Le parti de Poutine obtient 355 sièges à la Douma, un record

Le parti du président Vladimir Poutine, Russie Unie, a remporté un nombre record de sièges lors d'élections législatives sans aucune opposition, selon les résultats préliminaires lundi au terme de trois jours de vote. L'UE dénonce des élections se déroulant dans un climat de "répression systématique et institutionnalisée".

Face au parti du Kremlin, seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine ont été autorisées à participer. Le seul parti ouvertement opposé à la guerre, Iabloko, avait été écarté.

Selon les résultats de plus de 95% des bureaux de vote, Russie Unie obtient une écrasante majorité à la chambre basse du Parlement, la Douma, remportant 355 sièges sur 450. Il s'agissait des premières législatives depuis le début de l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine en 2022.

Le Kremlin s'en est félicité lundi en estimant que ces résultats "témoignent d'un niveau exceptionnel de cohésion de la société russe autour du chef de l'Etat".

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Le parti de Vladimir Poutine "Russie Unie" remporte les élections législatives

Le parti de Vladimir Poutine "Russie Unie" remporte les élections législatives / 12h45 / 1 min. / aujourd'hui à 12:45

Majorité constitutionnelle

Le scrutin de vendredi à dimanche s'est déroulé également dans les territoires d'Ukraine contrôlés et annexés par la Russie.

D'après ces résultats préliminaires, le Parti communiste russe (KPRF) obtient pour sa part 40 sièges, le parti nationaliste LDPR - 25 sièges, et le parti Novye Lioudi ("Nouvelles personnes") - 20 sièges.

Le parti présidentiel conserve ainsi la majorité dite "constitutionnelle", au moins deux tiers des sièges (soit 301 sièges), qui lui permet de voter des amendements constitutionnels sans même avoir besoin du soutien des autres partis.

Des électeurs votent lors des élections législatives russes dans un bureau de vote à Moscou, en Russie, le 18 septembre 2026. [Anadolu via AFP - NATALIA KOLESNIKOVA]
Des électeurs votent lors des élections législatives russes dans un bureau de vote à Moscou, en Russie, le 18 septembre 2026. [Anadolu via AFP - NATALIA KOLESNIKOVA]

Frappes ukrainiennes

Lors d'une conférence de presse, la cheffe de la Commission électorale, Ella Pamfilova, s'est également félicitée d'un "record" de participation dépassant officiellement les 59%. "Il s'agit précisément du taux de participation le plus élevé jamais enregistré pour des élections de ce niveau", a-t-elle affirmé. Les résultats définitifs sont attendus vendredi.

Dmitri Medvedev, ex-président et actuel chef de Russie unie, a salué une expression de confiance dans le pouvoir, promettant de "soutenir la ligne fixée par le président et de "rapprocher (le pays) de la victoire".

Rappelant la réalité d'un conflit marqué ces derniers mois par une intensification des frappes des deux côtés du front, la dernière journée de vote a été marquée tôt dimanche par une attaque ukrainienne qui a impliqué plus d'un millier de drones et tué deux personnes dans la périphérie de Moscou, d'après les autorités russes.

Dans la capitale même, une importante raffinerie a été endommagée, selon le maire, qui a dénoncé une attaque "manifestement planifiée dans le but de perturber les élections".

Kiev confirme

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que les frappes de l'Ukraine "ont eu un impact très important dans la région de Moscou".

Le dirigeant s'est entretenu au téléphone avec Donald Trump, qui a sommé Kiev ces derniers jours de cesser ses frappes contre les raffineries russes. Il a indiqué avoir convenu d'une rencontre à New York avec le président américain, avec qui il a évoqué "des idées pour des mesures de désescalade".

Ce scrutin s'est déroulé dans un contexte social tendu, la Russie étant confrontée à des sanctions économiques occidentales, des frappes ukrainiennes régulières, des pénuries d'essence et des limitations dans le fonctionnement de l'internet dans plusieurs régions.

Un "vernis de démocratie"

"Les prétendues élections à la Douma ont marqué un nouveau revers majeur pour la démocratie russe. Leur issue n'a jamais fait de doute", a réagi lundi la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas.

"Le Kremlin a réduit au silence les voix dissidentes, interdit le seul parti enregistré qui s'opposait à sa guerre en Ukraine et écarté les observateurs électoraux internationaux. Il ne reste plus en Russie qu'un vernis de démocratie", a-t-elle souligné.

La cheffe de la diplomatie de l'UE a ajouté avoir "proposé des mesures contre ceux qui facilitent ces simulacres d'élections dans les territoires ukrainiens occupés".

L'Union européenne a de son côté dénoncé des élections se déroulant dans un climat de "répression systématique et institutionnalisée".

ats/furr