Le PS veut un débat public sur la réforme des provinces, mais se rendra comme Écolo à la réunion organisée par le gouvernement wallon

Lundi, en fin de conférence de presse consacrée à son budget 2027, le ministre-Président Adrien Dolimont (MR) a annoncé la mise en place d'un "conclave institutionnel" auquel son vice-Président, François Desquesnes (Les Engagés) a ajouté "wallon".

Ce conclave, qui doit être consacré à la réforme des provinces, témoigne de la nécessité d'associer le PS pour voter la suppression de la vénérable institution à la majorité des deux-tiers. On sait depuis le début de la législature que cette situation obligera le MR et Les Engagés à faire la danse du ventre devant les socialistes. Rappelons aussi qu'en début de législature, la majorité en place voulait organiser sur ce sujet une consultation populaire. Elle s'est vite révélée illégale.

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Les deux partis au pouvoir ont plutôt choisi de leur tordre le bras pour les forcer à la discussion en liant la question du financement des grandes villes wallonnes à cette réforme des provinces.

Le PS est "énervé"

Pour discuter, le gouvernement wallon a donc "invité" les socialistes ainsi que les écologistes, mais pas le PTB qualifié de parti "antidémocratique" dès ce vendredi.

La cheffe de groupe PS, Christie Morreale est un peu énervée par la manière dont la majorité organise le débat dans la discrétion d'un conclave. "Je me rendrai à cette réunion vendredi, mais pour dire à la majorité qu'on ne fait pas une réforme institutionnelle en catimini. Nous voulons de la transparence. Nous voulons savoir comment les services à la population seront organisés, comment se feront les transferts." Elle craint aussil'avènement d'un problème démocratique puisqu'on évoque, pour remplacer l'institution la mise en place d'un collège des bourgmestres de la province. Enfin, sur la reprise des compétences, elle se demande si "le réseau WBE (NdlR : Wallonie-Bruxelles Enseignement) est en capacité financière de reprendre l'enseignement provincial".

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Les inquiétudes sont du même ordre chez son homologue écologiste, Stéphane Hazée, qui se rendra à la réunion. Il pointe aussi la "manière très singulière dont la majorité a amené ce dossier. Il faudra dire comment simplifier ce qui existe aujourd'hui. Je pense aux bassins de vie, aux communautés de communes, aux intercommunales etc., et d'en assurer le caractère démocratique. L'idée d'un collège de bourgmestres serait un affaiblissement démocratique." Le risque étant que chaque commune, quelle que soit sa taille, aurait en effet un poids identique.

Il avance aussi la nécessité de "discuter. Non de signer un document qui serait déjà établi. Il s'agira de mener ce débat de manière sérieuse et publique."

Au PTB Germain Mugemangango, qui n'a pas été invité, demande au ministre-Président de justifier le fait qu'il considère que son parti n'est pas démocratique. "Je défie quiconque de le démontrer". Il refuse lui aussi que "cet accord se fasse loin des yeux des citoyens et des travailleurs de la province".

Enfin, Thomas Dermine, le bourgmestre PS de Charleroi qui attendait des mesures du gouvernement pour le financement des grandes villes, reste prudent. "En début de législature, nous avons signé un contrat avec le ministre Desquesnes. Ce document nous enjoignait à faire des économies dans les dépenses et d'augmenter les recettes. En contrepartie, le gouvernement assurait nous soutenir durant la législature". Il voit mal comment le gouvernement wallon pourrait aujourd'hui abandonner les Villes marquées par des problèmes financiers. "Personne n'imagine qu'on va fermer les crèches et les services publics."

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Pour l'anecdote, précisons que les socialistes avaient été invités par la majorité durant le conclave pour discuter de cette réforme des provinces. Report après report de la part des socialistes, le gouvernement a laissé tomber cette invitation. Du côté du PS, on voulait manifestement éviter de se retrouver piéger par une réforme toute prête.

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