse du trafic vient principalement des plateformes parisiennes, où l’international baisse de 3,5%, alors que les autres aéroports français affichent au contraire une progression de 1,2%. Orly a perdu 7,4% de passagers par rapport à août 2025 et Roissy CDG 1,1%. Depuis le début de l’année, les deux plateformes affichent une stagnation de leur trafic passagers.
Sur les huit premiers mois de l’année, Bâle Mulhouse a perdu le plus grand nombre de passagers, en berne de près de 11% – mais en raison de la fermeture d’une piste qui a réduit drastiquement le trafic durant un mois, entre avril et mai. Beauvais a connu également une chute de sa fréquentation de 5,6% due essentiellement à la réduction des fréquences de Ryanair. Lyon perd également des passagers avec une baisse de 1,3%.
Néanmoins, sur huit mois, Nice (+3,7%), Toulouse (+1,9%) et Bordeaux (+7,7%) sont en hausse, tandis que Marseille affiche une progression très faible, de 0,8%.