Le comptable a détourné près de 1,2 million: "Un engrenage infernal"
Les agissements auraient pu passer quasi inaperçus si la banque, elle-même, ne s'était pas rendu compte que des virements étaient suspects. En effet, c'est par le biais de sa propre institution bancaire que l'asbl centre pluraliste familial du Luxembourg, supervisant plusieurs plannings familiaux de la province, a été alertée, au sortir de la période de Covid, de mouvements suspects. Des virements partaient du compte de l'asbl vers un compte privé, celui en l'occurrence de son comptable. Des mouvements "maquillés" comme des paiements ou des sursalaires. Le tout représentant une somme de 223 000€. Le centre pluraliste familial n'a pas été la seule victime.
Au départ, le comptable a été pris sur le fait par les patrons dans l'entreprise pour qui il prestait. Les virements étaient alors renseignés comme des paiements ONSS ou TVA. Les responsables de l'entreprise avaient accepté de ne pas déposer plainte sous réserve de remboursements des sommes détournées, pour un total estimé entre 450 000 et 600 000€.
Pour rembourser justement, le comptable s'est fait engager ailleurs où de nouveaux détournements au départ des comptes ont été orchestrés pour avoir des fonds pour rembourser. Les comptes d'une autre entreprise et le centre pluraliste familial ont été vidés peu à peu. Le comptable qui avait aussi une entreprise de construction a de plus émis de fausses factures, relatives à un chantier pour sa propre habitation, afin que sa banque libère des fonds.
"J'étais paniqué"
L'homme s'est retrouvé devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau, ce mercredi, pour répondre de ces agissements. "J'étais alors dans un engrenage, complètement paniqué", dit-il, tout en reconnaissant les faits dans une période de difficultés. Le parquet estime que les sommes détournées atteignent au total… 1,2 million d'euros.
Avec des conséquences pour la comptabilité des structures lésées. "Un montant de 223 000 € est très important pour une asbl de 20 personnes rendant des services aux citoyens", explique Me Pierre Neuville, avocat du centre pluraliste familial, constitué partie civile. L'asbl bénéficiant par ailleurs de soutiens publics pour ses missions.
"Le prévenu a creusé un trou pour en boucher un autre"
"Le prévenu a creusé un trou pour en boucher un autre", relève le substitut du procureur du roi Pierre d'Huart, notant que des sommes détournées ont permis au prévenu de s'offrir des voyages ou des restaurants. Le représentant du ministère public réclame 2 ans de prison et 5 000 € d'amende compte tenu "de la longue période infractionnelle et du nombre de victimes dont une asbl bénéficiant de fonds publics".
La substitut réclame la confiscation de 1,2 million d'euros correspond aux sommes détournées, même si certaines ont servi à commencer à rembourser, tout en marquant son accord pour revoir ce montant à la baisse si la différence est utilisée pour rembourser les victimes.
L'avocat de l'ancien comptable, Me Jean-François Moniotte, explique que l'interpellation de son client a été une forme de "soulagement" car cela a permis d'arrêter "l'engrenage infernal".
Le conseil demande au tribunal de privilégier aussi l'obligation de rembourser plutôt que la confiscation des sommes. Sur le plan de la peine, le prévenu sollicite une suspension probatoire. Jugement le 21 octobre
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