Le 18/09, à Soye, les vainqueurs de la Potirun gagneront leur poids en potirons, les autres se consoleront avec un grand week-end autour de la courge
Impraticable aux machines agricoles mais idéal pour que les courges se répandent. Ce bout de champ raisonné de la rue de l'Oliviat, à Soye, en est gorgé, de toutes les couleurs, de formes surréalistes, le tout caché sous de grandes feuilles qui déjà se fanent et se teintent de taches blanches. Fin août, plus tôt que d'habitude, la fin de cycle s'annonce. "La nature est bien faite, sourit Guillaume Blomme. La courge fait d'énormes feuilles pour emmagasiner un maximum de lumière via photosynthèse mais aussi pour ramener l'eau au pied et permettre l'irrigation. En fin de vie, la feuille disparaît et laisse place aux fruits qui vont pouvoir grandir seul, profiter du soleil. " Et peaufiner… leur bronzage.
Pour tous les goûts et couleurs
Magasinier pour une société de véhicules et outils agricoles, le trentenaire, fils d'anciens éleveurs de vaches laitières, a eu un coup de cœur pour ce légume fruitier (cultivé au potager mais poussant sur une fleur), il y a quelques années. "C'est un aliment hyper-sain, fibreux, riche en vitamines et très facile à conserver pendant plusieurs mois. Lors d'une fête du potiron, dans le Brabant Wallon, j'ai compris qu'il y avait des centaines de variétés. J'étais un peu ignorant, je le suis toujours, on en apprend tous les jours, sur les formes, les couleurs, les goûts. Je ne suis pas le plus grand cuisinier mais ma compagne l'est, nous tentons des recettes vraiment sympas. On ne peut pas dire qu'une courge serve juste à faire du potage, on peut la décliner en frites, la faire gratiner évidemment mais aussi la servir en dessert. La melonnette, qui laisse une touche sucrée, s'y prête bien. "

La culture de "Monsieur Potiron" déborde. "Je n'ai jamais eu un champ comme ça. Il y a là 2000 plants de 42 variétés, allant des classiques aux découvertes, Red Kuri, Yokohama… Chaque plante produit deux à trois potirons. Je ne sais pas combien de sortes de courges existent : beaucoup ! "
C'est du lourd
Sa récolte, Guillaume a commencé à la vendre devant chez lui avant d'imaginer un petit self-service et un événement, l'année passée, le pumpkin market, pour faire vivre sa passion. Pour la deuxième édition, avec une poignée d'amis, il a rajouté une soirée sportive : la Potirun, le vendredi 18 septembre à 19h30 (lampe frontale obligatoire et baskets de trail conseillées).
"C'est une corrida rurale, champêtre de 5 ou 10 km, dans le quartier de Jodion, constituée de boucles de 2,5km à travers les champs, les prairies et même une ferme. L'idée, c'est que la famille, les supporters (NDLR. mais aussi les citrouilles, tracteurs, etc. disposées le long du parcours) voient passer les participants plusieurs fois. " Grosse balance à l'appui, les gagnants masculin et féminin du 10km gagneront leur poids en potirons ! "J'espère qu'ils viendront avec une brouette. " Parfait pour Halloween!
Après l'effort, le réconfort : il y aura de bons ravitaillements puis une vente de potiburgers. "Mes voisins sont des fins gourmets, ils ont eu l'idée d'un rösti au potiron intégré dans le pain avec le bœuf. "
Les samedi 19 (de 16h à 22h) et dimanche 20 (de 10h à 16h), place au pumpkin market. "Je vendrai ma production tout en accueillant les apiculteurs de Soye & Miel avec des petites surprises ; une vendeuse de moules à patisserie qui fera déguster quelques recettes de potirons ; un petit élevage avicole. Le dimanche, la barista carolo Déplantez-vous, proposera des matchas, des cafés latte mais aussi des pumpkin latte. " Sans oublier, entre les jeux du clou, le château gonflable et les vieux tracteurs, une exposition d'aquarelles visitant le grand Floreffe, œuvre de Noëlla Blomme, tante de l'hôte. Et pour les amateurs de jolies photos, Guillaume est en train de créer une impressionnante maison des potirons. Il y en aura partout, au sol, au plafond, dans les murs, rampant le long d'une structure en bois.
Les 18, 19 et 20 septembre au 7, rue Jules Brosteaux à Soye. Monsieur Potiron sur Facebook.
Vite dit
L'effroi des Saints de glace, un été sans maladie
Les ennemis n° 1 et 2 de la courge sont l'oïdium et les limaces. "Mais j'ai été épargné, cette année, je n'ai rien dû traiter. Mais, j'ai pu me rendre compte que les Saints de glace sont une réalité. Avec les nuits très fraîches de mai, ma plantation a longtemps végété et j'ai bien cru tout perdre. J'ai perdu 400 graines, au final. Ce sont des plantes très gélives, notamment au niveau des grandes feuilles. Après, la chaleur extrême est arrivée, contrée par une bâche bio qui enferme l'humidité dans la terre et un goutte-à-goutte. Je maîtrisais mon eau (70 m³ en tout) et le soleil faisait son boulot."

Hybridations
"Moi, je ne fais pas de croisements, à l'exception de la courge Halloween, qui donne un beau fruit cylindrique, bien gros et orange. J'essaie aussi de rassembler chaque variété de courge dans un coin. Maintenant, avec nos amis pollinisateurs, on peut avoir des surprises et des hybridations. C'est pour ça que je mets les coloquintes et potirons non comestibles à un autre endroit. "
Des catalogues de courges
À la morte-saison, Guillaume pense à ce qu'il va planter au printemps. "Je passe des soirées à regarder des catalogues de semences. J'essaie d'avoir toutes les formes, toutes les couleurs. Je prends aussi des potirons qui ne sont pas trop gros. Quand on se retrouve avec un potiron qui fait 7, 8, 10 kg, il faut savoir le consommer. " … et en éplucher la peau ! "La pelure peut se consommer, mixée. Mais, pour l'ôter, on peut se faciliter la tâche en passant le potiron 30-45 secondes au micro-ondes. "
Voiturier géant et tracteurs-navettes
Pour désengorger la petite rue qui mène à son hangar, au moment de son événement, Guillaume a organisé un parking dans un pré voisin, rue de Spy, indiqué par un énorme géant en bottes de foin. " L'événement sera à 150 mètres de là, avec des tracteurs qui feront les navettes. "
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