Le tableau de l'US Open plus ouvert que jamais ? Derrière les inconnues Alcaraz et Djokovic, il y a une meute d'outsiders
Il y a quelques mois encore, le tennis masculin semblait avoir trouvé ses certitudes. Jannik Sinner et Carlos Alcaraz se partageaient et se partageraient les sommets pour de nombreuses années, tandis que Novak Djokovic, malgré le poids des années, continuerait de s'inviter dans les grands rendez-vous. À l'approche de l'US Open, le décor change. l'Italien, touché au genou, ne sera pas à New York, l'Espagnol revient après plus de quatre mois d'arrêt à cause d'une blessure au poignet et le Serbe de 39 ans compose avec les limites de son corps. Le dernier Grand Chelem de la saison s'annonce indécis.
Le premier paradoxe se nomme Novak Djokovic. L'ancien roi du circuit demeure une référence. Vingt-quatre titres du Grand Chelem et quatre sacres à Flushing Meadows : Nole possède, sur papier, toutes les armes pour viser un 25e Majeur. Sa saison plaide d'ailleurs pour lui. Finaliste à l'Australian Open, où il avait éliminé Sinner, et dernier carré à Wimbledon. Le Djoker a encore prouvé qu'il pouvait tenir la distance dans les plus grands tournois. À Melbourne, il assurait avoir "toujours eu la confiance et la vision pour gagner un Grand Chelem".
Chaleur et humidité, les ennemis du GOAT
Mais cette certitude a une faille : le physique. À Cincinnati, Djokovic a été fortement gêné par la chaleur et l'humidité lors de sa défaite contre Thiago Agustin Tirante. "C'est simplement un problème de santé que j'ai. Cela me gêne depuis quelques années", a-t-il reconnu. À New York, la question sera donc autant de savoir s'il peut battre les meilleurs que s'il peut enchaîner sept matchs au meilleur des cinq sets. Son expérience est intacte. Son endurance est devenue le véritable facteur X.

Face à lui, Carlos Alcaraz présente le paradoxe inverse. Le tenant du titre est un favori naturel. Il a remporté l'Australian Open en janvier, complété le Grand Chelem en carrière à seulement 23 ans et affiche un bilan de 24 victoires pour trois défaites à New York. Mais depuis une blessure au poignet droit contractée à Barcelone en avril, l'Espagnol n'a plus disputé de rencontre officielle en simple. Il a notamment manqué Roland-Garros et Wimbledon, avant de choisir de reprendre directement à Flushing Meadows sans passer par Montréal et Cincinnati.
Les adieux de David Goffin se feront à...Alcaraz : quelles sensations ?
"Estoy de vuelta. Here we go", avait-il lancé en annonçant son retour sur les réseaux. Mais quel Alcaraz va-t-on retrouver ? Celui qui avait remporté l'US Open 2025 ou un champion encore en quête de sensations ? C'est précisément ce qui transforme ce grand talent en énigme du tournoi. L'Espagnol a retrouvé l'entraînement, à son rythme, sans aucune précipitation, de peur de connaître une rechute, mais rien ne remplace la vérité d'un match après plus de quatre mois d'absence.
guillementBen Shelton a tout pour s'imposer."
Si ces interrogations prennent autant de place, c'est aussi parce que le troisième tout puissant ne sera pas là. Jannik Sinner, numéro 1 mondial et vainqueur de Wimbledon, a déclaré forfait en raison d'une blessure au genou droit. Qui pourra en profiter si ce n'est pas nos deux facteurs X, Djokovic et Alcaraz ?
Le premier s'appelle Alexander Zverev. L'Allemand, tête de série numéro 1, arrive avec un argument de poids et un déclic psychologique : il a remporté Roland-Garros en juin, son premier titre du Grand Chelem. Mais son été américain a été moins convaincant : premier tour à Montréal et troisième à Cincinnati. L'absence de Sinner lui offre une occasion, pas une garantie.
Derrière, la meute est dense. Ben Shelton, meilleur Américain au classement, a retrouvé de la confiance en défendant son titre à Toronto sans perdre un set. Demi-finaliste à New York en 2023, il dispose du service pour faire basculer un tableau. Andy Roddick, dernier vainqueur US à New York, voit en lui un candidat sérieux : "Il a tout pour s'imposer."
23 ans après Andy Roddick, un Américain remportera-t-il l'US Open ? "Ben Shelton est celui qui a les meilleures chances"Taylor Fritz, finaliste en 2024, rêve lui aussi de profiter du soutien du public américain. Arthur Fils arrive lancé après son premier sacre en Masters 1 000 à Cincinnati. Rafael Jodar complète la liste des menaces : à 19 ans, l'Espagnol s'est installé parmi les révélations de la saison.
Voilà peut-être la particularité de cet US Open. Djokovic possède les certitudes du palmarès, mais doit négocier avec le temps. Alcaraz possède celles du talent, mais manque de compétition. Zverev a enfin franchi l'obstacle du premier Majeur, mais doit confirmer. Et derrière, Shelton, Fritz, Fils, Jodar ou d'autres planqués dans l'ombre savent qu'une fenêtre s'est ouverte.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.