Le Pen réaffirme sa confiance en Bardella, blocage des lycées, duel Lula-Bolsonaro au Brésil... Les cinq infos à retenir du week-end

Jordan Bardella et Marine Le Pen le 26 septembre 2026 à Paris.

Jordan Bardella et Marine Le Pen le 26 septembre 2026 à Paris. PIERRE TEYSSOT / AGF/SIPA / PIERRE TEYSSOT / AGF/SIPA

Vous avez décroché de l’actualité ces deux derniers jours ? « Le Nouvel Obs » vous propose un résumé des principales informations à retenir de ces samedi 3 et dimanche 4 octobre.

· Marine Le Pen réaffirme sa « confiance en Jordan »

Face aux accusations d’antisémitisme qui visent Jordan Bardella à la suite des révélations de Mediapart, le Rassemblement national continue de faire bloc autour de son président - en apparence tout du moins. Samedi, Marine Le Pen, la candidate du RN à la présidentielle, a assuré dans « La Tribune Dimanche » avoir « totalement confiance en Jordan » Bardella.

Deux cadres du parti d’extrême droite, Jean-Philippe Tanguy et Laurent Jacobelli, ont tenu la même position dimanche, appelant à « faire bloc derrière Jordan Bardella ». « Je réitère mon soutien et mon amitié à Jordan Bardella face à une campagne épouvantable », a lancé le premier, député de la Somme, sur Cnew/Europe 1, mettant en doute les méthodes d’investigation employées par Mediapart - des « techniques de voyant, d’escroc ».

Le président du RN est depuis une semaine dans la tourmente après la révélation par le media en ligne de messages antisémites datant de 2013 (« Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur »).

· Lycées : cours suspendus dans 400 à 500 établissements

La pression ne retombe pas dans les lycées. Alors que l’Union syndicale lycéenne (USL) a annoncé son intention de « continuer la mobilisation », les cours seront « totalement ou partiellement » suspendus lundi dans « 400 à 500 » lycées sur les 3 700 que compte le pays, a annoncé dimanche le ministre de l’Education nationale, Édouard Geffray. En Ile-de-France, ce sont plus de 160 lycées qui seront fermés lundi, soit plus d’un tiers des établissements, a prévenu la présidente (LR) de région, Valérie Pécresse.

Sébastien Lecornu a, lui, demandé que les cours reprennent « partout » où les conditions de sécurité le permettent, dans une « feuille de route » adressée dimanche à plusieurs de ses ministres face à la mobilisation lycéenne, qui fixe un calendrier pour répondre à une partie de leurs revendications.

Débuté le 17 septembre en région parisienne, le mouvement de protestation et de blocus des lycéens s’est progressivement étendu à tout le territoire et s’est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France. La journée de vendredi a été marquée par des tensions et plus de 1 700 interpellations - pour 5 000 au total depuis lundi.

Alors qu’un lycéen de 16 ans blessé mercredi à Tours lors du blocage d’un lycée a perdu l’usage de son oeil droit à la suite de lésions « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD » selon la procureure de la ville, un collectif de 52 éminents avocats dénonce dans une tribune, publiée sur le site du « Nouvel Obs », « une répression disproportionnée et violente » à l’encontre des élèves qui bloquent leurs établissements.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, conteste toute intervention « disproportionnée ». Les forces de l’ordre « ne répriment pas la jeunesse » mais « protègent » élèves et étudiants désireux de « porter pacifiquement leurs revendications », a-t-il assuré dimanche sur son compte X.

· Ultime débat télévisé pour les candidats à la primaire

Les cinq candidats de la primaire de la gauche sociale-démocrate s’affrontent ce dimanche soir lors d’un dernier débat télévisé diffusé sur BFMTV à 20h45.

La question d’une alliance aux législatives avec la France insoumise devrait une fois encore diviser Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, qui ont tous des arrières pensées stratégiques derrière ce choix.

L’eurodéputé Place Publique, qui fait toujours figure de favori, plaide pour une rupture définitive avec Jean-Luc Mélenchon. Tout comme le député Jérôme Guedj. Dans un entretien accordé au « Nouvel Obs », le député de l’Essonne accuse l’Insoumis d’être « le marchepied du RN ».

Cet ultime débat intervient alors que les électeurs ont jusqu’à lundi minuit pour s’inscrire en vue de voter au 1er tour du scrutin.

· Lula ou Bolsonaro ? 160 millions de Brésiliens aux urnes

Les Brésiliens ont commencé à voter dimanche pour choisir entre le président de gauche Lula, qui brigue un quatrième mandat, et son rival conservateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’État. Un scrutin suivi de près par Donald Trump.

« Le peuple devra choisir entre le renforcement du régime démocratique et la barbarie », a lancé le président sortant après avoir voté dans l’État de Sao Paulo. Coiffé de son habituel panama, il a brandi devant les journalistes un drapeau brésilien. À la sortie de son bureau de vote à Rio, le fils Bolsonaro a promis de « libérer le peuple brésilien ». Peu connu jusque-là, il a été lancé par son père quand ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour avoir voulu s’accrocher au pouvoir après sa défaite de 2022 face à Lula.

Une enquête de l’institut Datafolha publiée samedi soir donnait au président sortant 45 % d’intentions de vote au premier tour, contre 42 % à son rival, soit une quasi-égalité vu la marge d’erreur. Un éventuel second tour aurait lieu le 25 octobre. Les résultats son attendus quelques heures après la fermeture des bureaux à 17h heure de Brasilia.

· « - de RN, + de Lesbiennes » : des milliers de personnes à la Marche des Fiertés

Dans une ambiance bon enfant, mais avec une tonalité très politique en cette rentrée pré-électorale, la Marche des Fiertés, initialement prévue fin juin et reportée en raison de la canicule, a réuni samedi quelque 500 000 personnes selon l’organisateur, l’Inter-LGBT, et 74 000, selon la préfecture de police.

Les associations de défenses des personnes LGBTQI + (pour lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexes) craignent pour leurs droits en cas de victoire de l’extrême droite. Derrière des camions avec des enceintes et quelques drags queen, les participants étaient nombreux à brandir des pancartes comme « Ces fachos me font chier » ; « Fuck RN » ; « + d’amour, - de Zemmour » ; « - de RN, + de Lesbiennes ».

Plusieurs personnalités politiques de gauche étaient présentes dans le carré de tête, dont le maire (PS) de Paris, Emmanuel Grégoire, la députée (LFI) Sophia Chikirou, la députée européenne (LFI) Manon Aubry et la députée (Ecologistes) Sandrine Rousseau. Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, était également présent dans le cortège.

Par  Le Nouvel Obs