Le Carolo Kevin Van Den Kerkhof est le joueur du mois d'août et confie une anecdote inédite : "Oui, j'ai aidé pour que son transfert se fasse" - Clone

En s'emparant du nouveau trophée récompensant le joueur du mois en Pro League, Kevin Van Den Kerkhof dispose d'un sourire qui barre l'ensemble de son visage.

"Il est plutôt pas mal", concède-t-il lorsqu'on lui remet sa récompense sur le côté droit de la pelouse du Mambourg où il a pris l'habitude, depuis un an, de dynamiter son flanc.

Deux ans après Daan Heymans, l'international algérien est devenu le deuxième Zèbre à recevoir les lauriers d'un prix décerné par les rédactions de la DH/Les Sports et de la RTBF Sports.

"C'est une fierté, avoue-t-il. J'avais déjà été nommé dans l'équipe-type de la saison en Ligue 2 aux trophées UNFP 2023. J'ai aussi été désigné meilleur joueur du mois du FC Metz en novembre et décembre 2023. Et cette saison, j'ai été élu homme du match à Courtrai et contre Malines. Je vais devoir créer un espace à la maison pour mettre toutes ces coupes."

Kevin Van Den Kerkhof, l'homme en forme du Sporting Charleroi, rêve de la Coupe du monde avec l'Algérie : "Je pense mériter d'y aller"

Pour se concocter un musée personnel où ces diverses distinctions côtoieront la collection de maillots qu'il s'est créée en les échangeant avec des adversaires prestigieux. "J'ai la tunique de Mohamed Salah avec l'Égypte, celle du PSG par l'intermédiaire de Lucas Hernandez et l'OM de Pierre-Emerick Aubameyang. Parfois, je les mets l'été mais j'évite de trop les utiliser car le flocage se retire quand on les passe trop au lavage", se marre le jeune trentenaire.

Avant de les "contempler dans le futur car ça fera des jolis souvenirs de ma carrière", le latéral droit s'est concentré sur son passé et son présent en se frottant à nos questions cash auxquelles il a répondu comme il le fait avec ses pieds sur le terrain : de manière percutante, sans se défausser. Même quand nous l'avons relancé.

Charleroi's Kevin Van Den Kerkhof celebrates after scoring during a soccer match between Sporting Charleroi and KV Mechelen, Saturday 22 August 2026 in Charleroi, on day 3 of the 2026-2027 'Jupiler Pro League' first division of the Belgian championship.
BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR
Depuis le début de la saison, Kevin Van Den Kerkhof a pu souvent étrenner sa célébration du "Bang Bang". ©Belgaimage

1. Kevin Van Den Kerkhof est le meilleur latéral droit du championnat belge

Oui (rires). Je ne négligerai jamais aucun joueur, mais je fais partie des meilleurs. Puis je mets tout en œuvre pour l'être.

Quel est l'un de vos concurrents qui vous a marqué ?

L'an dernier, il y avait Zakaria El Ouahdi à Genk. On a le même style de jeu, fort porté vers l'attaque.

Est-ce que vous vous attendiez à vous démarquer autant en Belgique ?

Ce n'est pas une surprise. Je savais que tout irait bien si je restais moi-même et que j'utilisais mes qualités. Je dois reconnaître, cependant, que ça se passe mieux que prévu. De temps en temps, je sens que les coachs adverses me cernent avec un opposant qui me titille et me suit à la trace.

Quelle est la dernière fois où ce scénario a eu lieu ?

À Courtrai, Thierry Ambrose avait pour consigne de me sortir de mon match. On s'est titillés. Dans ces cas-là, il faut garder son sang-froid. Et à la fin, dans le tunnel, on s'est serré la main comme des amis.

2. La Coupe de France gagnée par Lens vous fait davantage plaisir que ce trophée de joueur du mois

Je suis supporter des Sang et Or depuis tout petit. Quand j'avais 12 ans, j'allais avec les ultras à Bollaert dans la tribune Marek. Je peux le dire maintenant car il y a prescription et on a gagné : j'étais au Stade de France lors de la victoire en finale de la Coupe de France face à Nice alors qu'il y avait le choc wallon au Standard le lendemain (sourires). Bon, je suis rentré directement après la rencontre.

guillement

La veille du choc wallon à Sclessin, j'étais au Stade de France voir Lens.

Qu'est-ce que cela vous procure quand vous affrontez Lens, comme l'été dernier en préparation ?

Ça me fait toujours plaisir, d'autant plus que leurs supporters savent que je suis fan. L'accueil est toujours chaleureux. Ils sont conscients que je suis attaché au club. À l'échauffement, les gens m'appellent pour des photos ou des signatures.

Éprouve-t-on aussi des difficultés quand l'on s'appelle Van Den Kerkhof pour obtenir des places à Lens qui s'arrachent en quelques minutes ?

Oui, j'ai dû demander les billets à Matthieu Udol, avec qui j'ai joué à Metz. Quand Lens viendra à Bruges en Ligue des champions le 21 octobre, je solliciterai Yacine (Titraoui).

3. À ce propos, une source nous dit que vous avez participé au transfert de Titraoui

Oui, c'est vrai. J'ai aidé à ce que la transaction se fasse. Mon agent actuel a de très bonnes relations avec Jean-Louis Leca (le directeur sportif) et Yannick Cahuzac (l'adjoint). Moi, je savais que ça pouvait matcher avec Yacine. Quand il est venu me voir pour obtenir des conseils sur son futur, je lui ai dit de me laisser faire. Au bout de 10 minutes, c'était réglé. Je suis trop content pour lui car il est comme mon petit frère.

guillement

Quand Yacine est venu me voir, je lui ai dit de me laisser faire. Au bout de 10 minutes, c'était réglé.

4. La Coupe du monde 2026 incarne le plus gros regret de votre carrière

Je ne peux que confirmer. Je pensais figurer dans la liste de l'Algérie mais au-delà de ça, j'ai été déçu par la manière dont ça s'est fait. On n'a pas eu de nouvelles. Il n'y a pas eu de liste officielle. Personne n'a été prévenu. C'était totalement incompréhensible.

Quand est-ce que vous avez compris que c'était fini pour vous ?

En regardant les réseaux sociaux où l'on voyait les vidéos des sélectionnés, qui ont été prévenus par message, arriver à l'aéroport. Par après, je n'ai même pas reçu un appel. Alors que j'avais été pendant deux semaines dans l'attente la plus totale. Je n'osais pas réserver mes vacances. Au final, c'est un rêve enfui. Je pense que je méritais un peu d'honnêteté, même si je n'étais pas repris.

Le changement de sélectionneur, au détriment de Vladimir Petkovic, constitue-t-il une nouvelle source d'espoir ?

L'arrivée de Brahim Hemdani rebat les cartes. Une liste va tomber ce mois-ci. Je me tiens prêt.

guillement

J'ai compris que je n'irai pas à la Coupe du monde en regardant les réseaux sociaux.

5. Kevin Van Den Kerkhof était trop léger pour la Ligue 1

Du tout. La preuve, j'ai été élu deux mois de suite joueur du mois à Metz à la fin de l'année 2023. Ensuite, je pars à la Can. L'équipe tourne mal avec 7 défaites d'affilée. Quand je reviens, à l'image de l'équipe, j'étais dans le trou. En plus, j'évoluais comme ailier droit dans un système ultra-défensif.

Pourquoi les choses se sont-elles gâtées en Ligue 2 ?

Là, ce n'est même plus du sportif. Je suis tombé sur un coach qui ne m'aimait pas (NdlR : Stéphane Le Mignan). On faisait tout pour me faire disjoncter.

Comment cela se matérialise-t-il ?

C'était vicieux. En préparation, je passe du banc à titulaire indiscutable. Mes coéquipiers me disent que je réalise une grosse avant-saison. Lors de la première journée, je sors pourtant de l'équipe de manière inexplicable. Au mercato d'hiver, je reçois une offre de Turquie et une autre de Suisse. Là, il me dit qu'il a envie de me remettre dans le 11 de base car j'ai réalisé trois grosses semaines à l'entraînement. Finalement, le transfert ne se fait pas. Et au match suivant, je suis hors du groupe.

Vos nerfs ont-ils réussi à tenir ?

Oui. Chaque jour, le groupe avait rendez-vous à 8 h 30. J'arrivais une heure plus tôt en compagnie de Gauthier Hein et Benjamin Stambouli. L'entraîneur les prenait en exemple devant tout le groupe mais moi pas (rires). Même les adjoints me regardaient interloqués. Il y a eu aussi la fois où le jour de mon anniversaire à Dunkerque, je fais le voyage mais il me met 19e homme et je suis dans les tribunes. J'étais frustré.

guillement

À mon anniversaire, le coach de Metz me fait faire le voyage à Dunkerque pour me mettre en tribune.

6. En ayant été pro aussi tard, vous allez jouer jusqu'à 40 ans

C'est tout le mal que je me souhaite. Ça serait magnifique de pouvoir aller jusqu'à 37-38 ans mais au bout d'un moment, c'est le corps qui décide. On verra ce que le mien me réserve.

Avez-vous des secrets pour l'entretenir ?

Je le gère en fonction de mes sensations. Les deux piliers se trouvent dans l'hygiène de vie et le travail en salle mais il faut aussi doser pour ne pas trop en faire. 3-4 jours avant une rencontre, je fais vraiment gaffe. Par contre, si j'ai envie d'un fast-food après un match ou le lendemain, je me fais plaisir. Ça fait du bien à la tête.

Quand on signe son premier contrat pro à 26 ans, peut-on arrêter de travailler après sa carrière ?

Non. D'ailleurs, je me soucie déjà de sécuriser mon avenir. Il faut y penser maintenant, à travers des investissements.

Utiliserez-vous votre bac +2 en management des unités commerciales ?

J'aimerais rester dans le milieu du foot. Les métiers d'agent, d'entraîneur et de directeur sportif me tentent, même si j'ai encore le temps d'y penser.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.