Le bistrot belge, meilleur remède à la solitude

Reportage.

En Flandre, les cafés populaires ferment les uns après les autres. Le quotidien d’Amsterdam “De Volkskrant” a rendu visite à ses voisins belges dans la ville d’Anvers pour rencontrer Ben Mouling, qui mène la résistance. Selon lui, ces établissements sont essentiels à la vie des quartiers, et constituent l’un des derniers remparts contre la solitude.

Dessin de Kopelnitsky, Etats-Unis.

Au café In de Stad Aalst [“Dans la ville d’Alost”], il y a de la vie. Philippe, client fidèle et passablement éméché, exécute entre deux pas de danse un grand écart devant le comptoir. À côté, un vendeur à la sauvette africain tente de refourguer son parfum de contrefaçon et présente à la serveuse une bague dorée de pacotille. Le jukebox crache du blues et de la variété allemande, puis de la techno étourdissante. Les mains se lèvent. Il est 16 heures et c’est la fête.

“Oui, ce sont des gens en marge de la société”, commente Ben Mouling, 50 ans, assis dans un coin de ce petit café tout en lambris, miroirs et lustres en cuivre. In de Stad Aalst est un café animé, mais pas que : c’est un échantillon du patrimoine flamand. Fondé en 1876, il appartient à la même famille depuis trois générations. Du reste, il ne se trouve pas à Alost, mais à Anvers, à l’endroit où arrivaient autrefois les diligences en provenance d’Alost.

“Et, oui, il y a aussi des alcooliques, poursuit Ben Mouling, qui n’entend pas minimaliser cette réalité. Mais où voulez-vous qu’ils aillent ? Je trouve mieux qu’ils soient ici plutôt qu’à se saouler seuls chez eux jusqu’au coma. Dans ce café, quand un client ne se montre pas pendant trois jours, le patron appelle partout pour savoir où il est. C’est le plus bel exem

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de Volkskrant (Amsterdam)

Né en 1919, comme hebdomadaire du mouvement travailliste catholique, “Le Journal du peuple” s’est laïcisé en 1965. Le journal est aujourd’hui la lecture favorite des progressistes d’Amsterdam, et le troisième quotidien du pays, après De Telegraaf et Algemeen Dagblad. Le titre appartient aux éditions du Persgroep, un groupe de presse belge qui détient la plupart des journaux flamands et néerlandais.

De nombreuses personnalités de la littérature néerlandaise ont tenu des chroniques dans de Volkskrant, parmi lesquels l’écrivain Godfried Bomans, le romancier Kader Abdolah et le poète Remco Campert.

Lancé en mai 1996 à titre expérimental, le site a pris par la suite un certain relief pour aboutir à sa forme actuelle, avec une partie des contenue réservée aux abonnés.

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