France : le gouvernement promet 3'000 profs face aux lycéens

Le ministre français de l'Education Edouard Geffray a annoncé jeudi l'arrivée imminente de 3000 professeurs remplaçants dans plus de 500 lycées où la situation est la plus critique, après une nouvelle mobilisation des lycéens sur fond de violences urbaines en marge des rassemblements.

"Dans les heures et les jours qui viennent", 3000 professeurs remplaçants sans affectation vont rejoindre "les établissements qui sont des situations que je qualifierais de très problématiques", soit "114 lycées dont je dirais qu'ils sont rouges et 400 qui sont oranges", a-t-il déclaré au journal du soir de la chaîne TF1.

Le ministre français de l'Education Edouard Geffray devant l'Assemblée nationale le 6 octobre 2026. [Hans Lucas via AFP - MAGALI COHEN]
Le ministre français de l'Education Edouard Geffray devant l'Assemblée nationale le 6 octobre 2026. [Hans Lucas via AFP - MAGALI COHEN]

"Plusieurs centaines de milliers d'heures supplémentaires" seront également mises à disposition des proviseurs pour permettre "des remplacements de courte durée" par des enseignants volontaires, a ajouté le ministre.

>> Revoir les explications de Tamara Muncanovic dans le 12h45 :

Tamara Muncanovic revient sur les tentatives d'apaisement du gouvernement

Tamara Muncanovic revient sur les tentatives d'apaisement du gouvernement / 12h45 / 1 min. / hier à 12:45

"Le gouvernement déposera des amendements au projet de loi de finances pour 2027 pour traduire certaines propositions des lycéens en mesures concrètes, notamment sur les remplacements", a aussi déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X.

Violences urbaines

Au total, 71'500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24'500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens au cours de laquelle 504 interpellations ont été réalisées et 48 policiers et gendarmes blessés, selon le ministère de l'Intérieur.

A Paris, plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l'ordre en début de soirée avec usage de gaz lacrymogène.

Les slogans "Plus de masters, moins de poulets" (policiers, ndlr) ou encore "35°C dans les classes, mais le problème c'est le portable" se sont fait entendre, tandis qu'une grande banderole "GenZ en colère" a été brandie par des jeunes juchés sur la colonne de juillet au centre de célèbre la place parisienne.

En fin de rassemblement, des incidents ont éclaté avec des jets de pavé et de mortiers sur les policiers qui ont répliqué au canon à eau. La préfecture de police a évoqué un groupe d'une vingtaine de "black blocs" jetant du mobilier urbain sur les forces de l'ordre.

>> Réécouter le reportage du 12h30 :

En France, le mouvement lycéen continue malgré une accalmie après le discours du Premier ministre [KEY - MOHAMMED BADRA]KEY - MOHAMMED BADRA

En France, les manifestations étudiantes continuent malgré une accalmie après le discours du Premier ministre / Le 12h30 / 2 min. / hier à 12:35

Les manifestations ont globalement été de moindre ampleur que mardi où de 266'000 à 450'000 personnes s'étaient rassemblées dans tout le pays : à Lille (nord), Rennes (ouest) et Bordeaux (sud-ouest), les préfectures ont recensé respectivement 3200, 3400 et 2800 manifestants.

A Marseille, (sud) quelque 3900 personnes ont manifesté, selon la préfecture, mais quelques centaines ont également participé à des rassemblements non déclarés.

Un lycée proche de Bordeaux a été en partie "saccagé" par des jeunes, en marge de la mobilisation.

Nouvelle mobilisation le 13 octobre

En préambule, l'intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mardi 13 octobre. "Tant qu'on n'aura pas 10 milliards (d'euros) sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante.

Dans l'après-midi, les trois principales associations lycéennes avaient été reçues par Edouard Geffray. Un rendez-vous à l'issue duquel les lycéens sont sortis mitigés.

Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, les lycéens français réclament de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.

cab avec afp