Le grand décrochage scolaire
Près d'un jeune sur trois éprouve des difficultés à lire et à comprendre un texte long. Le dernier rapport Pisa devrait nous faire davantage trembler que n'importe quel classement entre pays. Et que n'importe quel conflit social. D'autant que le problème est mondial, et concerne tant les mathématiques, les sciences que la lecture.
Enquête Pisa 2025 : les performances de l'enseignement francophone baissent encore, mais moins vite qu'ailleursUn constat aussi limpide doit être regardé en toute lucidité. L'école souffre d'une accumulation de crises et de bouleversements sociétaux. Il y a d'abord le Covid, qui a laissé des traces. Ensuite, les écrans qui ont bouleversé notre rapport à l'attention. Même le goût de l'effort et de la lecture semble s'éroder. L'absentéisme progresse. Le climat scolaire se dégrade parfois. Et l'investissement des parents dans les apprentissages n'est plus toujours celui d'hier. Aucune de ces explications ne suffit à elle seule. C'est précisément ce qui rend le phénomène si inquiétant.
Dans ce contexte qui interroge notre rapport collectif au savoir, à l'effort et à la concentration, il faut saluer la réaction des ministres de l'Éducation, au nord comme au sud du pays. Valérie Glatigny, comme Zuhal Demir, n'a pas cherché à expliquer que, finalement, nous n'étions pas si mauvais. Ou que nous résistions mieux que les autres. Elles ont reconnu que la tendance était préoccupante, voire honteuse.
Face à une moyenne qui dégringole, il nous faut regarder les meilleurs systèmes scolaires pour corriger nos erreurs. C'est tout le sens du Pacte pour un enseignement d'excellence qui tente d'identifier le plus tôt possible les difficultés en lecture, en écriture et en calcul. Le Pacte veut aussi renforcer l'accompagnement des élèves et lutter contre l'absentéisme et le harcèlement. Aidons nos jeunes à retrouver le goût d'apprendre, le plaisir de lire, l'acceptation de l'effort et le pouvoir de se concentrer.
Pisa 2025 : "Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'être les 'moins mauvais'"Le rapport Pisa sonne donc comme un avertissement général. Pas seulement pour l'école, mais pour la société tout entière. Car derrière ces courbes qui baissent, il y a des adolescents qui devront comprendre le monde, y vivre en citoyens responsables et y travailler. Nous ne pouvons pas accepter qu'ils soient la première génération à apprendre moins bien que la précédente. Le décrochage est mondial. La réponse, elle, doit commencer chez nous.
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