Séisme : la Suisse et l'UE simulent une catastrophe majeure
La Suisse et des pays européens peaufinent leur collaboration dans un exercice dans le cadre du mécanisme de l'UE de protection civile (UCPM). Celui-ci a lieu sur territoire suisse depuis mardi, une première. Il simule un important séisme dans des cantons romands.
Quelque 500 personnes, dont la moitié environ de pays de l'UE et d'Arménie, participent simultanément en anglais jusqu'à vendredi à EU MODEX Switzerland 2026 à Epeisses (GE), en ville de Genève et sur l'aérodrome militaire de Payerne (VD). Selon le scénario, en raison de très lourds dégâts dans ces cantons et dans celui de Fribourg, la Suisse doit faire appel au mécanisme de l'UE.
Dans la réalité, elle avait recouru à l'UCPM très rapidement après l'incendie qui a fait 41 victimes et 115 blessés en janvier dernier à Crans-Montana (VS). Un soutien qui avait permis la prise en charge de patients dans plusieurs pays.
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Mardi, à Epeisses, des figurants ont été ensevelis sous deux amas de décombres. Dans le scénario imaginé par les organisateurs, un hôtel s'est effondré après le séisme. "Les premiers intervenants sont venus avec une équipe cynophile et ont localisé une victime", explique dans le 19h30 Guillaume Vergain, directeur de l'exercice pour la protection civile genevoise.
Si la protection civile suisse est en première ligne dans le scénario de catastrophe, elle ne peut pas faire face seule à l'ampleur des dégâts. Le mécanisme européen de protection civile permet alors de mobiliser des équipes et du matériel venus de plusieurs pays, notamment de Belgique, de Croatie, d'Italie ou encore de Bulgarie.
Le défi de la coordination
"Ce qui est important, c'est notamment de tester l'interopérabilité des équipes qui viennent de plusieurs pays entre elles", a affirmé le porte-parole de l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP) Philippe Boeglin.
Pour les participants, l'enjeu principal est d'apprendre à travailler avec des intervenants venus d'autres pays et avec les autorités locales. "Ils peuvent acquérir de nombreuses compétences dans leurs pays, mais ce qu'ils ne peuvent pas faire, c'est assurer l'interopérabilité et les relations avec les autorités locales", explique Rebecca Dinkelbach, directrice de l'exercice.
Il faut "parler le même langage technique" pour éviter de perdre du temps, ajoute le commandant de la protection civile vaudoise François Fleuti.
"A cela s'ajoutent des structures organisationnelles et des méthodes de travail différentes, qui doivent s'articuler les unes avec les autres lors d'un tel événement. Cela représente déjà un défi pour les équipes, mais c'est précisément ce que cet exercice permet d'entraîner", relève Anja Zbinden, cheffe adjointe du projet Modex.
Améliorations prévues
Sur le terrain, les équipes vaudoises et leurs collègues genevois se sont affairés dans la matinée pour rechercher, localiser et secourir des disparus. Après une reconnaissance grâce à des outils technologiques et des chiens, ils sont intervenus. Une ventilation des décombres pour éviter des gaz ou d'autres composantes toxiques et une sécurisation du site ont notamment dû être menées, explique le commandant vaudois.
Lorsque les capacités nationales sont dépassées, la Suisse, comme tout pays associé à l'UCPM, peut demander de l'aide à ses partenaires européens. Dès mardi en milieu d'après-midi, ces renforts sont venus prêter main-forte face à l'étendue du séisme fictif.
L'exercice a lieu dans des conditions réelles. "On essaie d'abord de maîtriser la catastrophe avec les forces nationales et, quand on n'y arrive pas, on peut appeler les pays étrangers à l'aide", ajoute le porte-parole de l'OFPP. "En Suisse, nous sommes dans les prémisses. Nous aurons beaucoup d'éléments à récupérer et améliorer", a insisté de son côté le responsable vaudois.
Pendant l'exercice, la Suisse est chargée de piloter le processus, du passage de la frontière des équipes étrangères jusqu'à leur arrivée sur les zones d'intervention et leur retour. Plusieurs offices fédéraux, des cantons, la protection civile et l'armée ont été activés.
>> Ecouter aussi les précisions de Denis Froidevaux, spécialiste de la gestion des risques et des crises, dans La Matinale :
Keystone - Sandra Hildebrandt
Sujet TV: Inès Moubachir/Julie Zaugg
Adaptation web: Miroslav Mares avec l'ats
La Suisse, un pays sismique
Les tremblements de terre sont fréquents en Suisse, même si la plupart passent inaperçus. Le Service sismologique suisse en enregistre entre 1000 et 2000 chaque année, mais seuls 20 à 30 sont généralement ressentis par la population. Il s'agit le plus souvent d'événements d'une magnitude d'au moins 2,5.
Le risque n'est pas le même partout. L'aléa sismique est le plus élevé en Valais, dans la région de Bâle et dans les Grisons. Mais les conséquences potentielles d'un séisme dépendent aussi de la densité de population, des bâtiments et des infrastructures exposés. Le risque est ainsi particulièrement important dans les grandes agglomérations comme Bâle, Genève, Zurich, Berne ou Lausanne.
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Le dernier séisme majeur en Suisse s'est produit près de Sierre en 1946. D'une magnitude d'environ 6,1 il avait causé plusieurs morts et d'importants dégâts.
Selon les dernières estimations du Service sismologique suisse, les conséquences cumulées des séismes sur une période de cent ans pourraient atteindre entre 150 et 1600 morts, jusqu'à 175'000 sans-abri et entre 11 et 44 milliards de francs de dommages.