Le Super Rafale F5 est officiel : Dassault prépare l'avion de combat du futur sans l'Europe
Publié le 28 août 2026 à 08:20 par Christian D.
La France a tiré un trait sur la coopération européenne pour son futur avion de chasse. Le patron de Dassault Aviation, Éric Trappier, a officialisé la mise en chantier d'un "Super Rafale" F5, une machine pensée pour dominer le ciel de l'après 2030.
Dassault Aviation a fait son choix : le groupe développera seul le nouvel avion de combat français, provisoirement nommé Super Rafale F5, pour une entrée en service prévue entre 2033 et 2035.
Cette décision, annoncée par le PDG Éric Trappier, fait suite à l'abandon du programme européen SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) en raison de désaccords industriels majeurs avec Airbus, représentant l'Allemagne et l'Espagne.
Dassault entend répondre à une demande des armées françaises et assurer la continuité de la dissuasion nucléaire aéroportée, tout en préparant un appareil prêt pour l'exportation à l'horizon 2035.
Ce mouvement stratégique confirme la volonté française de conserver une pleine souveraineté sur ses outils militaires les plus critiques. Et tant pis pour la coopération européenne.
Qu'est-ce que le "Super Rafale" F5 annoncé par Dassault ?
Le Rafale F5 est une évolution majeure de l'actuel chasseur français, conçu pour faire le pont vers la 6ème génération. Cette nouvelle mouture, baptisée Rafale F5, brouille volontairement les pistes entre une simple mise à jour et un appareil entièrement nouveau.
Technologiquement, il doit intégrer des capacités de rupture : un nouveau radar, une suite de guerre électronique SPECTRA améliorée, et surtout, la capacité de contrôler des drones de combat, comme le démonstrateur nEUROn. C'est la pièce maîtresse du combat collaboratif à la française.
Cet appareil sera également le porteur du futur missile nucléaire hypersonique ASN4G (Air-Sol Nucléaire de 4ème Génération), succédant à l'ASMPA-R. Pour Dassault Aviation, l'enjeu est double : fournir aux armées un outil à la pointe de la technologie pour les vingt prochaines années et maintenir une chaîne de compétences unique en Europe.
L'appellation « Super Rafale » est donc bien plus qu'un argument marketing : elle signale un saut capacitaire significatif par rapport aux versions précédentes.
Pourquoi la France développe-t-elle cet avion seule ?
Le développement en solitaire de cet appareil est la conséquence directe de l'échec retentissant du programme SCAF. Ce projet, qui devait unir France, Allemagne et Espagne autour d'un système de combat aérien commun, s'est heurté à un mur de divergences industrielles et politiques.
Le cœur du problème résidait dans le partage des tâches et le leadership, notamment entre Dassault Aviation, maître d'œuvre désigné pour le pilier avion, et Airbus, qui représentait les intérêts allemands et espagnols. Des visions irréconciliables sur la gouvernance ont finalement eu raison du projet.
L'abandon du SCAF a poussé la France à activer son « plan B ». Fidèle à sa doctrine, Éric Trappier a réaffirmé la capacité de son groupe à concevoir et produire seul un avion de combat de premier rang.
Cette posture n'est pas nouvelle et s'inscrit dans une longue tradition d'indépendance stratégique française. Si la porte reste ouverte à des « coopérations » sur des briques technologiques spécifiques, le pilotage du projet, lui, sera exclusivement français.
Cette affirmation de souveraineté sonne comme un avertissement pour les futurs projets de défense en Europe.
Quelles sont les ambitions et le calendrier pour ce nouvel appareil ?
La feuille de route est particulièrement ambitieuse. Dassault Aviation vise une mise en service du Rafale F5 entre 2033 et 2035. Ce calendrier serré est dicté par des impératifs stratégiques, notamment la nécessité de disposer d'un vecteur pour le missile ASN4G afin d'assurer la pérennité de la dissuasion nucléaire.
Un premier escadron, basé à Luxeuil-Saint-Sauveur, devrait être opérationnel autour de 2036 après d'importants travaux d'infrastructure. Au-delà de la mission nucléaire, le Super Rafale a une vocation commerciale évidente.
L'avionneur prévoit de le proposer à l'exportation dès 2035, capitalisant sur le succès mondial du Rafale actuel. En développant seul son appareil, Dassault s'affranchit des contraintes et des éventuels vetos politiques de partenaires étrangers, un atout majeur sur le marché international.
Cette stratégie offensive vise à garantir la pérennité du savoir-faire français et la capacité à imposer son propre agenda technologique et commercial sur la scène mondiale.
Journaliste GNT spécialisé en mobilité / Ante-Geek des profondeurs du Web et d'ailleurs
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