"La terre s'écroule" : les villages du Cap Ferret évacués par la mer face à l'incendie "XXL" et "imprévisible"
Il n'y a qu'une seule route pour partir du Cap Ferret, alors pour accélérer les évacuations, le préfet de la Gironde a réquisitionné des bateaux vendredi. Les évacués débarquent à Arcachon, encore sous le choc.
Par Laurent Kramer Publié le vendredi 24 juillet 2026 à 13:09
La presqu'île du Cap Ferret, peuplée de dizaines de milliers d'habitants et de touristes, pris au piège du plus gros incendie de la saison, est toujours en cours d'évacuation, vendredi 24 juillet, à la mi-journée. Les flammes ont parcouru plus de 10 000 hectares et 40 000 personnes sont évacuées du Cap Ferret. "C'est un incendie XXL, il est imprévisible parce qu'il fait des sauts d'un kilomètre" et "parce qu'il est vorace, il a déjà détruit 10 000 hectares", explique Sophie Brocas, préfète de Nouvelle-Aquitaine lors d'un point presse vendredi.
Il n'y a qu'une seule route pour quitter les lieux. Cette voie d'évacuation est bien insuffisante pour mettre tout le monde à l'abri. La population passe donc par la mer pour échapper aux flammes, à bord de bateaux affrétés par la préfecture et mis en place sur les quatre jetées de la presqu'île. Des centaines de personnes ont déjà été évacuées.
"C'était bouché de partout"
Les habitants évacués débarquent de l'autre côté du bassin, à Arcachon. "Moi j'y étais à 3h45 et on est partis à 5h30 avec un zodiac", raconte Micheline, 80 ans, parmi les premiers à avoir évacué. "Est-ce que c'était privé ou pas ? On nous a fait embarquer et on est partis, on n'a rien compris", poursuit l'octogénaire.
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Les personnes qui débarquent sont sonnées, elles ont été réveillées en pleine nuit, le plus souvent par la sonnerie stridente d'un message d'alerte gouvernementale. Éric a tenté de fuir par la route, mais c'était impossible, alors il a fait demi-tour pour finalement monter sur un des bateaux réquisitionnés par la préfecture. "De toute façon, ils évacuaient au compte-gouttes, ils disaient aux gens de partir par la route tant que c'était accessible hier, dans l'après-midi", explique-t-il. "Là, du coup, ils ont évacué à 4h, il y en a pas mal qui sont partis, et nous, quand on a pris la navette, c'était bouché de partout", ajoute-t-il. Les voitures pare-chocs contre pare-chocs sur la presqu'île. "On a une amie qui a essayé, elle s'est retrouvée coincée, elle est revenue pour prendre les bateaux", raconte une dame.
D'autres communes évacuées au nord du bassin
Une immense fumée noire s'élève au-dessus du bassin d'Arcachon. Les procédures d'évacuation étaient parfaitement connues des habitants. Un exercice avait même été organisé l'an dernier. Pour tous ceux qui ont été évacués cette nuit, l'inquiétude est désormais de ne pas savoir s'ils pourront retrouver leur maison. "C'est troublant de ne pas savoir surtout quand est-ce qu'on peut revenir", affirme une femme évacuée. Une autre pleure : "Pour le bassin, pour tout, les animaux dans la forêt qui brûlent, les pompiers, les pauvres, n'en parlons pas. La terre s'écroule."
Ce feu imprévisible et incontrôlable a déjà ravagé plus de 10 000 hectares en Gironde. De nouveaux moyens terrestres et aériens sont attendus pour que les flammes ne détruisent pas l'intégralité de la presqu'île. En plus des 40 000 personnes évacuées du Cap Ferret, d'autres communes sont vidées de leur population au nord du bassin d'Arcachon, notamment Andernos, Arès, Le Temple et Saumos.nt