midmed-news.com
  • 2026-08-06 10:34:00 +0000 UTC

    Aug 06, 2026

    Le drone neutralisé par un chauffeur de bus à l’aéroport de Leipzig: l’engin contenait 800 g d’explosif

    Un drone de la police allemande survole la zone où le drone piégé a été découvert. Des démineurs sont sur place. © REUTERS, Hendrik Schmidt/DPA via AP

    Allemagne

    Au cours d’une ronde nocturne à l’aéroport de Leipzig, un chauffeur de bus aperçoit un petit drone volant près de plusieurs avions-cargos ukrainiens. Il descend de son véhicule et le fait tomber au sol de ses propres mains. Ce n’est que plus tard qu’il se rendra compte du danger: l’engin transportait une bombe artisanale de la taille d’une boîte de conserve. Selon les médias allemands, le dispositif contenait environ 800 grammes de Semtex, une quantité suffisante pour faire exploser un avion.

    Karen Van Eyken, Matthias Bertrand

    Source: HLN

    6 août 2026, 12:34Dernière mise à jour: 12:44

    Ajoutez-nous à vos favoris Google

    Les informations des médias allemands divergent quelque peu quant à l’identité de l’homme et aux circonstances précises de l’incident. Les autorités se sont pour l’instant contentées de confirmer que c’est un employé de l’aéroport qui avait repéré le drone.

    Mardi soir, peu avant minuit, un bus circule sur le site de l’aéroport de Leipzig. D’après le quotidien allemand Die Zeit, il est chargé de touristes qui participent à une visite nocturne des lieux. En revanche, le journal régional Leipziger Volkszeitung affirme que le bus est vide, la visite venant de se terminer et le chauffeur étant sur le chemin du retour vers son dépôt.

    Vers 23h40, le bus passe à proximité de plusieurs gros avions-cargos de la compagnie ukrainienne Antonov Airlines. Soudain, le conducteur remarque un petit appareil évoluant à basse altitude près de l’un des avions. Il s’agit d’un petit drone quadricoptère.

    Un Antonov ukrainien à Leipzig. © AFP

    Un explosif très puissant

    Le chauffeur freine, descend de son véhicule et plaque immédiatement le drone au sol. À ce moment-là, son geste est simplement motivé par le règlement : une interdiction stricte de survol par des drones est en vigueur sur l’ensemble du site aéroportuaire. Tout appareil repéré doit être signalé sans délai, ce qu’il fait dans la foulée.

    Ce n’est que lorsque la police examine l’appareil qu’il apparaît qu’il ne s’agit pas d’un simple drone de loisir égaré. Le quadricoptère transporte une bombe artisanale, de la taille approximative d’une boîte de conserve. Les enquêteurs identifient l’explosif comme étant du Semtex, un puissant explosif de type “plastic”, inventé et fabriqué en Tchécoslovaquie depuis la fin des années 1960 et utilisé tant pour des applications industrielles que dans des usages militaires. Un robot est ensuite déployé par des démineurs afin de neutraliser la charge.

    Les enquêteurs estiment que le détonateur a probablement été endommagé lorsque l’employé a fait tomber le drone, ce qui pourrait avoir empêché l’explosion. Si la quantité exacte de Semtex utilisée dans la bombe n’a pas été communiquée, cet explosif n’a rien d’un pétard mouillé: en 1988, lors de l’attentat de Lockerbie qui détruisit un Boeing 747, il a suffi de 312 grammes de Semtex, selon les déclarations des deux Libyens jugés pour cet attentat. Une petite boîte, elle-même placée dans une valise en soute, a déchiré le fuselage à haute altitude. Sur les 270 personnes à bord, aucune n’a survécu.

    Attaque hybride

    Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a confirmé que l’engin contenait vraisemblablement un explosif de qualité militaire. Selon lui, tout indique que les auteurs disposaient de solides compétences techniques et d’une grande expérience dans la manipulation d’explosifs.

    “Rien dans cette affaire ne laisse penser qu’il s’agit du travail d’un amateur”

    Alexander Dobrindt

    “Rien dans cette affaire ne laisse penser à l’œuvre d’un amateur”, a insisté le ministre allemand. Lors d’une conférence de presse, il a qualifié l’incident survenu à l’aéroport de Leipzig de “scénario d’attaque hybride” et n’a pas exclu l’implication de “puissances étrangères”. Les enquêteurs cherchent encore à déterminer qui pilotait le drone, d’où il a été lancé et quelle était la cible visée.

    Alexander Dobrindt © AFP

    Le parquet général de Dresde ainsi que le Centre de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme ont repris l’enquête. Les autorités n’écartent pas un mobile politique, les aéroports étant considérés comme des infrastructures stratégiques.

    Plusieurs vols, dont un avion de ligne, ont dû être déroutés après la découverte du drone. Les deux pistes de décollage et d’atterrissage de l’aéroport de Leipzig/Halle ont ensuite été fermées pendant plusieurs heures.

    Un robot de déminage a été déployé pour examiner le drone. © Hendrik Schmidt/DPA via AP

    Le spectre russe

    Depuis 2006, Leipzig sert de base de maintenance à Antonov. Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, six avions-cargos de la compagnie y sont stationnés. L’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne a rapidement pointé la Russie du doigt, mais le ministère allemand de l’Intérieur a souligné qu’aucun lien direct n’avait, à ce stade, été établi.

    LIRE AUSSI

    Aussi dans l'actualité

    2026-08-06 10:34:00 +0000 UTC