Le RN fait bloc face aux accusations d'antisémitisme qui visent Jordan Bardella
Jordan Bardella dénonce ce mardi "les prémices d'une guerre totale" contre le RN au lendemain de la publication de l'article de Mediapart l'accusant d'avoir tenu des propos antisémites en 2013. Marine Le Pen dit sa "confiance absolue" en le président du parti d'extrême droite.
Par Victoria Koussa Publié le mardi 29 septembre 2026 à 13:15
Réunion de crise. Jordan Bardella, Marine Le Pen mais aussi leur allié Eric Ciotti se sont donnés rendez-vous mardi 29 septembre à l'Assemblée Nationale. Se devait être une réunion de rentrée pour le RN et son allié de l'UDR, cela s'est transformé en contre-attaque après la mise en cause la veille du Président du Rassemblement National par MédiapartOuverture dans un nouvel onglet. Le journal affirme avoir exhumé des messages antisémites écrits par Jordan Bardella en 2013, il avait alors entre 17 et 18 ans.
Le RN ne compte pas "se laisser faire"
"C'est une opération de déstabilisation de la campagne présidentielle dont l'objectif est de m'assassiner politiquement", se défend le président du parti d'extrême droite, qui s'en prend à Mediapart, "un journal d'extrême gauche composé de fanatiques qui useront de tous les moyens, y compris les plus déloyaux, pour nous empêcher de gagner l'élection". Jordan Bardella déposera plainte pour faux et usage de faux. Il peut compter sur le soutient de Marine Le Pen qui lui exprime sa "confiance absolue", le Rassemblement national ne va pas "se laisser faire" et compte démontrer "qui est derrière cette manipulation". La candidate à l'Elysée assure qu'elle n'était pas du tout au courant, "j'avoue que la manipulation est légère comme un congrès de charcuterie".
À écouter
France Inter
5 min
Jordan Bardella a baigné dans un environnement fasciné par l'écrivain condamné pour antisémitisme, Alain Soral. Proche de tout un écosystème qui était en "soralatrie" (contraction de Soral et Idolâtrie) d'après un ancien cadre, "de cette génération biberonnée à ses thèses et à son aura", dit-il, "à ses entretiens du mois, ces vidéos de l'idéologue que tous regardaient". Parmi les plus perméables à ses thèses, on nous cite le maire de Fréjus, David Rachline, dont Jordan Bardella était proche, ou François Paradol, qui est encore son directeur de cabinet, pour ne pas dire son ombre.
Cette affaire éclate à un moment où Jordan Bardella est de plus en plus isolé au sein de son parti. Soupçonné par certains d'avoir de la rancœur, parce qu'écarté de la course à la présidentielle, de préparer une forme de contre-offensive avec un nouveau livre à paraître en novembre. Une suspicion l'entoure en interne, ses rares soutiens du Parlement européen prennent d'ailleurs leur distance, et cette enquête de Mediapart ne risque pas d'arranger les choses.