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  • 2026-07-20 17:15:00 +0000 UTC

    Jul 20, 2026

    Le fiasco du Brésil, les adieux ratés de Cristiano Ronaldo, la surprise Cap-Vert... notre bilan de la Coupe du monde 2026

    Le fiasco : le Brésil

    Avec Carlo Ancelotti à sa tête, le Brésil devait retrouver un peu de sa superbe. Mais les matches de qualification dans la zone AmSud (5e avec 6 défaites) et la prestation de mars face aux Bleus (1-2) avaient éveillé des premiers doutes. Le retour tant espéré de Neymar, finalement convoqué pour la première fois depuis trois ans, a ému le pays et lui a redonné du souffle, mais il n'a pas suffi.

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    Neymar avait réduit l'écart sur penalty, à la fin du match entre le Brésil et la Norvège (1-2), en huitièmes de finale de la Coupe du monde. (P. Lahalle/L'Équipe)

    Neymar avait réduit l'écart sur penalty, à la fin du match entre le Brésil et la Norvège (1-2), en huitièmes de finale de la Coupe du monde. (P. Lahalle/L'Équipe)

    Ce jour-là, Casemiro (34 ans) a fait son âge, Gabriel a souffert, l'équipe a cruellement manqué d'un 9 de haut niveau, et Neymar a sans doute inscrit, sur penalty, son dernier but en sélection. Cela faisait trente-six ans que le Brésil n'avait pas été sorti si tôt en Coupe du monde, et ce résultat très décevant n'a fait que confirmer la crise profonde qui touche le football brésilien, également écorné par d'incessantes querelles de pouvoir au sein de sa Fédération. T. Do.

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    Les adieux ratés : Cristiano Ronaldo

    Dans ses rêves les plus fous, Cristiano Ronaldo, 41 ans, s'imaginait jouer cette Coupe du monde avec son fils (16 ans). La star planétaire est finalement venue seule, et sur le terrain aussi, elle a paru isolée, souvent à contretemps. L'attaquant d'Al-Nassr (233 capes, 146 buts), a tout de même inscrit un doublé face à l'Ouzbékistan (5-0) et transformé son penalty face à la Croatie (2-1), en 16es, mais il n'a pas existé face à l'Espagne en huitièmes (0-1), avec seulement 19 ballons touchés en 90 minutes.

    L'adoration du public n'a pas suffi, l'enfant de Madère a semblé à bout de souffle et l'étiquette de boulet lui collait davantage que celle de sauveur de la nation. Cet échec est toutefois partagé, notamment avec Roberto Martinez, qui a annoncé son départ peu de temps après l'élimination. Le sélectionneur du Portugal a sans doute un peu trop respecté le statut de CR7 en le faisant jouer quasiment l'intégralité des matches.

    « Je pars avec la conscience tranquille, a dit Ronaldo après coup. J'ai gagné trois titres avec le Portugal. Avant Cristiano, il n'en avait gagné aucun. Je suis heureux. » Avant de conclure : « C'est vrai que c'était mon dernier Mondial, oui. » Peut-être celui de trop, aussi. T. Do.

    Cristiano Ronaldo avait été impuissant lors de la défaite du Portugal contre l'Espagne (0-1), en huitièmes de finale. (F. Faugère/L'Équipe)

    Cristiano Ronaldo avait été impuissant lors de la défaite du Portugal contre l'Espagne (0-1), en huitièmes de finale. (F. Faugère/L'Équipe)

    La déception : Julian Nagelsmann

    Malgré une première compétition mitigée, un Euro à la maison achevé en quarts de finale face aux futurs vainqueurs espagnols (1-2, a.p.) Julian Nagelsmann avait au moins réussi à réparer la relation abîmée entre la sélection et le public allemand, dont l'engouement s'était propagé dans tout le pays. Deux ans plus tard, le sélectionneur de la Mannschaft était attendu sur un autre terrain pour cette Coupe du monde américaine, même dans le costume d'outsider.

    Et l'échec a été cuisant avec une élimination dès les seizièmes de finale face au Paraguay (1-1, 3-4 aux t.a.b.), un adversaire minimaliste à la portée de Joshua Kimmich et de ses coéquipiers. Mais Nagelsmann a payé un management difficilement lisible, comme sur le cas du gardien de but (rappel à la dernière minute de Manuel Neuer, titularisé à la place d'Oliver Baumann) et de l'avant-centre (gestion de Deniz Undav, l'attaquant le plus efficace), ou encore une liste bancale, avec un seul latéral droit qui ne voulait pas y jouer (Kimmich).

    Julian Nagelsmann, au centre, après l'élimination de l'Allemagne par le Paraguay (1-1, 3-4 aux t.a.b.), en 16es de finale. (S. Mantey/L'Équipe)

    Julian Nagelsmann, au centre, après l'élimination de l'Allemagne par le Paraguay (1-1, 3-4 aux t.a.b.), en 16es de finale. (S. Mantey/L'Équipe)

    À sa décharge, le technicien a aussi dû composer avec les forfaits de joueurs offensifs importants (Serge Gnabry ou Lennart Karl). Il n'a pas trouvé de solutions et il s'est accroché à son contrat, qui courait jusqu'au prochain Mondial, en 2030, avant de céder sous la pression de l'opinion publique et de démissionner. Ba. C.

    La révélation : Johan Manzambi

    Dans une Coupe du monde élargie où les stars ont répondu présent, au milieu d'une foule de joueurs pour beaucoup en mal de reconnaissance, il s'est détaché nettement. Avec trois buts marqués et deux passes décisives en quatre apparitions avec la Suisse, Johan Manzambi a même crevé l'écran. L'attaquant polyvalent (20 ans), qui s'est engagé avec Aston Villa cet été, finaliste de la Ligue Europa avec Fribourg en fin de saison, a pourtant commencé le tournoi comme remplaçant.

    Mais ses entrées en jeu face au Qatar (1-1) puis surtout celle face à la Bosnie-Herzégovine (4-1), contre qui il a inscrit un doublé détonnant (74e et 90e) ont changé la donne aux yeux du sélectionneur helvète Murat Yakin. Titularisé pour les deux matches suivants, il a encore fait parler sa vitesse, sa puissance et son instinct pour se montrer décisif, notamment sur l'ouverture du score de Breel Embolo contre l'Algérie (2-0), en 16es. Avant d'être stoppé net dans son élan par une contusion à un genou.

    Johan Manzambi, à droite, au duel avec Farès Chaïbi, lors de Suisse-Algérie (2-0), en 16es de finale. (A.-M. Sorvin/Imagn Images/Presse Sports)

    Johan Manzambi, à droite, au duel avec Farès Chaïbi, lors de Suisse-Algérie (2-0), en 16es de finale. (A.-M. Sorvin/Imagn Images/Presse Sports)

    Sans lui, la Nati a manqué d'énergie, d'idées et de réalisme en huitièmes de finale contre la Colombie (0-0, 4-3 aux t.a.b.) et surtout en quarts face à l'Argentine (1-3, a.p.). Mais le natif de Genève n'a pas tout perdu. Ses performances ont convaincu Aston Villa, vainqueur de la C3, de miser gros (autour de 60 millions d'euros) sur lui. Révélation du Mondial, l'ex de la Bundesliga s'apprête à découvrir la Premier League. H. S. (avec S. Bu.)

    La belle surprise : le Cap-Vert

    Dans quelques années peut-être, ils réaliseront encore mieux la portée de leur exploit. Car il s'agit bien de cela. Comment qualifier autrement le parcours des joueurs du Cap-Vert ? Pour leur première participation à la Coupe du monde, les Requins bleus ont non seulement été les seuls à résister à l'Espagne (0-0), future championne du monde, dans une phase de groupes qu'ils ont terminé invaincus (2-2 contre l'Uruguay et 0-0 contre l'Arabie saoudite).

    Mais ils ont aussi fait trembler le finaliste argentin (2-3 a.p.), poussé en prolongation dans un seizième de finale irrespirable et incroyable d'intensité. Portée par Vozinha, son gardien vétéran de 40 ans, devenu un phénomène autant pour ses arrêts spectaculaires que pour l'histoire touchante de sa mère, finalement autorisée à entrer aux États-Unis après en avoir été interdite, la 64e nation au classement FIFA s'est distinguée par sa rigueur défensive.

    Lionel Messi et l'Argentine avaient longtemps été accrochés par le Cap-Vert (2-3, a.p.), en 16es de finale. (S. Stacpoole/Offside/Presse Sports)

    Lionel Messi et l'Argentine avaient longtemps été accrochés par le Cap-Vert (2-3, a.p.), en 16es de finale. (S. Stacpoole/Offside/Presse Sports)

    Oeuvre du sélectionneur Bubista, elle a été incarnée à merveille par Roberto Lopes, modeste défenseur des Shamrock Rovers (D1 irlandaise) recruté sur Linkedin. Cette résistance héroïque, en dépit de faibles moyens, a permis de placer l'archipel d'Afrique de l'ouest sur la carte du football mondial. H. S.

    2026-07-20 17:15:00 +0000 UTC