Le Parlement européen ouvrira un bureau à Ottawa

Le Parlement européen ouvrira prochainement un bureau satellite à Ottawa. C'est ce qu'a annoncé sa présidente, Roberta Metsola, sur les réseaux sociaux.

Ce bureau devrait créer une présence renforcée qui facilite les échanges parlementaires transatlantiques, avec un champ d’action régional s’étendant jusqu’à l’Arctique, selon la dirigeante. L'Europe et le Canada : de vieux amis qui écrivent ensemble la prochaine page de leur histoire.

Cette annonce survient à quelques jours du discours que Mark Carney doit prononcer devant l'institution européenne à Strasbourg, en France.

Il s'y rendra jeudi à l'invitation de Mme Metsola, qui avait participé à la rencontre des présidents des chambres basses du G7 à Ottawa, en septembre 2025.

Le bureau d'Ottawa deviendra le dixième bureau du Parlement européen situé en dehors de l'Union européenne (UE). Il s'ajoutera à ceux d'Addis-Abeba (Éthiopie), de Chisinau (Moldavie), de Jakarta (Indonésie), de Londres (Royaume-Uni), de New York et de Washington (États-Unis), de Panama (Panama), de Tirana (Albanie) et de Kiev (Ukraine).

À Strasbourg, le premier ministre canadien assistera également au discours sur l'état de l'UE qui sera prononcé par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Avant de se rendre en France, il s'arrêtera à Liverpool, au Royaume-Uni, où il rencontrera pour la première fois le nouveau premier ministre britannique, Andy Burnham.

Le Canada continue de se rapprocher de l'Europe

L'annonce faite lundi constitue un signe supplémentaire du rapprochement entre le Canada et l'UE, sur fond de tensions avec les États-Unis.

Alors que la guerre tarifaire avec son voisin du Sud pousse le Canada à diversifier ses partenaires commerciaux, Ottawa multiplie les ententes avec les pays européens, s'appuyant notamment sur le partenariat stratégique UE-Canada pour l’avenir amorcé l'an dernier, ainsi que sur le Partenariat de sécurité et de défense.

Mark Carney parle dans un micro lors d'une conférence de presse, devant un écran affichant les drapeaux du Canada et de l'Union européenne.

Le Canada s'est considérablement rapproché de l'Europe depuis l'arrivée au pouvoir de Mark Carney. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

En février dernier, le Canada est devenu le premier pays non européen à adhérer à l’initiative Agir pour la sécurité en Europe de l’UE.

Le premier ministre canadien avait également marqué les esprits au Forum économique mondial de Davos, en début d'année, en lançant un appel à l'union des puissances moyennes. Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu, avait-il alors averti lors d'une intervention saluée à l'échelle internationale.

Un sommet Canada-UE est prévu à Montréal à la fin du mois d'octobre.

Le Canada, futur membre de l'UE?

En mai, le premier ministre canadien est également devenu le premier dirigeant non européen à participer au Sommet de la Communauté politique européenne, tenu en Arménie, où l'idée de faire du Canada un membre associé de l'UE avait été évoquée.

Si le terme de membre associé n’existe pas au sein des traités de l’Union européenne, la future relation entre l'organisation et le Canada, telle que décrite par Mark Carney ainsi que par sa ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, semble s'en approcher.

La ministre Mélanie Joly prend la parole lors de la conférence de presse.

La ministre de l'Industrie du Canada, Mélanie Joly, dit que les Canadiens doivent s'attendre à encore plus de rapprochements avec les Européens prochainement. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

L'Union européenne est à la recherche de nouveaux partenariats, explique Mme Joly. Elle veut se rapprocher du Canada. Elle a une trop grande dépendance au pétrole et au gaz russe, alors que la guerre en Ukraine est une menace existentielle à l'Europe.

La ministre ajoute qu'un plus grand rapprochement pourrait permettre d'aligner les politiques industrielles du Canada et de l'UE, ce qui permettrait de transiger sans protectionnisme.

En plus de l'énergie, cette entente pourrait être bénéfique dans les secteurs des minéraux critiques, des investissements technologiques et de l'intelligence artificielle, ainsi que sur le plan de la souveraineté numérique. Un rapprochement permettrait également à plus de compagnies européennes d'ouvrir des bureaux au Canada, et vice-versa, selon Mélanie Joly.

L'Union européenne veut un partenariat, nous aussi, on veut un partenariat. Comment on va l'appeler, ça reste à discuter.

Cependant, pas question de devenir membre à part entière de l'UE, lance la ministre de l'Industrie. Ça ne serait pas dans notre intérêt.

Avec des informations de Laurence Martin