Le parvis Saint-Michel s’apprête à vibrer à nouveau au rythme des grands noms de la musique classique pour le 77e Festival de Musique de Menton
Cher archange Saint-Michel, toi qui veilles depuis plus de trois siècles sur le parvis qui porte ton nom, montant la garde avec ton épée dans une niche de la façade de la basilique, tu vas nous voir revenir, nous mélomanes qui, chaque été, venons ici pour faire notre provision de bonheur musical. Nous nous étions quittés il y a un an. Nous voici de retour.
Au long de l’année, nous sommes allés entendre des concerts dans la région, en France ou à l’étranger. Mais nulle part nous n’avons trouvé de salle ayant le charme de ton parvis. Encadré par les façades des deux églises baroques, il semble suspendu au-dessus du port, sous le regard de la lune, comme dans un rêve.
Cher archange, tu vas donc nous revoir gravir, en lente procession, le long chemin en escalier qui monte vers toi. À vrai dire, cette année, on avait une inquiétude. On s’interrogeait sur le devenir du festival lors du changement de municipalité. Mais on a été rassuré. Lors de la conférence de presse présentant l’édition 2026, la maire Alexandra Masson a déclaré que le festival de cette année serait un « festival de transition » et qu’un nouvel élan serait redonné l’an prochain.
Nous en acceptons l’augure. Des artistes de grande qualité seront d’ores et déjà au rendez-vous cet été lors de cinq concerts classiques sur le parvis : le violoncelliste Gauthier Capuçon, habitué des lieux (25 juillet), deux beaux ensembles baroques, Jupiter et Gemelli, pour deux concerts Vivaldi (29 juillet et 5 août), un nouveau venu, le prestigieux violoniste grec Leonidas Arkodos (4 août), et, dans un récital pour piano seul, le pianiste Alexandre Kantorow qui sera entendu la veille à Monaco dans un concerto avec orchestre (7 août).
Le pianiste Fazil Say, qui devait se produire le 1er août, a dû renoncer à sa venue pour des raisons de santé et n’a pas été remplacé.
Suivant la tradition, des concerts seront également donnés à 18 heures par des interprètes plus jeunes, en début de carrière.
À ceux partis, les mélomanes n’oublient jamais
Comme chaque été, nous aurons une pensée pour ceux que nous ne retrouverons pas et qui nous ont quittés durant l’année. D’abord le pianiste Jean-Bernard Pommier qui dirigea le festival de 2006 à 2008, créant un lien dont on se souvient entre Menton et Saint-Pétersbourg. Mais aussi celui qui, jusqu’à l’an dernier, était l’un des derniers témoins du premier concert de 1950, Jacques Ridès.
Hôtelier du festival, confident des artistes, de leurs joies, de leurs caprices, de leurs fatigues, il avait recueilli des histoires qu’il nous a laissées en héritage dans un recueil plein de malice.
Cher archange Saint-Michel, les belles musiques qui s’élèvent sur ton parvis, appartiennent aussi à ceux qui nous ont précédés et qui, par le souvenir, continuent à habiter ces lieux.
Un concert de préouverture
DR
Comme chaque année, le festival offre aux Mentonnais un concert de pré-ouverture, ouvert gratuitement au public. L’idée de ce concert est de créer un lien entre le « grand public » et les concerts officiels. Cette année, le concert de préouverture a été confié au groupe allemand Spark, vendredi 24 à 21 heures, sur l’esplanade des Sablettes. Composé de deux flûtes à bec, d’un violon, d’un violoncelle et d’un piano, cet ensemble s’attaquera aussi bien aux musiques de Bach qu’à celles des Beatles. Et cela, annoncent-ils, avec la « vitalité d’un groupe rock ».
Récompensé en 2011 du célèbre prix « Echo Klassik » en Allemagne, il est décrit par le Süddeutsche Zeitung : « Ces artistes gardent à la musique classique toute sa complexité. Ils changent seulement le contexte et montrent ainsi que pour eux, la musique pop fait autant partie de la culture que la musique classique. »
Vendredi, 21 heures. Esplanade des Sablettes. Accès gratuit.
Demandez le programme
DR
Au parvis Saint Michel
- 25 juillet, 21 heures : concert Saint-Saëns - Beethoven avec Gauthier Capuçon, violoncelliste, et le Philharmonique de Nice, direction Lionel Bringuier.
- 28 juillet, 21 heures : concert Gershwin par Neima Naouri, Pablo Campos et The Amazing Keystone Big Band.
- 29 juillet, 21 heures : concert Vivaldi par Nicolas Alsteedt, violoncelle, Thomas Dunforg, luth, et l’Ensemble Jupiter
- 4 août, 21 heures : concert Mozart- Chostakovitch- Schubert -Stravinsky avec Leonidas Kavakos, violoniste, Enrico Pace, pianiste
- 5 août, 21 heures : la Grande Battle, avec Emiliano Gonzales Toro, ténor, Massimiliano Danta, contre-ténor et l’Ensemble Gemelli.
- 7 août : concert Bach, Chopin, Alkan, Scriabine, Beethoven par Alexandre Kantorow, pianiste
Au Palais de l’Europe
- 26 juillet à 18 heures : concert Moussorgsky, Dukas, Liszt par le duo de pianistes Jatekok
- 27 juillet à 18 heures : concert Bach, Rameau, Kodaly par Léo et Luka Ispir, violon et violoncelle.
- 30 juillet à 18 heures : concertos de Rachmaninov et Poulenc par les lauréats de la Fondation Yamaha.
- 31 juillet à 18 heures : concert dansé avec Fanny Azzuro, piano, Popaul Amisi, danseur.
- 2 août à 18 heures : concert Mozart- Rachmaninov par les pianistes lauréats de la Fondation Yamaha.
- 3 août à 18 heures : récital de mélodies par Marie-Laure Garnier, soprano.
- 6 août : récital de marimba par Vassilieva Serafimova.