Le préfet est "furieux": à Lyon, une manifestation de l'ultradroite en marge du couvre-feu ulcère les autorités

Publié aujourd'hui à 13h11

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Maxime Brandstaetter avec Elisa Lanzarone

Un rassemblement de soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre s’est tenu ce lundi soir place Bellecour, à Lyon, quelques minutes avant l’entrée en vigueur du couvre-feu. Mais un groupe de personnes "appartenant, a posteriori à l’ultradroite" a été identifié. Le préfet du Rhône se dit "furieux de cette récupération".

Dans la soirée de ce lundi 19 octobre, malgré l'interdiction de manifester et avant l'entrée en vigueur du couvre-feu, un groupe de personnes s'est rassemblé dans les rues de Lyon en soutien aux commerçants et aux forces de l'ordre" et a réuni "entre 200 et 350 personnes", indique la préfecture dans un communiqué ce mardi 20 octobre.

Celle-ci a rassemblé "élus en écharpe, commerçants et habitants" et "s'est dispersée de manière à respecter le couvre-feu", sans provoquer d'incident, toujours selon les autorités.

Toutefois, "au moment de la dispersion, des individus identifiés a posteriori comme appartenant à l'ultradroite se sont alors constitués en groupe après s'être mêlés de manière insidieuse au rassemblement pour le récupérer", continue-t-elle.

Le groupe d'ultradroite a alors "emprunté la rue Victor Hugo en direction de la sortie du périmètre, sortant une banderole, et se (ils se) sont dispersés aux alentours de 21h place Carnot qui n'est pas comprise dans le périmètre du couvre-feu", là encore sans provoquer de trouble à l'ordre public. Ceux-ci ont notamment été filmés en train de crier: "la rue, la France nous appartient. La racaille en prison".

"Je suis furieux de cette récupération"

En réaction, le préfet, Etienne Guyot s'est dit furieux de cette volonté de récupération" et a affirmé qu'il n'acceptera aucune expression qui "tombe sous le coup de la loi parce qu'elle constituerait un appel à la haine et tout attroupement qui générerait un trouble à l'ordre public", poursuit la préfecture dans son communiqué.

Juste après les faits, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a également tenu à réagir: "hier soir, 200 militants d’ultradroite ont défilé rue Victor-en pleine Presqu’île, alors qu’un couvre-feu était en vigueur. Je condamne fermement ce rassemblement et les slogans haineux qui y ont été scandés".

Avant d'ajouter: "alors que Lyon traverse des moments difficiles, nous avons besoin d’apaisement, pas de nouvelles tensions. Les règles doivent être les mêmes pour tous".

Il indique avoir renouvelé sa demande "d'appliquer le plus rigoureusement les règles de l'État de droit" tout en précisant qu'il a sollicité le ministre de l’Intérieur "pour qu'il garantisse l'ordre républicain". "La sécurité et la tranquillité des Lyonnaises et des Lyonnais doivent rester notre priorité", termine-t-il.

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