Le rat brun crée son propre langage pour survivre en ville !
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Le rat brun : portrait d’une espèce urbaine
Nous voici au cœur de la ville qui ne dort jamais. New York ! New York et ses taxis jaunes, ses vendeurs ambulants et son effervescence. Nous sommes tout près de Central Park et de ses hectares de verdure au milieu des gratte-ciel et du bitume. Au loin, les eaux de l’océan Atlantique baignent Liberty Island, l’île où se dresse la Statue de la Liberté. Écoute le vacarme de cette ville, la plus peuplée des États-Unis, avec plus de 8 millions d’habitants. C’est ici, entre les pas des New-Yorkais pressés, que vit un animal aussi fascinant que mal aimé. Le rat brun, Rattus norvegicus. Ce petit mammifère, appartenant à la famille des Muridés, a élu domicile dans cette ville gigantesque dès sa création, il y a plusieurs siècles. Ce rongeur est originaire d’Asie du Sud-Est, mais il a rapidement conquis le monde entier et on le retrouve aujourd’hui partout sur le globe.
Pour l’observer, il faut être patient ! Car même en plein quartier de Manhattan où il pullule, ce pro des cachettes est peut-être facile à croiser mais difficile à observer. À la nuit tombée, il s’aventure près des poubelles des immeubles, des restaurants, des théâtres avec une seule idée en tête : manger ! En voici d’ailleurs un qui sort d’une bouche d’égout, pour se diriger tout droit vers un sac poubelle qui déborde. Sa silhouette dodue se faufile entre les pas des passants. Son pelage gris le rend presque imperceptible dans l’obscurité. Mais approchons. Observe sa tête surmontée de petites oreilles. Son museau biseauté est pourvu de moustaches que l’on appelle des vibrisses et qui lui permettent de ressentir les vibrations et les mouvements du monde qui l’entoure. Ses petits yeux ronds, noirs et vifs, brillent. Lorsqu’il ouvre la bouche, on peut apercevoir ses longues dents inférieures qui lui servent à mâcher et poussent continuellement tout au long de sa vie.
Le rat brun adulte mesure entre vingt et trente centimètres, sans compter sa queue, plus courte que son corps, qui lui fait atteindre les quarante centimètres de long. Ses quatre pattes courtes se terminent par cinq doigts qui lui sont bien utiles pour se nourrir ou faire sa toilette. Le voilà qui se faufile dans le sac poubelle pour chercher son dîner parmi les déchets. Le rat est un omnivore opportuniste, ce qui signifie qu’il se nourrit de ce qu’il trouve. Depuis plusieurs millénaires, il a passé une sorte d’alliance avec les humains : il s’installe près de leurs habitations pour pouvoir profiter de la nourriture qu’ils jettent !
Survivre dans l’environnement new-yorkais
Malgré sa proximité avec notre espèce, le rat a mauvaise réputation, car au cours de l’histoire il a transporté des puces porteuses de maladies qui ont causé de grandes épidémies, comme les tristement célèbres vagues de peste. Depuis, les humains font la chasse à ce petit rongeur. Mais malgré les pièges et les poisons qui le menacent, le rat s’adapte et sa population, loin de diminuer, augmente. Certains rats sont même devenus résistants au poison, incroyable n’est-ce pas ?
Ici à New York, l’adaptation du rat passe aussi par l’alimentation. Il mange volontiers des restes de chips, de pizzas ou de hot-dogs ! Au point que son corps change ! Son museau s’allonge tandis que ses dents, elles, raccourcissent ! C’est ça de se nourrir principalement d’aliments mous fabriqués par les humains. Quand il s’agit de trouver un toit, quoi de mieux que la chaleur des égouts, qui procurent un refuge au rat et qui lui permettent de se déplacer incognito dans la ville ! Le rat brun a fait de la ville de New York sa maison, et les scientifiques ont découvert que face aux défis que lui impose la vie urbaine, ce rongeur se montre encore plus malin qu’on ne l’imagine !
Depuis des décennies, le rat est un sujet d’études pour les scientifiques. Il est devenu ce que l’on appelle un modèle en science : c’est un animal de référence pour mener des études en laboratoire. Son intelligence n’est d’ailleurs plus à démontrer : le rat sait faire la différence entre deux types de vin, il peut mémoriser des parcours, résoudre des exercices, aider ses congénères, reconnaître une note de musique ou encore conduire une petite voiture créée spécialement pour lui. Et ça n’est là qu’un petit échantillon de ses prouesses !
Le langage des rats étudié par les scientifiques
Le rat a aussi une vie sociale complexe, où chaque individu occupe une place précise. Pour communiquer avec ses congénères, le rat vocalise, c’est-à-dire qu’il émet des sons pour transmettre des messages. Des sons parfois imperceptibles pour l’oreille humaine. Une équipe de scientifiques s’est intéressée à la façon dont les rats de New York communiquent. Ils ont repéré les stations de métro, les rues et les parcs où les rats de la ville sont les plus nombreux.
Puis, les chercheurs y ont installé des caméras et des micros pour suivre de près la petite vie de ces rongeurs citadins. C’est alors que les scientifiques ont fait une découverte fascinante. Les rats de New York ne s’expriment pas du tout comme les rats de laboratoire. Ils utilisent des fréquences et des vocalisations différentes pour faire passer leur message. Par exemple en laboratoire un cri poussé par un rat sera perçu comme un cri d’alarme pour prévenir d’un danger ou d’une menace. Alors que dans les rues de Manhattan ce même cri sera perçu par les rats comme étant normal ! En fait, pour mieux s’orienter, mieux communiquer et éviter les dangers dans une ville où le bruit et le mouvement ne cessent jamais, les rats de la ville ont développé un mode de communication unique, un véritable langage qui leur est propre. Cette étude démontre que les capacités d’adaptation du rat vont au-delà de ce qu’on pourrait imaginer. Alors si tu croises ce petit rongeur à mauvaise réputation dans les rues de ton quartier, n’oublie pas que, depuis des siècles, il déploie d’incroyables capacités d’adaptation pour survivre dans un monde façonné par les humains.