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    Jul 22, 2026

    Le Ghana mise sur les titres d’identité biométriques pour limiter les fraudes

    État civil.

    Le Ghana investit toujours plus pour généraliser l’utilisation de sa carte d’identité biométrique. Le 15 juillet, la réglementation concernant la vérification d’identité a changé pour interdire l’usage de la photocopie et le contrôle visuel des documents. La numérisation est perçue comme une occasion de démocratiser l’accès aux institutions et aux services financiers.

    Une agent de bureau de vote vérifie l’identité d’une électrice, à Bole, dans l’ouest du Ghana, lors de l’élection présidentielle de décembre 2012. PHOTO PIUS UTOMI EKPEI/AFP

    Le mercredi 15 juillet, le secrétaire exécutif de l’Autorité nationale d’identification (NIA), Wisdom Yayra Koku Deku, a annoncé un amendement des règlements en vigueur concernant la vérification d’identité : “Photocopier la carte d’identité ou se contenter de vérifier la photo dans le cadre d’une transaction est désormais interdit […]. La vérification biométrique est le seul moyen légal de contrôler l’identité du titulaire de la carte”, explique le quotidien local Graphic Online.

    Comme le rappelle la BBC, le Ghana a introduit au cours de la dernière décennie une carte d’identité plastifiée biométrique, ou “carte Ghana”. Celle-ci rassemble des données telles que les empreintes digitales, un scanner de l’iris, une photo d’identité et une signature. Elle est désormais nécessaire pour l’ouverture d’un compte bancaire, l’obtention d’une carte SIM ou la délivrance d’un passeport ou d’un permis de conduire.

    Désormais, les structures chargées de vérifier l’identité des citoyens devront systématiquement scanner leurs pièces d’identité en utilisant une application mobile prévue à cet effet. Elles ne pourront plus se contenter d’un contrôle visuel ni accepter une photocopie du document. Les contrevenants, institutions comme particuliers, s’exposent à une amende.

    “Frustration numérique”

    Le Ghana est un pionnier, à l’échelle de l’Afrique, dans la sécurisation et la certification des pièces d’identité. En avril, Afrik.com s’enthousiasmait, par exemple, à l’idée de voir une fonction de paiement directement intégrée aux cartes d’identité biométriques. Une première sur le continent. Le site panafricain y voyait une manifestation de la volonté des autorités d’accélérer “la numérisation des services financiers”, de “réduire l’usage de l’argent liquide” et d’“améliorer la traçabilité des transactions”.

    Pour Modern Ghana, ce récent changement de réglementation s’inscrit également dans cette logique. Mais les infrastructures du pays sont-elles seulement prêtes ? Le titre craint une forte pression sur les serveurs de la NIA, des coupures de courant récurrentes, des opérations de maintenance. “Imaginez des milliers de clients de banques obligés d’attendre. Des hôpitaux qui doivent traiter des urgences. Les opérateurs télécoms qui arrêtent d’activer des cartes SIM. Les plateformes de paiement mobile qui cessent toute opération. Si les vérifications prennent trop de temps, les files d’attente à travers le Ghana deviendront insupportables. La transformation numérique ne doit pas devenir une frustration numérique.”

    À cela s’ajoute une inquiétude toujours aussi prégnante concernant les risques en matière de cybersécurité. “Paradoxalement, les systèmes de sécurité les plus avancés attirent souvent les criminels les plus chevronnés.” Dans un autre article, Modern Ghana remarquait que l’introduction des cartes d’identité biométriques et une flambée de la cybercriminalité avaient été concomitantes : “Le Ghana a dépensé des centaines de millions de cédis [la monnaie nationale] pour créer le système d’identité biométrique le plus perfectionné d’Afrique de l’Ouest. […] Alors pourquoi les pertes liées à la cybercriminalité ont-elles atteint 23,3 millions de cédis en 2024 [1,7 million d’euros], et pourquoi ont-elles encore grimpé de 17 % durant le seul premier semestre de 2025 pour s’élever à 14,94 millions de cédis [1,1 million d’euros] ?”

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