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  • 2026-07-21 17:14:01 +0000 UTC

    Jul 21, 2026

    La traque nocturne au dopage par micro-doses fait débat au Tour de France : "Je préfère perdre quelques heures de sommeil plutôt que ma crédibilité"

    La planète vélo n'a parlé que de ça ces derniers jours : les contrôles anti-dopage menés en pleine nuit lors du Tour de France. Le maillot jaune Tadej Pogačar a été tiré du lit à 5 heures du matin. Plus tôt encore, Jonas Vingegaard a été réveillé à 2 heures, avant d'abandonner le lendemain sur chute (de quoi y voir un lien de cause à effet avec un manque de lucidité lié à la fatigue et au manque de sommeil ?). Lundi soir, veille de contre-la-montre, Remco Evenepoel et ses coéquipiers ont subi le même sort. Un peu plus tôt, vers 22 heures. Si cela n'a pas empêché le Belge de s'imposer sur ce chrono, l'horaire de ces tests pose question.

    Marqué par plusieurs scandales retentissants (avec notamment l'affaire Festina, les tricheries et mensonges de Lance Armstrong, l'opération Puerto ou la chute de Floyd Landis pour n'en citer que quelques-uns), le cyclisme traîne derrière lui de lourdes casseroles. Avec, comme conséquence, ce doute qui escorte chaque performance des coureurs. Cette suspicion atteint chaque année son paroxysme lors de la Grande Boucle, la course la plus suivie chaque saison. La plus exigeante, aussi. Dans ce contexte, la lutte anti-dopage est indispensable pour garantir un sport équitable. Le cyclisme est d'ailleurs l'une des disciplines les plus contrôlées au monde.

    Mais le curseur a-t-il dépassé les bornes ? Dans un sport où la récupération est capitale, surtout en troisième semaine du Tour de France, un tel timing fait débat. On imagine mal de pareils contrôles perturber la nuit précédant une finale de Coupe du monde de football ou celle d'un tournoi du Grand Chelem en tennis…

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    Le Tour exige énormément de l'organisme. Un sommeil de qualité est essentiel. Ces tests entravent la récupération et vont à l'encontre des objectifs visés.

    Au sein du peloton, les avis divergent par rapport à ces méthodes. Adam Hansen, président du syndicat des coureurs (CPA), s'est insurgé dans un communiqué : "Les objectifs de la lutte contre le dopage consistent à protéger la santé des athlètes et à garantir l'intégrité du sport. Le Tour de France exige énormément de l'organisme. Un sommeil de qualité est essentiel. Ces tests entravent la récupération et vont à l'encontre des objectifs visés." L'ancien coureur australien préférerait que l'argent de la lutte anti-dopage, en partie financé par… les coureurs, soit investi dans des laboratoires de pointe plutôt que dans la quantité des tests.

    Du côté des managers, la démarche est mieux acceptée. "Nous soutenons une politique rigoureuse pour protéger l'intégrité du sport, mais il faut veiller à ce que tous les concurrents bénéficient du même traitement", nuance Richard Plugge, manager de l'équipe Team Visma | Lease a Bike, au micro de Sporza. Jonathan Vaughters, patron d'EF Education-EasyPost, accepte aussi ces contraintes. "Je préfère perdre quelques heures de sommeil plutôt que ma crédibilité. Si on avait fait ça à mon époque, on aurait épargné au cyclisme 25 ans de drames. Échangeriez-vous ces scandales contre quelques réveils nocturnes ? Moi, oui."

    En principe, la plage légale des contrôles anti-dopage inopinés (avec le système Adams, dans lequel les coureurs doivent toujours indiquer leur localisation) s'étend de 6 heures à 23 heures. Pourquoi Vingegaard et Pogačar ont-ils été testés au milieu de la nuit ? Selon les informations de L'Équipe, un juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris a été saisi par l'International Testing Agency (ITA). Une telle dérogation exige des "soupçons graves et concordants", ainsi qu'un "risque de déperdition de preuves".

    De quoi relancer la suspicion. Notamment celle d'un dopage par micro-dosage, pour lequel ces contrôles nocturnes sont devenus une arme : de petites doses d'hormones ou de peptides peuvent en effet devenir indétectables dans l'organisme en l'espace de quelques heures seulement…

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