Le survol des Hautes Fagnes par les engins aériens a repris ce mercredi : "C'est la 1re fois qu'on met sur pied une telle coordination en Belgique"

C'était l'une des bonnes nouvelles de cette journée : les engins aériens ont pu reprendre du service ce mercredi 19 août. La veille, en raison de la pluie et d'un plafond bas, ils n'avaient pas pu décoller. "La sécurité des pilotes est fondamentale", rappelle Bernard Quintin (MR), ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, en direct de l'aérodrome de Spa-La Sauvenière, là où toutes les opérations de survol sont coordonnées depuis samedi.

"Le mécanisme européen de protection civile a été activé vendredi après-midi pour demander la solidarité des pays qui auraient des moyens aériens pour venir en soutien aux pompiers belges, rembobine Anne Dalemans, qui travaille à la direction générale de sécurité civile au SPF Intérieur et qui est chargée ici de coordonner les appuis internationaux. Nous avons les premières équipes qui sont venues de Hollande, qui sont arrivées samedi après-midi, deux équipes de Suède qui sont arrivées dimanche, rejointes par deux équipes d'Allemagne et deux équipes de Norvège. Nous avons donc aujourd'hui cinq pays qui collaborent avec les hélicoptères de la police fédérale belge pour faire des opérations de largage d'eau sur les zones qui sont déterminées par les pompiers."

Pourquoi le Grand-Duché de Luxembourg n'a-t-il pas envoyé de bombardier d'eau en Belgique pour combattre l'incendie des Fagnes ?
Incendie dans les Fagnes Avions
Les deux hydravions de Suède ont aussi circulé ce mardi. ©EDA

Un largage massif ce mercredi

Une aide évidemment précieuse pour les hommes du feu. "Comme on l'a déjà dit, les Fagnes sont inaccessibles à pied et, à certains endroits, aux véhicules. La seule manière de continuer à éteindre, c'est avec l'appui des engins aériens. Le fait qu'ils puissent voler aujourd'hui (lisez ce mercredi) et tous ensemble fait qu'on a vraiment un largage massif qui va vraiment permettre de réduire très fort la pression", précise Quentin Grégoire, commandant de la zone de secours Vesdre-Hoëgne & Plateau. Au total, ils sont huit à avoir sillonné le ciel tout au long de la journée, soit six hélicoptères et deux hydravions. Et ces engins ne peuvent pas tous voler en même temps, au risque, entre autres, de se créer mutuellement des turbulences. "Ils volent à des altitudes différentes, donc ils ne peuvent jamais se croiser sur le secteur", précise-t-il.

hautes fagnes incendie
Le Chinook néerlandais est allé se ravitailler en eau au barrage de la Gileppe. ©V.L.

C'est pour ça qu'une cellule spéciale a été installée à l'aérodrome de Spa-La Sauvenière, proche de la zone d'incendie. "C'est la première fois qu'on met sur pied une telle coordination en Belgique, lance Anne Dalemans. On a pu, pour nous aider, compter sur l'expertise d'un expert européen, qui a été mis à notre disposition par le Centre de coordination de la réponse européenne, et par d'autres experts européens, envoyés avec les moyens héliportés. Nous, c'est-à-dire la direction générale de sécurité civile, avons travaillé main dans la main les pompiers, la protection civile et ces moyens étrangers pour mettre en place tant une manière de travailler qu'une manière de communiquer ensemble."

Incendie dans les Fagnes Avions
Anne Dalemans. ©EDA

"La pression est fort réduite par rapport aux jours précédents"

Alors qu'ils luttent depuis vendredi dernier, les services de secours entrevoient, doucement, une petite accalmie. "Aujourd'hui, on a réussi à faire le périmètre de l'incendie. Cela veut dire qu'on sait maintenant accéder à tout le pourtour de celui-ci, détaille Quentin Grégoire. Il ne s'étend plus actuellement. On ne peut pas encore dire qu'il est totalement fixé mais la pression est vraiment fort réduite par rapport aux jours précédents." Un peu de sérénité qui ne veut pas pour autant dire que c'est la fin des hostilités. "Ce n'est en effet pas pour ça qu'on va quitter les lieux, loin de là. On est quand même là encore pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines."

Incendie dans les Fagnes Avions
©EDA

Mais légitimement, la fatigue s'installe. "Au début de l'incendie, il faisait fort chaud, donc c'était quand même déjà compliqué. Mais la pluie n'aide pas le personnel parce que tout est boueux. Passer des heures et des heures sous la pluie, c'est éreintant, même si la pluie fait du bien au niveau de l'incendie en cours, confie le commandant. On essaye de faire le maximum de rotations pour que le personnel puisse se reposer." Ils continueront aussi, tant que possible, de faire appel à des renforts extérieurs. "Mais il faut savoir que les zones extérieures ont aussi des interventions. Elles ont aussi leur personnel en congé ou qui va reprendre le travail, pour les volontaires. Donc, on doit vraiment essayer de combiner ces renforts et le fonctionnement de notre personnel."

Une solidarité européenne prolongée

Pour ce qui est de l'aide aérienne, celle-ci devrait durer encore quelques jours. "On a prolongé la demande du mécanisme européen jusqu'à la fin de cette semaine", annonce le ministre Bernard Quintin. "Ce n'est pas pour ça qu'ils voleront tous les jours. Même si la météo est clémente, ça dépendra vraiment des besoins du terrain", conclut le commandant Quentin Grégoire.

Incendie dans les Fagnes Avions
©EDA
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