Le bilan d'un naufrage au Zimbabwe s'alourdit à 94 morts, le gouvernement pointe une "erreur humaine"

Vue générale du lac Kariba quelques instants après la cérémonie commémorative organisée au stade Nyamhunga de Kariba, le 13 août 2026, en hommage aux victimes du naufrage du ferry de passagers de la Rural Infrastructure Development Agency (RIDA).

Vue générale du lac Kariba quelques instants après la cérémonie commémorative organisée au stade Nyamhunga de Kariba, le 13 août 2026, en hommage aux victimes du naufrage du ferry de passagers de la Rural Infrastructure Development Agency (RIDA). - JEKESAI NJIKIZANA / AFP

Un bateau appartenant au gouvernement zimbabwéen a chaviré le 12 août dernier, faisant près de 100 morts. En parallèle, l'enquête sur les circonstances de l'incident avance.

Le bilan du chavirage d'un ferry appartenant au gouvernement zimbabwéen sur le lac Kariba s'est alourdi ce mardi 18 août à 94 morts, annonce la police qui a repêché encore deux corps une semaine après l'accident.

Le ministre des Collectivités locales, Daniel Garwe, a affirmé ce mardi que le naufrage était dû à la "négligence et à une erreur humaine de la part du capitaine du bateau" lors du Conseil des ministres, tout en annonçant l'ouverture d'une enquête.

L'embarcation surchargée s'était retournée lors d'un épisode de mauvais temps et de fortes vagues, sur cette immense étendue d'eau séparant le Zimbabwe de la Zambie. Il s'agit de l'un des naufrages les plus meurtriers dans ce pays d'Afrique australe depuis l'indépendance.

Parmi les 83 personnes décédées qui ont été identifiées figurent 30 enfants de moins de dix ans, dont un nourrisson d'un mois, selon la police.

Une capacité de 90 passagers

Une alerte des services météorologiques déconseillait la navigation ce jour-là, d'après le gouvernement. Le navire n'avait qu'une capacité de 90 passagers d'après les autorités. En plus des 94 corps repêchés, 77 personnes avaient été secourues dans les premières heures suivant le naufrage, avait annoncé la sécurité civile locale.

La Première dame, Auxillia Mnangagwa, s'est déplacée ce mardi à Kariba, à environ 350km de route de la capitale Harare, pour apporter son soutien aux familles de victimes, selon des images des médias locaux.

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Des passagers inquiets face à l'agitation des eaux

En plus du remplacement du ferry, le président Emmerson Mnangagwa a ordonné la réparation en urgence de la route reliant Kariba et Chalalan la liaison qu'effectuait l'embarcation naufragée.

Le drame jette une lumière crue sur l'état des infrastructures dans le pays, le navire opérant par exemple depuis 41 ans, d'après les médias locaux.

"Le bateau disposait d'un certificat de navigabilité, délivré par le ministère des Transports", a assuré mardi le ministre Daniel Garwe.

Une surcharge manifeste

Une rescapée a déclaré que des passagers avaient fait part de leurs inquiétudes au capitaine face à l'agitation des eaux et à la surcharge manifeste du bateau, mais que celui-ci les avait ignorées.

"J'emprunte ce ferry depuis plus de cinq ans, mais cette fois, c'était différent. Il y avait tellement de fûts de diesel, de denrées alimentaires et d'autres bagages à bord", a raconté Itayi Marumisa, originaire du village de Mola.

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