La visite des chefs à Saint-Tite assombrie par un drame
Le passage de plusieurs chefs au Festival Western de Saint-Tite a coïncidé samedi avec les suites d’un drame inquiétant les forçant à troquer en partie l’esprit de la fête pour celui des manifestations d’empathie.
En temps normal les visites de politiciens à St-Tite se font dans un contexte léger. Les chefs sortent leur chapeau de cow-boy, se mêlent à la foule, et exposent la fantaisie dont ils sont capables.
Mais l’ambiance était différente à l’arrivée du candidat Charles Milliard sur le site samedi matin. « Je vais offrir ma sympathie aux victimes et leur souhaiter le meilleur pour la suite », a-t-il réagi, chapeau de cow-boy sur la tête.
Deux autres chefs avaient prévu de s’arrêter au festival de St-Tite samedi après-midi : Christine Fréchette et Paul St-Pierre Plamondon.
Une fois sur place, Mme Fréchette a repris temporairement son rôle de première ministre pour faire le point avec les organisateurs et la police. L’hypothèse d’une attaque étant dissipée, elle a pu livrer un message rassurant avant de se lancer dans la foule, en compagnie notamment de l’influenceur Olivier Primeau.
Le chef du Parti Québécois a aussi livré un message sobre aux victimes à son arrivée en fin de journée. Il a ajouté que les services policiers pourraient peut-être « rehausser » leurs standards de sécurité lors de grands événements, ce qu’a validé son candidat dans Verchères, Guy Lapointe, un ancien porte-parole de la SQ qui l’accompagnait.
Après avoir répondu aux questions des journalistes, M. St-Pierre Plamondon a rejoint ses enfants pour une activité familiale, comme il le fait chaque samedi depuis le début de la campagne.
Duhaime ravi par un sondage sur les gaz de schiste
Le chef conservateur Éric Duhaime, qui avait visité Saint-Tite plus tôt dans la campagne, participait samedi à la manifestation des agriculteurs contre le projet de TGV d’Alto à Rigaud. « Ça fait des mois qu’on est contre », a-t-il déclaré en évoquant l’ampleur des « coûts » et « l’empiètement sur les terres agricoles ».
Le chef conservateur a signalé au passage que dans le scénario d’une élection du PQ qui s’y oppose aussi, le camp des anti-TGV serait majoritaire au Parlement. « Il faut mettre tout notre poids dans la balance. Il faut créer une coalition de gens opposés à ce projet-là », a-t-il dit.
Éric Duhaime s’est aussi dit enthousiasmé par les résultats d’un sondage diffusé par La Presse sur les gaz de schiste, l’une de ses causes fétiches depuis la campagne de 2022.
Même si la population demeure divisée, avec 38 % des gens favorables d’emblée à l’exploitation des gaz de schiste, le chef conservateur y voit le signe que ses idées font leur chemin.
« De plus en plus, on est capable d’imposer des thèmes dans cette campagne électorale. Je me souviens des dernières élections, on parlait juste de GES. Aujourd’hui, on parle des gaz de schiste. »
Questionné à ce sujet, Paul St-Pierre-Plamondon a avancé que l’appui des gens était bien moins élevé quand on leur demandait s’ils étaient prêts à avoir des puits près de chez eux. Il compte le prouver avec les résultats d’un autre sondage qui sera diffusé dans les prochains jours.
La co-porte-parole de Québec Solidaire Ruba Ghazal a réitéré de son côté que « pour se tenir debout face à Donald Trump », il fallait mettre de l’avant « l’énergie propre » comme l’hydroélectricité, l’éolien et la géothermie. Dans le même esprit, Charles Milliard a dit vouloir « développer le potentiel hydroélectrique éolien, solaire avant de retourner à d’autres formes ».
Seule cheffe de parti à être ouverte au développement de la filière en plus d’Éric Duhaime, Christine Fréchette a vu dans le sondage « que les Québécois ont changé un peu d’optique ». « Je vais continuer à surveiller l’évolution des Québécois là-dessus. »
Lutte serrée à Trois-Rivières
Avant de se rendre à Saint-Tite, Mme Fréchette, avait fait une annonce dans la circonscription où elle cherche à se faire élire et où la lutte s’annonce serrée avec le PQ : Trois-Rivières.
Elle avait convié les médias devant l’école primaire Richelieu qu’elle a fréquentée petite et où elle a évoqué quelques souvenirs d’enfance. « Ça, c’était mon dépanneur, on allait s’acheter des popsicles. »
La chef de la CAQ a toutefois été rattrapée par des sujets d’adultes. Elle a notamment dû présenter ses excuses aux électeurs de Bécancour, quand un journaliste local lui a fait remarquer que ses propos sur l’usine Greentone avaient été jugés méprisants. « La seule entreprise de Bécancour que [les Libéraux ont] amené est une entreprise de pot », avait-elle lancé à Charles Milliard. « Si j’ai offusqué qui que ce soit, je m’en excuse », a-t-elle dit.
Ruba Ghazal, de son côté, prenait part à une marche de contre les féminicides à Montréal en après-midi. Avant de s’y rendre, la co-porte-parole de QS s’est engagée à faire des investissements de 1,5 milliard $ pour construire 6000 logements dédiés aux sans-logis.
La veille, le PQ avait promis d’y consacrer 1 milliard $ sur quatre ans. Mme Ghazal s’en est réjouie samedi, mais a plaidé que seul son plan pouvait résorber la crise « pour de bon ». « N’importe quel parti qui veut faire de la lutte à l’itinérance une priorité, je salue ça. Mais n’importe qui de sérieux qui veut s’attaquer à la crise de l’itinérance […] doit s’attaquer à la crise du logement. Qui autre que QS propose un contrôle des loyers ? »